Marché immobilier de prestige : les nouvelles destinations préférées des grandes fortunes mondiales

Le 22 janvier 2026, Barnes a présenté les nouvelles tendances de l'immobilier de prestige lors de son rendez-vous annuel. Entre l'émergence de nouveaux pôles de richesse et la consécration de l'Espagne, le secteur des propriétés d'exception redéfinit ses priorités autour de la fiscalité et de la qualité de vie durable.
Une explosion démographique de la richesse à l'échelle globale
Le secteur du luxe s'appuie sur une base de clients de plus en plus large et fortunée. Selon les indicateurs de l'Altrata Ultra Wealth Report 2025, le nombre d'individus extrêmement riches (les UHNWI, possédant plus de 30 millions de dollars) a connu une progression fulgurante. En deux décennies, cette élite financière est passée de 77 500 membres en 2004 à plus de 510 810 personnes en 2025, affichant une croissance sept fois supérieure à celle de la population adulte mondiale.
Cette concentration de richesse influence directement les marchés immobiliers. À Miami, par exemple, le recours au crédit immobilier est devenu minoritaire : plus de 66 % des transactions internationales y sont réglées comptant, immunisant ce marché contre les fluctuations des taux bancaires. On observe également un transfert de richesse vers l'Amérique du Nord, qui abrite désormais 40 % des UHNWI mondiaux, tandis que la part européenne s'est contractée, passant de 36 % en 2015 à 25 % aujourd'hui.
| Ville | Population UHNWI | Croissance annuelle |
|---|---|---|
| New York | 21 380 | + 23 % |
| Hong Kong | 17 215 | + 11,5 % |
| Los Angeles | 11 680 | + 24 % |
| San Francisco | 8 270 | + 24,9 % |
| Londres | 6 660 | + 9,7 % |
Le Barnes City Index 2026 : Madrid et l'Italie en tête d'affiche
Le classement exclusif Barnes City Index, qui évalue l'attractivité des métropoles selon des critères émotionnels, pratiques et financiers, révèle un bouleversement des hiérarchies. Madrid conserve sa place de leader pour la deuxième année consécutive. Portée par la "Loi Beckham" et des prix attractifs (malgré une hausse locale de près de 20 %), la capitale espagnole a permis à Barnes d'augmenter son chiffre d'affaires sur zone de 40 %.
Milan grimpe sur la deuxième marche du podium, profitant d'un régime fiscal de "Flat Tax" révisé à 300 000 euros pour les revenus étrangers, ce qui attire massivement les investisseurs en quête de stabilité. La surprise vient de Marbella (5ème), qui illustre une tendance lourde : la transformation de lieux de villégiature saisonniers en résidences permanentes, grâce à des services (santé, éducation) désormais d'excellence.
| Rang | Ville | Évolution |
|---|---|---|
| 1 | Madrid | = |
| 2 | Milan | + 3 |
| 3 | Dubaï | - 1 |
| 4 | Miami | - 1 |
| 5 | Marbella | + 30 |
| 6 | Paris | = |
Perspectives de croissance et mutation des hubs technologiques
Pour la fin de la décennie, le regard des investisseurs se tourne vers l'Asie et l'Europe du Nord. Barnes anticipe une montée en puissance de villes portées par l'innovation technologique et l'émergence de nouveaux pôles industriels. Oslo, par exemple, affiche une prévision d'augmentation annuelle de ses résidents fortunés de plus de 15 % d'ici 2030. De même, les métropoles indiennes comme Bangalore ou Hyderabad deviennent des centres névralgiques pour la nouvelle génération de HNWI.
Quant à Paris, bien que reléguée à la 6ème place, elle demeure une valeur refuge solide. Un rééquilibrage des tarifs d'environ 10 % en 2025 a permis de soutenir les volumes de ventes. Toutefois, Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes, souligne un changement de sociologie au sein de la capitale française : la clientèle locale cède progressivement la place à des acheteurs internationaux, notamment américains, attirés par des opportunités de marché et un art de vivre inégalé. L'Espagne reste néanmoins, selon lui, le grand vainqueur des stratégies immobilières de ces cinq dernières années.