Inquiet pour 2019, le bâtiment reste assujetti aux politiques publiques

La rédaction avec AFP • 19 Décembre 2018 • 11:10

Au sortir de trois années de croissance de son activité, le bâtiment français s'attend à un début de retournement en 2019, centrant ses craintes et ses espoirs sur la réduction ou le maintien de politiques publiques en matière de construction ou rénovation.

Inquiet pour 2019, le bâtiment reste assujetti aux politiques publiques. . .

"Il faut quand même que l'Etat (...) puisse tenir ses engagements", a prévenu mercredi lors d'une conférence de presse Jacques Chanut, président de la Fédération du bâtiment (FFB), dont les membres revendiquent deux tiers des employés du secteur.

Ces propos concernaient spécifiquement une bonne nouvelle pour le bâtiment: le retour des fenêtres dans le périmètre du crédit d'impôt accordé aux particuliers pour rénover énergétiquement leur logement (CITE), confirmé cette semaine par l'exécutif après des semaines d'annonces discordantes.

Plus largement, cette déclaration a donné le ton d'une conférence annuelle au cours de laquelle les protagonistes du secteur ont exprimé leurs craintes des effets des différentes politiques publiques pour l'avenir immédiat du bâtiment, malgré une bonne année 2018.

"On est à la fin d'un cycle de croissance (mais) ce n'est pas inéluctable", a résumé M. Chanut, regrettant que les responsables politiques "changent les règles du jeu chaque année" et donnent "une visibilité nulle".

"C'est loin d'être foutu (...) mais ce qui m'agace le plus, c'est qu'on recommence les mêmes +conneries+", s'est-il exclamé.

Selon les chiffres de la FFB, l'activité du bâtiment a progressé de 2,3% en 2018, ce chiffre s'entendant en nombre d'opérations et non en montant financier.

Cette progression, qui s'accompagne de la création de 30.000 postes, marque un ralentissement après une avancée de presque 5% l'an dernier, qui suivait elle-même une hausse de 2% en 2016.

La tendance devrait se poursuivre, selon la FFB qui prévoit une baisse de 0,5% l'an prochain. Plus précisément, la fédération pense que la première moitié de l'an prochain sera encore solide, à l'aide de carnets de commandes actuellement bien fournis, mais que la situation se dégradera ensuite.

"Je ne suis pas très optimiste en termes de maintien de l'emploi (à partir) de la fin de l'année", a estimé M. Chanut, insistant sur un retournement "notamment sur la partie de logements neufs".

- Les HLM freinés -

Après deux années de progression régulière, la construction de logements neufs marque une pause depuis le début 2018 en France, frappant immeubles comme maisons individuelles.

Là encore, la FFB en tient responsable une décision politique: le rétrécissement géographique, décidé en 2017 au début du quinquennat d'Emmanuel Macron, de différentes aides à l'accession à la propriété, dont surtout le prêt à taux zéro (PTZ).

"C'est là où le PTZ a été rogné le plus qu'il y a eu un effondrement du marché", a insisté M. Chanut, demandant à l'exécutif de rétablir les conditions dans lesquelles s'appliquait cette aide avant ses décisions de l'an dernier.

"Ce qui nous paraît le simple, c'est simplement le retour à ce qui fonctionnait", a-t-il ajouté en conférence, assurant à l'AFP que le ministre du Logement, Julien Denormandie, s'était dit prêt à réexaminer le sujet.

Dans le même ordre d'idée, M. Chanut a estimé que les économies imposées par l'exécutif au monde HLM, à hauteur d'environ 1,5 milliard d'euros par an, avait "vraiment freiné" ses investissements, en premier lieu en matière de rénovation.

D'un autre côté, la FFB a salué plusieurs mesures prises par le gouvernement: non seulement le retour des fenêtres dans le CITE, mais aussi l'annonce par M. Denormandie d'un avantage fiscal destiné à encourager la rénovation des logements dans les centres villes où l'habitat est dégradé.

Cette mesure "pourrait créer de l'activité supplémentaire pour nous", a jugé M. Chanut, estimant que cela concernerait un peu plus de 40.000 logements.

Au-delà, la fédération juge favorablement la simplification des règles promues par l'exécutif dans ses lois logement, dites Elan, mais relativise ses effets à court terme sur l'activité et les prix pratiqués par le secteur.

"La baisse des normes peut permettre la baisse des coûts (mais) son impact n'est pas immédiat", a conclu M. Chanut. "Il faut trois ou quatre ans avant que cela ait un véritable impact."

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