HLM : un locataire sur cinq parvient difficilement à payer son loyer

La rédaction avec AFP • 07 Novembre 2016 • 17:30

795.000 ménages, soit près d'un locataire HLM sur cinq a eu des difficultés à payer son loyer en 2014, révèle une récente étude. Une proportion en baisse sur un an, mais qui n'a pas empêché les procédures contentieuses d'augmenter.

HLM : un locataire sur cinq parvient difficilement à payer son loyerEn 2014, un cinquième des locataires HLM ont eu du mal à payer leur loyer.

Le constat est inquiétant. Les Français vivant dans des appartements HLM auraient été près d'un sur cinq a avoir rencontré des difficultés pour payer leur loyer en 2014. Cela représente au total 795.000 ménages, dévoile la 3e enquête* sur les impayés et la prévention des expulsions, publiée par Habitat actualités et le bimensuel de l'Union sociale pour l'habitat.

Au 31 décembre 2014, 18,5% des ménages présents dans le parc HLM étaient en retard de paiement. Un chiffre inférieur à celui observé l'année précédente : ils étaient 22% fin 2013.

Ce chiffre, "globalement élevé", montre qu'une "part non négligeable des locataires HLM peut rencontrer des difficultés de paiement", commentent les auteurs de l'enquête. Toutefois, seul un tiers de ces ménages sont en situation d'impayés depuis 3 mois ou davantage.

440.000 plans d'apurement amiables

Fin 2014, ils représentaient 6,4% de l'ensemble des ménages logés en HLM en France, un léger recul comparé à 7,1% un an plus tôt. Quant au nombre de ménages cumulant des impayés de loyers depuis plus de 12 mois, il "reste faible et stable depuis 3 ans", aux alentours de 1,3% des ménages présents - soit 56.000 ménages à fin 2014. Les bailleurs sociaux y voient la preuve qu'un "traitement précoce des impayés, de la part des organismes HLM, dès les premiers signes, semble porter ses fruits".

Quelque 440.000 plans d'apurement amiables ont ainsi été signés en 2014, soit autant que l'année précédente mais 42% de plus qu'en 2012 (310.000). En parallèle, 11.500 protocoles d'accord (dits "de cohésion sociale") ont été signés avec des ménages "dont le bail a été résilié par la justice, afin de leur permettre de continuer à bénéficier d'aides personnalisées au logement (APL)", contre 10.000 en 2012.

75.000 assignations en justice

Après une forte hausse entre 2012 et 2013, l'activité amiable des organismes s'est ainsi stabilisée en 2014, tout en restant "très importante", selon l'enquête. Un "important travail de prévention" en direction des ménages en difficulté "permet de régler une partie des situations, et peut expliquer notamment le nombre relativement faible de ménages en impayés de plus de 12 mois", affirment les bailleurs sociaux.

Toutefois, les procédures contentieuses enclenchées par les organismes HLM, "tout en poursuivant la recherche de solutions amiables", assurent-ils, sont en hausse. Quelque 150.000 commandements de payer (l'ordre délivré par huissier, de s'acquitter des sommes dues dans les 2 mois) ont ainsi été émis en 2014, contre 132.000 l'année d'avant et 114.000 en 2012.

Dans le même temps, 75.000 assignations en justice ont été prononcées en 2014, soit 11.000 de plus qu'en 2013 et 17.000 de plus qu'en 2012, concernant 1,7% des locataires HLM. 31.000 baux ont été résiliés suite à une assignation. Toujours en 2014, 32.000 commandements de quitter les lieux ont été délivrés, soit 4.000 de plus que les deux années précédentes.

"Un locataire expulsé peut faire valoir son droit au logement"

En "dernier recours", les organismes HLM font appel à la force publique pour expulser le locataire en défaut: 21.000 demandes ont été effectuées en 2014, soit davantage qu'en 2013 et 2012 (18.000 chaque année). Un tiers de ces demandes ont été exécutées, soit 7.000 expulsions, un chiffre en hausse de 16,7% sur un an. Pour l'association de défense des consommateurs CLCV sollicitée par l'AFP, "ce comportement brutal ne peut être qualifié de social".

Plutôt que menacer les locataires, mieux vaudrait les informer sur leurs droits et les accompagner

CLCV

L'association se dit opposée à "toute expulsion, surtout lorsqu'elle est le fait d'un bailleur social dont la vocation est d'accueillir et de protéger les publics fragiles". "Par ailleurs, un locataire expulsé peut faire valoir son droit au logement (DALO) et ainsi être relogé en HLM, ce qui rend toute expulsion d'autant plus absurde", estime l'association.

*L'enquête porte sur les données de 393 organismes, représentant 76% du parc locatif HLM

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