La filière cuir craint un sous-financement de son bras armé à l'export

La rédaction avec AFP • 09 Novembre 2018 • 14:01

La filière française du cuir, l'une des plus performantes du pays à l'exportation, s'inquiète du financement de son bras armé sur les marchés étrangers que le gouvernement entend réduire, a indiqué vendredi son président Franck Boehly.

La filière cuir craint un sous-financement de son bras armé à l'export. . .

"En Italie, l'Etat subventionne la filière cuir", a souligné M. Boehly, interrogé par l'AFP en marge des 9èmes rencontres du cuir à Montanay (Ain), assurant que les Français étaient "les meilleurs au monde" dans ce secteur. "On ne coûte rien à l'Etat et on ne des moyens en nous demandant d'accroître nos exportations", a-t-il dénoncé.

L'inquiétude de M. Boehly concerne le Centre technique du cuir (CTC), basé à Lyon, qui forme les professionnels dont la filière a besoin et aide ses entreprises à innover. Un quart de son budget est aussi consacré aux aides à l'export: il finance ainsi aux entreprises 70% du coût de la participation à un salon professionnel hors d'Europe, a expliqué le président du Conseil national du cuir (CNC).

"Le CTC a 150 personnes en France... et 170 en Chine pour aider les industriels français à s'y implanter", a-t-il relevé.

Le CTC est financé par une taxe sur le chiffre d'affaires des entreprises de la filière. 16 millions d'euros sont ainsi collectés, mais l'Etat plafonne l'argent revenant au centre à 13 millions et bientôt à 12 millions, au nom de l'allègement des charges des entreprises.

"S'ils veulent aider les entreprises, qu'ils baissent donc les taxes à la production qui n'existent pas en Allemagne et nous handicapent extraordinairement", a relevé M. Boehly.

Au sens large - de la collecte des peaux à la distribution de maroquinerie ou de chaussures- la filière cuir est l'un des plus gros exportateurs du pays, après avoir failli disparaître dans les années 80 et 90. Sur ses 25 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 10,6 sont réalisés hors de France.

"L'industrie du luxe a tiré toute la filière vers le haut et l'a sauvée. Aujourd'hui, notre industrie se porte bien", s'est félicité M. Boehly. "Ce qui en a fait le succès, ce sont le savoir-faire et la capacité d'innovation. Il ne faut pas croire qu'on est assis sur des techniques ancestrales et poussiéreuses. On sait fabriquer des produits magnifiques car nous sommes innovants", a-t-il affirmé.

Comme pour illustrer ses propos, ces 9èmes rencontres du cuir étaient organisées au siège d'ATC Tannery Chemicals, société spécialisée dans les produits chimiques pour la tannerie. Cette PME au chiffre d'affaires de 25 millions d'euros réalise 95% de ses ventes à l'international, dans 45 pays.

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