Natixis lorgne Ingenico pour peser dans les paiements

La rédaction avec AFP • 11 Octobre 2018 • 12:36

Natixis, filiale cotée du groupe bancaire mutualiste BPCE, a dévoilé jeudi son intérêt pour un "rapprochement industriel de ses activités de paiement" avec Ingenico, fabricant français de solutions de paiement, confirmant des informations de presse.

Natixis lorgne Ingenico pour peser dans les paiements. . .

"Des discussions préliminaires (sont) en cours sur le sujet" entre les deux groupes, a déclaré la banque de financement et d'investissement du groupe BPCE dans un communiqué.

Cette annonce est dans la lignée de sa nouvelle feuille de route, présentée en novembre 2017, qui table sur le numérique et les acquisitions pour augmenter les recettes du groupe de 5% par an d'ici 2020.

Pour cela, Natixis, dirigé depuis fin avril par François Riahi, a décidé de se donner les moyens. Initialement, le groupe coté s'était dit prêt à débourser jusqu'à un milliard d'euros pour de nouvelles acquisitions. Mi-septembre, il a revu ses ambitions à la hausse en affirmant pouvoir investir jusqu'à 2,5 milliards d'euros d'ici 2020.

Sachant que le groupe précisait avoir dépensé environ 400 millions de cette enveloppe depuis le début de l'année, sa marge de croissance externe dans ses activités de prédilection - gestion d'actifs, fusions-acquisitions et services de paiements - demeure large.

Ingenico, connu notamment pour ses terminaux de paiement par carte chez les commerçants, fait figure de proie idéale pour l'ambitieuse filiale de BPCE, à plusieurs titres.

Au niveau stratégique, le mastodonte bancaire BPCE, qui comme ses homologues a accentué son virage numérique, a multiplié les annonces ces deux dernières années pour se positionner comme précurseur en la matière notamment en proposant le paiement Apple Pay dès l'été 2016 ou le paiement instantané dès juillet dernier.

Avec l'essor du paiement sans contact, les bénéfices de l'intégration d'un fabricant de solutions technologiques de paiement apparaissent évident pour le groupe bancaire, qui cherche également à pérenniser ses revenus dans un contexte de taux bas, difficile pour faire fructifier l'argent déposé par les clients.

- Ingenico, objet de convoitise "sous-évalué" -

Dans la foulée de la déclaration de Natixis, Ingenico indiquait pour sa part dans un communiqué "avoir fait l'objet d'approches préliminaires en vue d'une opération stratégique" et "initié une revue de ses options stratégiques et de leurs mérites respectifs".

Le groupe, qui se revendique leader mondial des solutions de paiement intégrées, était valorisé jeudi à un peu plus de 4 milliards d'euros, son titre gagnant 7,76% à 67,78 euros à 12H10 (10H10 GMT) dans un marché en repli de 1,33%. A l'inverse, le titre de Natixis perdait 2,77% à 5,47 euros.

"Contrairement aux nombreuses rumeurs de rachat qui ont circulé ces derniers mois, un rachat d'Ingenico par Natixis apparaît selon nous comme un scénario crédible", ont estimé les analystes d'Invest Securities, qui a relevé sa recommandation sur Ingenico à "acheter" contre "neutre" auparavant.

"La principale interrogation résidait dans la capacité financière de la banque, mais la confirmation de discussions laisse à penser que l'opération est envisageable", ont-ils ajouté.

Cette progression boursière permettait au titre d'Ingenico de regagner des couleurs après un début d'année contrasté sur les marchés depuis l'annonce en février de perspectives 2018 peu attractives pour les investisseurs.

Après avoir enregistré un bénéfice net en baisse de 54 millions d'euros sur le premier semestre, le spécialiste du paiement promettait un second semestre plus dynamique lors de la présentation de ses résultats en juillet dernier.

Le groupe avait alors indiqué être l'objet de convoitises. "Nous pensons qu'Ingenico est très sous-évalué par le marché et il est assez naturel que la société suscite de l'intérêt", avait ainsi souligné la directrice financière Nathalie Lomon.

Ingenico se déclarait pour sa part à l'affût de nouvelles acquisitions pour développer son offre auprès des commerçants et des petites et moyennes entreprises.

Natixis pourrait lui offrir de tels débouchés, sa maison mère BPCE, premier sponsor annoncé des Jeux olympiques de Paris-2024, se positionnant comme deuxième banque de France avec 31 millions de clients.

bur-cgu/soe/spi

 

 

 

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