Adoption définitive du Budget 2026 : décryptage des mesures fiscales et patrimoniales clés

Après des mois de débats intenses et de rebondissements politiques, le budget 2026 vient d'être définitivement validé par l'Assemblée nationale. Entre l'indexation du barème fiscal sur l'inflation et le sauvetage in extremis de plusieurs avantages populaires, voici les mesures qui vont impacter directement votre portefeuille cette année.
Indexation du barème fiscal sur l'inflation : une hausse de 0,9 %
Malgré les velléités initiales d'instaurer une année blanche pour le barème de l'impôt sur le revenu, le texte final adopté le 21 janvier 2026 entérine une revalorisation annuelle. Ce gel, qui aurait mécaniquement augmenté la pression fiscale pour les foyers dont les salaires ont suivi la hausse des prix, a été écarté au profit d'une indexation basée sur l'inflation mesurée par l'Insee en 2025.
Concrètement, les seuils de chaque tranche augmentent de 0,9 %. Voici les nouvelles limites qui s'appliqueront lors de votre prochaine déclaration de revenus :
| Tranches de revenus (par part) | Taux d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Le statu quo pour les retraités et les familles
Bonne nouvelle pour les seniors et les parents : les coupes budgétaires un temps envisagées sur les avantages fiscaux du quotidien ont été annulées. L'abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite, que certains voulaient remplacer par un forfait fixe moins avantageux pour les pensions élevées, est intégralement maintenu. Le plafond de cet abattement devrait être porté à 4 439 € par foyer selon l'usage d'indexation.
De même, les réductions d'impôt liées à la scolarisation des enfants (collège, lycée, université) ainsi que celles concernant les frais d'hébergement en Ehpad (restant à 25 %) sortent indemnes du feuilleton parlementaire. Bien que ces niches aient été ciblées en octobre dernier, la version soumise au 49.3 par le gouvernement Lecornu ne prévoit aucun changement immédiat pour ces postes de dépenses.
Solidarité et épargne : des plafonds revus à la hausse
Le gouvernement a choisi de renforcer le soutien aux associations via la « loi Coluche ». Le montant maximal des dons ouvrant droit à la réduction d'impôt majorée de 75 % est désormais doublé. Pour tout versement effectué depuis la mi-octobre 2025, le plafond passe à 2 000 €, permettant une remise fiscale maximale de 1 500 € (contre 750 € auparavant).
Concernant le Plan Épargne Retraite (PER), deux modifications notables font leur apparition :
- Le cumul des plafonds de déduction non utilisés est étendu, passant de 3 à 5 ans, offrant plus de flexibilité aux épargnants.
- En revanche, les versements réalisés après l'âge de 70 ans ne seront plus déductibles du revenu imposable.
Relance du logement et fiscalité des hauts revenus
Pour pallier la crise immobilière, le dispositif « Jeanbrun » prend le relais des anciens mécanismes d'incitation. Ce nouveau statut du bailleur privé permet d'amortir fiscalement son investissement locatif à des taux variant de 3,5 % à 5,5 % par an, selon le caractère social du loyer pratiqué. Ce levier est accessible tant dans le neuf que dans l'ancien rénové, avec une obligation de mise en location sur 9 ans.
Enfin, la rigueur budgétaire s'installe durablement pour les contribuables les plus aisés. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est officiellement pérennisée jusqu'à ce que le déficit public national redescende sous les 3 %. Par ailleurs, le pacte Dutreil subit un léger resserrement : l'avantage fiscal lié à la transmission d'entreprise ne s'appliquera plus aux biens personnels dits "somptuaires", afin de recentrer le dispositif sur l'outil productif réel.