Réforme fiscale 2026 : les arbitrages définitifs sur vos impôts et investissements

Après des débats parlementaires intenses, le gouvernement a scellé les grandes orientations fiscales pour l'année 2026 via le recours à l'article 49.3. Entre indexation du barème sur l'inflation et sauvetage de plusieurs niches fiscales, voici ce qui change concrètement pour votre portefeuille.
Indexation du barème fiscal sur l'inflation de 0,9 %
Contrairement aux projets initiaux qui envisageaient un gel des tranches de l'impôt sur le revenu pour gonfler les recettes de l'État, l'exécutif a finalement opté pour une revalorisation calquée sur la hausse des prix à la consommation. Selon les données de l'Insee pour l'année 2025, ce sont donc toutes les tranches qui progressent de 0,9 %.
Cette décision permet d'éviter que des milliers de foyers modestes ne deviennent imposables mécaniquement à cause de la hausse nominale de leurs salaires. Voici les nouveaux seuils applicables pour vos revenus de 2025 déclarés en 2026 :
| Tranche de revenu (par part) | Taux d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Le sauvetage inattendu des avantages fiscaux pour les familles et retraités
Alors que plusieurs dispositifs étaient sur la sellette, la version finale du budget conserve finalement l'essentiel des avantages actuels. L'abattement de 10 % sur les pensions de retraite, que le gouvernement souhaitait initialement plafonner à un forfait fixe, reste en vigueur. Son plafond devrait même être revalorisé autour de 4 439 euros pour suivre la trajectoire de l'inflation.
De même, la réduction d'impôt liée aux frais de scolarité (collège, lycée, université) échappe à la suppression totale qui avait été évoquée à l'automne dernier. Le statu quo l'emporte également pour les dépenses liées à la dépendance en Ehpad : malgré les critiques sur l'inégalité de ce système qui ne profite qu'aux imposables, la transformation prévue en crédit d'impôt a été écartée du texte final soumis au 49.3.
Renforcement de la générosité pour les dons et investissements immobiliers
Une mesure phare pour le secteur associatif a été validée sans encombre : le doublement du plafond des dons dits « loi Coluche ». Désormais, les versements aux organismes d'aide aux personnes en difficulté ouvrent droit à une réduction d'impôt de 75 % jusqu'à 2 000 euros de dons (contre 1 000 euros auparavant), soit un avantage fiscal maximal de 1 500 euros.
Pour le secteur de la pierre, un nouveau levier apparaît : le « dispositif Jeanbrun ». Ce statut de bailleur privé vise à remplacer les dispositifs d'incitation locative précédents par un mécanisme d'amortissement fiscal allant de 3,5 % à 5,5 % par an, selon le caractère social du loyer pratiqué. Ce système s'applique aussi bien au neuf qu'à l'ancien, sous réserve de travaux conséquents, pour un engagement de location de 9 ans.
Mesures de rigueur pour les hauts revenus et les transmissions
Le gouvernement maintient une ligne de fermeté concernant les revenus les plus élevés. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) restera active tant que le déficit public national n'aura pas été ramené sous le seuil des 3 %. Sur le volet des successions, le pacte Dutreil, qui favorise la transmission d'entreprises familiales, est maintenu mais "nettoyé". Les biens dits somptuaires ou personnels seront désormais exclus de cet avantage afin de recentrer l'aide sur l'outil productif.
Enfin, notez quelques ajustements ciblés : l'exonération des pourboires est prolongée pour soutenir le secteur de la restauration jusqu'en 2028. En revanche, les titulaires d'un Plan d'Épargne Retraite (PER) perdent l'avantage fiscal lié aux versements effectués après l'âge de 70 ans, une mesure destinée à limiter les stratégies d'optimisation successorale via ce support d'épargne.