Chine : le volume des prêts bancaires augmente

La rédaction avec AFP • 12 Mai 2017 • 16:59

Selon la banque centrale chinoise (PBOC), le volume des prêts bancaires en Chine a progressé de 8% sur un mois en avril. Ces chiffres témoignent de la poursuite du gonflement des crédits en dépit d'un durcissement des autorités.

Chine : le volume des prêts bancaires augmenteEn Chine, une solide demande de crédits émane des entreprises.

Le crédit chinois résiste au tour de vis. Sur un mois, en avril, les prêts bancaires accordés en Chine ont affiché une hausse de 8%, a annoncé vendredi 12 mai la PBOC. Les établissements bancaires du pays ont ainsi prêté le mois dernier pour 1.100 milliards de yuans (147 milliards d'euros), contre 1.020 milliards en mars.

C'est certes en-deçà du volume des prêts en février (1.170 milliards de yuans) et en janvier, mais le chiffre s'établit bien au-dessus des attentes du secteur. En moyenne, les analystes sondées par Bloomberg anticipaient, en effet, un franc repli à 815 milliards de yuans.

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Une solide demande de crédits venant des entreprises

"Les prêts résistent plutôt bien au durcissement règlementaire" imposé par le gouvernement, et ce, notamment grâce à la solide demande de crédits venant des entreprises, explique Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics. Le renchérissement des taux sur le marché obligataire incite "beaucoup d'entreprises à se tourner plutôt vers les banques pour se financer", souligne-t-il.

A l'inverse, les prêts pour les ménages sont restés stables et la jauge des prêts immobiliers montre un ralentissement pour le deuxième mois consécutif, sur fond de durcissement des restrictions à l'achat d'appartements dans les grandes villes.

De son côté, l'agrégat appelé "social financing", une mesure plus large du crédit incluant les mécanismes de crédit non régulés, s'est établi en avril à 1.390 milliards de yuans, en nette décrue par rapport à mars (2.119 milliards de yuans). La chute de cet agrégat reflète le resserrement du crédit mis en oeuvre par la PBOC, qui a commencé à relever ses taux courts sur le marché monétaire, soucieuse de désamorcer les risques liés à l'envolée de la dette chinoise totale (plus de 260% du PIB).

Le "shadow banking" en progression

Mais la "finance de l'ombre" (ou shadow banking), elle, a malgré tout continué d'accélérer, selon Capital Economics. On désigne ainsi l'arsenal de financements disponibles en-dehors du système bancaire, via des crédits entre entreprises, auprès d'officines spécialisées ou de particuliers et très peu régulés. L'essor de ces crédits à haut risque alimente le spectre d'une crise pouvant déstabiliser l'ensemble du système financier.

Malgré tout, le durcissement du ton des autorités à l'encontre de la "finance de l'ombre" a pu conduire certaines entreprises à soumettre leurs demandes de financement aux banques traditionnelles, autre possible facteur de la robustesse des prêts bancaires, soulignent les experts d'ANZ.

 

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