"Gilets jaunes": la contribution des entreprises divise patronat et syndicats

La rédaction avec AFP • 07 Décembre 2018 • 15:12

Si le principe d'une prime exceptionnelle versée aux salariés a fait l'unanimité au cours d'une réunion organisée vendredi matin au ministère du Travail avec les partenaires sociaux, ceux-ci sont divisés sur la forme que doit prendre la contribution des entreprises dans la crise des "gilets jaunes".

"Gilets jaunes": la contribution des entreprises divise patronat et syndicats. . .

La prime défiscalisée est une "bonne idée" pour le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux qui précise que dans les secteurs "où ça va bien on pourra faire un geste".

Mais les organisations patronales souhaitent que le versement de la prime soit laissé à la discrétion des employeurs. "Le caractère volontaire est essentiel parce que malheureusement la situation des entreprises ne permet pas de la généraliser", a expliqué Jean-Eudes du Mesnil du Buisson de la CPME (confédération des PME).

Laurent Berger de la CFDT souhaite pour sa part une prime "obligatoire". En choeur, les syndicats des travailleurs ont souligné le caractère de court terme de la prime défiscalisée. "C'est une des solutions mais c'est du +one-shot+, ce n'est pas une solution structurelle", a dit Laurent Berger.

Son syndicat a appelé à "des mesures de soutien aux bas salaires". Yves Veyrier, du syndicat FO, lui a emboîté le pas, arguant que cette prime "ne pouvait pas être la réponse à la question des salaires" et demandant "une hausse du SMIC et du point d'indice de la fonction publique".

La CGT n'était pas présente à la réunion, mais son secrétaire général Philippe Martinez, interrogé par Le Monde, a fustigé le principe de la prime: "Défiscaliser, c'est supprimer des cotisations sociales. Ça intéresse beaucoup le Medef, qui redemande toujours plus d'allègements de prélèvements", a-t-il estimé. Pour Laurent Berger, "les entreprises ne pourront pas s'exonérer de leurs responsabilités".

Plus tôt vendredi, au micro de France Inter, Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que les entreprises étaient en train de devenir "le bouc émissaire d'une révolte fiscale".

Jeudi, le gouvernement, par la voix du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, s'est dit favorable à la mise en place de la prime exceptionnelle défiscalisée proposée par le président des Hauts de France Xavier Bertrand.

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