A Mayotte, controverse autour de la hausse des taxes d'habitation

Hugo Eugene avec AFP • 10 Mars 2016 • 11:51

Mercredi, un collectif sur la fiscalité et foncier à Mayotte a dénoncé la hausse "exorbitante" des taxes d'habitation. Celle-ci avait été instaurée après la départementalisation et le passage au droit commun.

A Mayotte, controverse autour de la hausse des taxes d'habitationLe point-presse s'est tenu à Mamoudzou, le chef-lieu du département

Le jeudi 31 mars 2011, Mayotte devenait le 101e département de France. Ce moment fort dans l'histoire de cette collectivité de 370 km² ancrée dans l'océan Indien au large de Madagascar, était aussi synonyme d'instauration de la taxe d'habitation et du droit commun. Cinq ans plus tard, un collectif sur la fiscalité et le foncier à Mayote, a appelé la population à une marche citoyenne et apolitique pour protester contre cette "fiscalité confiscatoire".

Un point presse a été tenu et mené par le conseiller départemental de Mamoudzou 2, Chihaboudine Ben Youssouf (Divers droite) ce mercredi dans le chef-lieu du territoire. Le collectif a demandé "une fiscalité dérogatoire pendant 30 ans", à propos notamment, de la hausse des taxes d'habitation 2015 que la population n'arrive pas à digérer.

Le membre du comité directeur du Collectif a également estimé que les taux appliqués sur les taxes foncières risquent de dépouiller beaucoup d'habitants de leur patrimoine.

Nous sommes la collectivité la plus pauvre de France avec 84% des gens qui sont en dessous du seuil de pauvreté. 10% de contribuables payent pour les autres.

Chihaboudine Ben Youssouf, conseiller départemental de Mamoudzou 2

"Nous avons l'habitude d'habiter chez nous, même si nous sommes pauvres, nos habitats rentrent dans le domaine culturel local. Passer du jour au lendemain d'un système culturel traditionnel sans préparation à un système de droit commun revient à piquer toutes les terres des personnes moins nanties et que les plus riches rachèteront", s'est-il expliqué.

Le Collectif a fait remarquer que la fiscalité de droit commun appliquée depuis 2015 fait apparaître une inégalité devant l'impôt : "Certains sont imposables alors que d'autres ne le sont pas dans le même quartier. Les impôts ne frappent en fait que les parcelles titrées alors qu'à Mayotte, plus de 58% des propriétaires ne possèdent que le bâti d'après l'Insee", a souligné Chihaboudine Ben Youssouf.

Une pétition et déjà 15.000 signataires

Le conseiller départemental a rappelé que la Cour des comptes a jugé dans un récent rapport que la fiscalité imposée aux Mahorais a été mal ficelée et mal préparée. Il a souhaité la mise en place d'une fiscalité qui tient compte de la capacité contributive de la population. Constitué en octobre 2015, son collectif a lancé en novembre une pétition. Celle-ci a déjà récolté près de 15.000 signatures.

"La solution que nous suggérons dans cette pétition est qui, seule, correspond à la réalité, c'est une fiscalité dérogatoire pendant 30 ans, le temps pour que l'Etat et les collectivités mettent en place un véritable cadastre qui n'existe pas et ainsi d'examiner ce qu'il y a lieu de faire pour que les uns et les autres vivent bien dans ce pays", a encore déclaré Chihaboudine Ben Youssouf.

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