Menacé à New York, Airbnb abat ses dernières cartes

Hugo Eugene • 21 Octobre 2016 • 12:33

Fin octobre, la location d'un bien via la plateforme pourrait être définitivement interdite pour moins de trente jours. Afin d'assurer sa survie à New York, Airbnb vient de publier une liste de règles internes en espérant atténuer le courroux du gouverneur.

Menacé à New York, Airbnb abat ses dernières cartesLa plateforme locative Airbnb se bat pour sa survie à New York

A New-York, Airbnb finira-t-il par plier sous la menace ? En réponse à un projet de loi du Sénat visant à interdire la location à une durée inférieure de trente jours, la plateforme locative vient de publier une tribune dévoilée par le New York Daily News dans laquelle elle établit des règles pour être conciliante et amadouer le législateur.

Un seul appartement par propriétaire, une base de données des propriétaires accessible par les autorités, exclusion de ceux qui enfreindraient trois fois ces règles et de collecter la taxe de séjour pour le compte de l'Etat, mise en place d'une hotline à disposition des voisins d'appartements loués pour qu'ils puissent se plaindre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les propositions de la plateforme semblent aller dans le bon sens.

Le 18 octobre dernier, le Sénat de l'Etat transmettait au gouverneur Andrew Cuomo un projet de loi voté fin juin. Celui-ci décrète qu'il est illégal de proposer sur la plateforme de location entre particuliers une location pour une durée inférieure à trente jours. La première infraction serait alors une amende de 1.000 dollars, suivie d'une deuxième de 5.000 dollars puis d'une troisième de 7.500 dollars.

Une règle ignorée par des milliers de New Yorkais

A New York, il est déjà interdit de louer un logement moins de trente jours, à moins d'y habiter en même temps que ses hôtes. Airbnb reconnaît que c'est une règle que des milliers de New Yorkais préfèrent ignorer, principe parallèlement impossible à faire respecter sans les bases de données de la plateforme. Les nouvelles règles édictées par Airbnb pourraient ainsi éclaircir la situation. Il ne faudrait alors que de publier une annonce mentionnant une telle caractéristique pour être dans le délit.

Andrew Cuomo a encore deux semaines pour voter ou non cette loi. De son côté, Airbnb "a demandé par courriel à ses utilisateurs de se mobiliser et de téléphoner ou d'envoyer des tweets au gouverneur", précise le site Quartz, relayé par Courrier International. L'entreprise, qui qualifie le projet de loi "anti-locataire, anti-propriétaire et anti-innovation", souhaite remporter la bataille de la communication en affirmant défendre l'intérêt des classes moyennes vis-à-vis des lobbies hôteliers.

Rien n'est moins sûr. En effet, si New York est le plus gros marché d'Airbnb outre Atlantique, que ses habitants y ont gagné environ 1 milliard de dollars et que l'enjeu porté par ce projet de loi est de taille pour l'entreprise, son activité dans la Big Apple aurait plutôt tendance à augmenter les loyers et à enrichir les propriétaires.

>> A lire également : Airbnb : hébergé par un chef néonazi, un couple braqué par la police

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