Epargne : les Français sont inquiets pour leur retraite

Anissa Hammadi 23 Janvier 2015 17:20

Dans son étude sur les perspectives en matière de retraite en France, publiée le 20 janvier, HSBC pointe le manque d'anticipations des actifs pour bien préparer cette période de leur vie. Désabusés, plus de la moitié d'entre eux s'imaginent déjà avec un train de vie moins confortable à la retraite.

Epargne : les Français sont inquiets pour leur retraitePrès de la moitié des actifs n'épargnent pas ou n'ont pas l'intention de le faire spécifiquement pour leur retraite.

Études des enfants, fardeau de la dette, accidents de la vie... Les raisons qui amènent les Français à ne pas épargner ou peu pour leurs vieux jours sont multiples. C'est le constat de la 8e étude d'HSBC sur « L'avenir des retraites », réalisée auprès de 1 000 personnes en âge de travailler (25 ans et plus) et à la retraite.

L'étude souligne que près de la moitié des actifs (48%) n'épargnent pas ou n'ont pas l'intention de le faire spécifiquement pour leur retraite. Même pour ceux qui approchent de la retraite (45 ans et plus), cette préoccupation peine à devenir prioritaire (43%).

« Il faut mettre de l'argent de cöté le plus töt possible, surtout avant 30 ans. C'est là que l'on prend les bonnes habitudes », préconise Jéröme Canon, fondateur de Canon Patrimoine Conseil. « Mieux vaut commencer töt avec une petite somme très régulière, sur le long terme, plutöt que de se réveiller dix ans avant sa retraite. Les intérêts perdus pendant tout ce temps ne peuvent pas se rattraper », explique-t-il.

Avec le recul, 47% des retraités, près d'un sur deux, pense avoir manqué de prévoyance. La même proportion (33%) estime également qu'elle aurait dû commencer à épargner plus töt pour améliorer leur niveau de vie à la retraite.

En cause, principalement le poids du logement dans le budget quotidien. Un actif sur quatre (25%) considère que c'est le remboursement de son emprunt immobilier qui freine l'épargne, tandis que près d'un sur cinq (19%) affirme que c'est plutöt le remboursement d'autres crédits.

« Il faut fonctionner par projet : préparer le financement des études des enfants dès leur naissance, en mettant 200 euros de cöté tous les mois sur 18 ans », conseille Jéröme Canon. « Pour la retraite, il faut épargner dès l'entrée sur le marché du travail... ».

>> Lire aussi : L'immobilier reste le placement préféré des Français.

La crise économique a laissé des traces

Pourtant, de nombreux actifs ont cessé de mettre des sous de cöté pour leurs vieux jours, ou le font moins, qu'il s'agisse de placements (FCP/SICAV, valeurs boursières...), d'épargne disponible (livret A, LDD, compte sur livret) ou de produits de rente.

« Malgré quelques signaux récents de reprise, l'épargne pour la retraite est toujours fortement impactée par la crise économique », argue l'étude d'HSBC.

La crise a pu avoir aussi des effets indirects non-négligeables : 21 % ont perdu leur emploi, 19% ont constaté une baisse importante de leurs revenus et 10 % ont eu recours à l'endettement ou ont connu de sévères difficultés financières « ayant affecté leur épargne retraite ».

Les retraités aussi ressentent les effets de la crise. Bon nombre d'entre eux ont un revenu annuel par ménage bien inférieur à celui qu'ils estiment nécessaire pour profiter d'une retraite confortable, c'est-à-dire 33 000 euros. Pourtant, trois retraités sur cinq (60%) vivent avec un revenu par foyer inférieur à 30 000 euros par an.

60% des actifs craignent de manquer d'argent

« Les perspectives pour la génération suivante sont encore moins optimistes : 6% des actifs pensent qu'ils ne pourront jamais prendre définitivement leur retraite », peut-on lire dans le rapport.
Les actifs semblent déjà résignés : ils sont 60%, principalement les femmes, à ne pas avoir confiance en leur capacité à conserver un train de vie confortable à la retraite et craignent de manquer d'argent.

« Même avec les meilleures intentions, des événements imprévus ont contraint une majorité d'actifs à puiser dans leur épargne retraite. Certaines dépenses, comme le remboursement d'un crédit immobilier ou la naissance d'enfants, sont prévisibles à l'avance, mais d'autres sont inattendues, comme la maladie, un divorce ou la perte du conjoint », résume l'étude.

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