Bilan FNAIM et projections 2026 : le secteur de l'immobilier face à ses nouveaux défis

Lors de sa conférence de presse annuelle, la FNAIM a dévoilé un bilan 2025 particulièrement encourageant pour le secteur de l'existant. Si les indicateurs repassent au vert, Loïc Cantin alerte toutefois sur les risques que fait peser l'instabilité politique sur la dynamique de l'année 2026.
Un redressement notable du marché de l'existant durant l'année 2025
Le secteur immobilier français sort enfin de sa léthargie. Selon les données partagées par Loïc Cantin, président de la FNAIM, l'année 2025 marque la fin d'un cycle de crise de trois ans. Le marché de l'ancien a notamment bénéficié de la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne, qui a procédé à huit réductions de ses taux directeurs. Cette détente monétaire a permis de stabiliser le coût du crédit, avec une absence de hausse prévue pour l'horizon 2026.
Les indicateurs de performance de la fédération témoignent de cette vitalité retrouvée. Le volume des transactions dans l'ancien a progressé de 11 %, tandis que le pouvoir d'achat immobilier des ménages a repris 3 %. Les prix, quant à eux, affichent une hausse très modérée de 0,8 %, restant ainsi en deçà du niveau de l'inflation globale. Cette conjoncture permet au marché de retrouver un niveau d'activité proche de 2023, bien que les volumes restent inférieurs au record historique de 2021.
| Indicateurs clés 2025 (Source FNAIM) | Valeur / Évolution |
|---|---|
| Croissance des ventes (ancien) | + 11 % |
| Taux d'intérêt moyen (fin d'année) | 3,12 % (contre 4,2 % fin 2023) |
| Évolution des prix moyens | + 0,8 % |
| Gain de pouvoir d'achat immobilier | + 3 % |
Les échéances électorales de 2026 : un frein potentiel à la reprise
Si les fondamentaux économiques semblent solides, l'avenir du marché reste suspendu au climat politique national. La FNAIM pointe du doigt un risque d'attentisme chez les investisseurs et les acquéreurs à l'approche des élections municipales de 2026 et de la présidentielle de 2027. Cette incertitude institutionnelle agit comme une ombre au tableau, menaçant de gripper une machine qui vient tout juste de redémarrer.
D'un côté, le secteur profite d'une épargne des Français toujours élevée et d'une inflation maîtrisée. De l'autre, il subit l'atonie de la construction neuve, qui restreint l'offre globale. Loïc Cantin dénonce également les lenteurs administratives et le "Stop and Go" permanent des dispositifs d'aide comme MaPrimeRénov', qui nuisent à la visibilité nécessaire pour les grands projets de rénovation énergétique.
La régulation des loyers et la problématique du parc locatif
Le président de la fédération s'est montré particulièrement critique envers les dispositifs d'encadrement des loyers, qu'il qualifie de mesures « populistes mais pas nécessaires ». Pour la FNAIM, l'Indice de Référence des Loyers (IRL) joue déjà son rôle de modérateur. L'accumulation de contraintes réglementaires risque, selon l'organisation, de détourner de nombreux propriétaires du marché locatif traditionnel, aggravant ainsi la pénurie de logements indécents, estimée à 870 000 unités d'ici 2028 dans le parc privé.
Enfin, l'immobilisme autour de la fiscalité des locations de courte durée type Airbnb reste une source d'amertume pour les professionnels. Le sentiment d'un abandon des propositions issues du Conseil national de la refondation (CNR) de 2023 domine. Loïc Cantin regrette que les solutions concrètes élaborées par les acteurs du terrain se perdent au fil des remaniements ministériels, laissant le marché sans véritable cap législatif à long terme.