Tournés vers les étoiles, les assureurs de l'espace guettent les constellations...de satellites

La rédaction avec AFP • 05 Décembre 2018 • 06:00

Des milliers de nouveaux satellites se préparent à rejoindre prochainement le silence bleuté des orbites terrestres. Sur Terre, les assureurs de l'espace guettent l'arrivée de ces "constellations", susceptibles de bouleverser leur marché et d'accentuer les risques de collisions.

Tournés vers les étoiles, les assureurs de l'espace guettent les constellations...de satellites. . .

"Avec l'avancée rapide des technologies et des capacités de production, beaucoup de nouveaux acteurs privés mènent désormais des opérations spatiales. (...) Ces dix prochaines années, le nombre de satellites en orbite va se multiplier", relève dans une récente étude le réassureur helvétique Swiss Re.

Actuellement au nombre de 2.000 environ, les pensionnaires "actifs" des différentes orbites terrestres se préparent à accueillir dans leurs rangs des "constellations" de satellites, c'est-à-dire des réseaux de centaines, voire de milliers de satellites travaillant de concert pour fournir des services de communication et d'observation sur toute la planète.

La société américaine SpaceX a été autorisée mi-novembre à placer en orbite une constellation de presque 12.000 satellites promettant de fournir une connexion internet à très haut débit sur Terre à compter des années 2020.

Des dizaines de projets concurrents sont également en gestation.

"Avec de plus en plus de constellations devant être déployées, le secteur de l'assurance fait face à de nouveaux défis", souligne Jan Schmidt, chef des activités spatiales à Swiss Re.

-Passe difficile-

Ces questions surgissent au moment où la galaxie de l'assurance spatiale traverse une zone de turbulences: la baisse des sinistres ces dernières années a fait chuter les tarifs; la sophistication croissante des satellites a aussi permis de réduire le nombre de machines lancées chaque année, donc de la masse assurable.

Historiquement, le marché s'est focalisé presque exclusivement sur les gros satellites lancés en orbite géostationnaire, à près de 36.000 km de la terre, pour des missions de télécommunication.

Problème, ces satellites d'une durée de vie pouvant aller jusqu'à 15 ans sont onéreux à produire et donc à assurer. En cas de perte, ce sont entre 100 à 300 millions de dollars qui partent en fumée.

Dans ce contexte, l'attention se porte de plus en plus sur le lancement de flottes de satellites de plus petite taille, moins chers et positionnés sur des orbites basses, c'est-à-dire positionnées à une altitude comprise entre 100 et 2.000 kilomètres, permettant de réduire les temps de communication avec la Terre.

Avec ces satellites moins coûteux à produire, les opérateurs peuvent déployer plus de machines que nécessaire au bon fonctionnement du réseau. Celui-ci peut ainsi continuer à fournir des services, même après la perte d'un ou plusieurs satellites.

-Plus de collisions ?-

"On assiste à un changement de paradigme au sein de l'assurance spatiale", marché qui représente chaque année entre 700 millions et un milliard d'euros de primes, confirme auprès de l'AFP Chris Kunstadter, directeur des opérations spatiales chez Axa XL.

Les assureurs pourraient notamment être amenés à couvrir non plus chaque satellite individuellement, mais le fonctionnement global du réseau. Certains experts estiment même que des opérateurs pourraient choisir de se passer d'assurance une fois la constellation placée en orbite.

Les constellations "changent par ailleurs le paysage des risques", ajoute M. Kenstadter.

Le principal risque pesant sur les satellites reste un échec de lancement ou une défaillance technique durant la mission, mais les assureurs se penchent de plus en plus aussi sur le risque de collision.

En orbite géostationnaire, cette menace est très faible, mais "les orbites basses sont en train de devenir de plus en plus peuplées et jonchées de débris, ce qui soumet les opérations des satellites à un risque accru de collision", s'inquiète ainsi Swiss Re, soulignant que le nombre de débris identifiés est passé de 11.000 en 2011 à 19.000 en 2017.

Certains débris sont microscopiques, d'autres sont plus volumineux, à l'instar d'Envisat, nom de ce satellite de la taille d'un bus qui a cessé de fonctionner de manière inexpliquée début 2012 et qui dérive depuis au-dessus de la Terre.

En orbite basse, où les satellites foncent à quelque 28.000 kilomètres par heure, le moindre impact d'un éclat de peinture peut rendre le satellite inutilisable, voire même le faire exploser.

"Si deux satellites se rentrent dedans, ils vont créer des dizaines voire des centaines de débris qui pourraient eux-même aller percuter d'autres satellites et rapidement créer une ceinture de débris autour de la Terre qui gênerait beaucoup les activités", explique Thierry Mangot, directeur chez le courtier américain AON.

En outre, "on entre dans une phase d'introduction de nouveaux produits, ce qui en général se traduit par davantage de sinistres qu'avec des produits éprouvés", anticipe-t-il.

bt/ef/LyS

 

 

 

Nos autres actualités

Précédent Suivant
Comparer gratuitement les assurances de prêt

Notre fil d'info

Les Cookies nous aident à optimiser voter expérience en ligne. Ils sont aussi utilisés à des fins statistiques, pour les réseaux sociaux, pour s’assurer de la qualité, ainsi qu’à des fins marketing avec nos partenaires. En continuant, vous acceptez cela. Vous pouvez en apprendre davantage en cliquant ici

X