Facebook: Zuckerberg accepte de rencontrer des eurodéputés à huis clos

La rédaction avec AFP • 16 Mai 2018 • 18:48

Après plusieurs semaines de négociations, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a finalement accepté de rencontrer à Bruxelles des eurodéputés, mais à huis clos, pour s'expliquer sur l'utilisation des données personnelles de ses millions d'utilisateurs après le scandale Cambridge Analytica.

Facebook: Zuckerberg accepte de rencontrer des eurodéputés à huis closLe patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a accepté de rencontrer à Bruxelles des eurodéputés, à huis clos. GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives. CHIP SOMODEVILLA.

M. Zuckerberg "sera à Bruxelles dès que possible, j'espère dès la semaine prochaine" pour échanger entre autres avec les présidents des différents groupes politiques au Parlement, a annoncé mercredi le président du Parlement européen Antonio Tajani dans un communiqué.

Cette rencontre se tiendra à huis clos au cours d'une "conférence des présidents", qui a lieu traditionnellement le jeudi, a précisé une source au Parlement.

Le président du groupe libéral (Alde), Guy Verhofstadt, a d'ores et déjà annoncé qu'il boycotterait la rencontre si elle se tenait effectivement à huis clos.

"Il doit s'agir d'une audience publique - pourquoi pas un Facebook Live ?", a tweeté l'ancien Premier ministre belge.

L'Elysée a annoncé dans la foulée que le président français Emmanuel Macron recevrait M. Zuckerberg, ainsi qu'une cinquantaine de dirigeants de grandes entreprises du numérique, à Paris le mercredi 23 mai, ce qui laisse penser que la venue de l'Américain à Bruxelles pourrait avoir lieu le lendemain.

Sa venue en Europe a lieu quelques jours seulement avant l'entrée en vigueur, le 25 mai, du règlement européen sur la protection des données (RGPD), qui oblige les groupes internet à aménager leurs conditions d'utilisation pour les Européens.

Contacté par l'AFP, Facebook a précisé que la réunion au Parlement européen serait l'occasion de "dialoguer, écouter les points de vue (des eurodéputés) et de montrer les mesures" prises par le géant d'internet "pour mieux protéger la vie privée des gens".

- Manipuler l'opinion -

"Nos citoyens méritent une explication complète et détaillée. Je salue la décision de M. Zuckerberg d'apparaître en personne devant les représentants de 500 millions d'Européens. C'est un pas dans la bonne direction vers le rétablissement de la confiance", s'est félicité M. Tajani.

"C'est un message fort" envoyé "aux consommateurs européens", qui "méritent une explication appropriée sur ce qui est arrivé à leurs données", s'est également réjoui l'Allemand Manfred Weber, le chef du Parti populaire européen (PPE, droite), principal groupe au Parlement.

Antonio Tajani avait, dès le 20 mars et l'éclatement du scandale Cambridge Analytica, du nom de la société qui a exploité à leur insu les données de dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook, invité le PDG de Facebook à venir s'exprimer devant les eurodéputés.

Mais Mark Zuckerberg, qui a témoigné pendant dix heures devant les élus américains le mois dernier, avait dans un premier temps proposé que ce soit le vice-président chargé des affaires publiques du groupe californien, Joel Kaplan, qui se présente devant eux.

La crainte d'une manipulation d'élections via les informations personnelles récupérées sur les réseaux sociaux est montée d'un cran avec le scandale Cambridge Analytica, qui a travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

Facebook est aussi accusé, comme Twitter et Google, d'avoir laissé proliférer des interférences russes destinées à manipuler l'opinion publique pendant cette même campagne.

Antonio Tajani a d'ailleurs annoncé mercredi qu'il organiserait "une audition avec Facebook et d'autres parties concernées" -- mais sans Mark Zuckerberg -- qui permettra "de procéder à une analyse approfondie des aspects liés à la protection des données à caractère personnel".

"Un accent particulier sera mis sur l'impact potentiel sur les processus électoraux en Europe", a-t-il précisé.

Il a insisté sur le fait que les géants du web étaient "responsables du contenu qu'ils publient, y compris les fausses nouvelles flagrantes et le contenu illégal".

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