Fin du leasing électrique social : un bilan marqué par le succès des marques françaises

Le couperet est tombé pour le dispositif de location de voitures électriques à tarif préférentiel : le quota annuel a été atteint avant même la fin du premier mois de l'année 2026. Cette initiative gouvernementale, qui vise à démocratiser la mobilité propre, confirme son ancrage auprès des foyers modestes, tout en soutenant massivement la filière automobile française.
Les conditions d'éligibilité et le financement du parc électrique
Pour cette session, l'accès à un véhicule propre pour moins de 200 € mensuels était conditionné à des critères sociaux et géographiques précis. Les demandeurs devaient afficher un revenu fiscal de référence inférieur ou égal à 16 300 € par part. Au-delà de l'aspect financier, le dispositif ciblait les "gros rouleurs" : il fallait soit parcourir plus de 8 000 km par an pour son activité professionnelle, soit résider à plus de 15 km de son lieu de travail.
Le financement de cette mesure, dont l'enveloppe globale s'élève à 350 millions d'euros, repose sur les certificats d'économies d'énergie. Une attention particulière a été portée à la ruralité, puisque 55 % des réservations ont été allouées aux ménages hors zones urbaines, contre 45 % pour les foyers appartenant aux tranches de revenus les plus basses (trois premiers déciles).
| Indicateur Clé | Donnée 2025/2026 |
|---|---|
| Nombre total de dossiers | 50 000 |
| Aide maximale par véhicule | Jusqu'à 7 000 € |
| Budget de l'État engagé | 350 millions € |
Une dynamique d'adoption plus étalée que l'an passé
Si les 50 000 véhicules ont trouvé preneurs, on observe une légère temporisation de l'enthousiasme par rapport à l'exercice 2024. Il aura fallu environ trois mois (90 jours) pour clore les souscriptions cette année, alors que le stock s'était volatilisé en seulement six semaines lors de la première édition. Cette durée de vie prolongée du guichet s'explique par une sélection de dossiers plus rigoureuse et une meilleure anticipation des stocks par les constructeurs.
Malgré cette clôture rapide, l'avenir du dispositif pour la suite de l'année 2026 demeure suspendu aux prochaines décisions budgétaires. La reconduction de l'aide dépendra de la capacité de l'État à débloquer de nouveaux fonds dans un contexte économique contraint, alors que la demande pour l'électrique ne faiblit pas chez les ménages ruraux en quête d'économies de carburant.
La domination sans partage de l'industrie automobile nationale
L'un des enseignements majeurs de cette édition est le plébiscite pour les fabrications locales. Les constructeurs tricolores comme Peugeot, Citroën et Renault s'adjugent plus de 66 % des choix des bénéficiaires. Fait notable, plus d'un tiers des voitures louées (34 %) sont effectivement sorties d'usines situées sur le territoire français, un chiffre encourageant pour la souveraineté industrielle.
La grande gagnante de ce classement est la Renault 5 électrique, assemblée à Douai, qui représente à elle seule un quart des contrats signés. Elle est suivie de près par la Citroën E-C3 et la Peugeot E-208, confirmant que le design et la proximité de production restent des leviers d'achat puissants pour les Français, dès lors que le coût d'usage est neutralisé par les subventions publiques.