Banques : les agences françaises ferment... Mais moins que dans le reste de l'Europe

Mickaël Touré • 12 Février 2020 • 16:49

Une étude menée par Sia Partners et dévoilée ce mardi par Les Échos révèle que de nombreuses agences bancaires ferment en France. Néanmoins, ces chiffres sont beaucoup plus élevés dans le reste de l'Europe.

Banques : les agences françaises ferment... Mais moins que dans le reste de l'EuropeSelon une étude Sia Partners, le nombre d'agences bancaires ne cesse de diminuer en Europe. ©flickr - Julien Marion

Et si l'ère des agences bancaires touchait à sa fin ? C'est en partie ce que semble indiquer une étude de Sia Partners, révélée ce mardi. En effet, de nombreuses agences ont fermé leurs portes en France ces dernières années.

Un état de fait pas uniquement imputable à l'avènement des banques en ligne (Boursorama, Fortuneo...) ou des banques mobiles (N26, Revolut...).Pourtant, selon l'étude, la France s'en sort mieux que ses voisins européens. 

3 % des agences françaises ont fermé entre 2014 et 2018

Ainsi, selon l'étude Sia Partners, 3 % des agences françaises ont disparu entre 2014 et 2018. Soit 1 100 agences sur l'ensemble du territoire. On y dénombre désormais 36 519 agences bancaires.

Dans le détail, le phénomène touche davantage les banques commerciales (BNP Paribas, Société Générale etc...) que les banques mutualistes (Crédit Mutuel, Crédit Agricole etc...). Pour rappel, une banque commerciale est un établissement financier dont les activités sont majoritairement tournées vers les particuliers. Les banques mutualistes ou coopératives se caractérisent par deux éléments principaux : les clients sont propriétaires de leur banque et sont à la fois associés et usagers.

Les banques mutualistes, mieux implantées localement, souffrent moins que les banques commerciales centrées sur les grandes villes. À la suite de la crise de 2008, la crainte de perdre des clients en zone rurale à rendue la décision de fermer des agences assez délicate hors des grandes agglomérations.

À titre d'exemple, entre 2014 et 2018, une banque comme le Crédit Mutuel n'a fermé que 1 % de ses agences, la Caisse d'épargne 1,4 % et le Crédit Agricole 2,7 %. Sur la même période, une banque commerciale comme la Société Générale a réduit son réseau à 2 742 agences soit une baisse de 12 % tandis que BNP Paribas a connu une baisse de 11 % (1 861 agences désormais) et le LCL de 10.5 %.

Un phénomène encore plus marqué dans le reste de l'Europe...

Cela étant, les banques françaises ferment beaucoup moins d'agences que leurs voisines européennes. Hors de nos frontières, ces chiffres atteignent -21 % en Allemagne, -18% en Espagne et -17 % en Italie.

De l'autre côté du Rhin, on dénombre désormais 22 887 agences pour 83 millions d'habitants. Contre 36 519 agences en France pour 67 millions d'habitants.

À l'inverse des autres pays européens, « il n'y a pas eu jusqu'à présent de sentiment d'urgence dans la fermeture de réseaux bancaires, malgré les baisses de fréquentation observées », explique aux Échos, Marin Delattre, consultant chez Sia Partners.

... Mais qui devrait s'intensifier en France

Malgré tout, les fermetures d'agences devraient s'intensifier en France dans les années à venir. Entre l'arrivée des nouveaux acteurs et une numérisation des usages, les agences physiques, sans forcément disparaître, devront forcément évoluer.

Les formats pourraient donc changer. On évoque notamment des « murs d'automates » proposant plusieurs services (retrait d'argent, dépôt de chèques). Ils viendraient remplacer les guichets traditionnels. 

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