Bilan Immonot : une année de transition pour l'immobilier face aux défis économiques

Après une entame d'année sous le signe de l'optimisme, le secteur immobilier français a terminé l'exercice 2025 dans un climat de grande prudence. Entre stabilisation des prix et taux de crédit stabilisés, le marché cherche encore son second souffle pour entamer une croissance durable en 2026.
Une trajectoire en dents de scie pour l'activité notariale
L'année 2025 restera gravée comme une période de contrastes pour les transactions immobilières. Le premier trimestre a initialement porté de grands espoirs, soutenu par des conditions de financement redevenues attractives avec des taux avoisinant les 3 %. Cette fenêtre de tir a engendré un bond spectaculaire de l'activité dans les offices : selon le baromètre Immonot, le volume d'actes a progressé de 29 % en février avant d'atteindre un sommet à +44 % au mois d'avril.
Cependant, cet élan printanier s'est heurté à un ralentissement estival marqué. La fébrilité des acteurs, couplée à un contexte international et budgétaire complexe, a freiné les velléités d'achat en fin d'année. Malgré un léger sursaut à la rentrée scolaire, le marché n'a pas réussi à transformer l'essai, clôturant l'année sur un équilibre fragile où l'offre et la demande s'observent sans réelle conviction.
La résilience des ménages grâce à une épargne record
Si le secteur a évité une récession brutale, il le doit en grande partie à la robustesse financière des Français. Avec un taux d'épargne culminant à 20 % - l'un des ratios les plus élevés au sein de l'Union Européenne - les acquéreurs ont pu mobiliser des apports personnels conséquents. La résidence principale a constitué le moteur essentiel des ventes, les ménages privilégiant la sécurité de la pierre pour placer leurs économies.
| Période 2025 | Évolution de l'activité | État des prix |
|---|---|---|
| Février | +29 % | Légère hausse |
| Avril | +44 % | Stabilité |
| Second semestre | Ralentissement | Repli technique |
En parallèle, la courbe des prix a montré une stagnation globale sur l'année. Les augmentations constatées lors des premiers mois ont été gommées par un ajustement technique au second semestre. Cette absence de fluctuation majeure a permis de maintenir une certaine solvabilité, mais n'a pas suffi à déclencher un emballement du marché, les vendeurs restant souvent arc-boutés sur leurs prétentions initiales.
Stratégies de sécurisation et perspectives pour l'exercice 2026
Face à ce climat de "wait and see", les professionnels du droit recommandent une approche défensive. Les notaires préconisent désormais de finaliser la vente de son bien actuel avant de s'engager dans une nouvelle acquisition. Cette stratégie vise à contourner les pièges du prêt relais et à se protéger contre un éventuel retournement des valeurs immobilières. C'est une mesure de bon sens dans un environnement où la visibilité à moyen terme reste limitée par les tensions politiques locales.
Pour François-Xavier Duny, à la tête du Groupe Notariat Services, l'avenir du secteur en 2026 dépendra étroitement de la clarté du cadre législatif et fiscal. Une stabilisation des normes budgétaires est attendue pour rassurer les investisseurs. Par ailleurs, le segment des terrains à bâtir pourrait bénéficier d'une simplification des règles d'urbanisme, levier indispensable pour relancer la construction neuve et offrir une trajectoire de croissance plus saine et pérenne à l'ensemble de la filière.