Fiscalité 2026 : une indexation de 0,9 % des tranches pour limiter la pression fiscale

Philippe GUICHARD

Écrit par Philippe GUICHARD

Fiscalité 2026 : une indexation de 0,9 % des tranches pour limiter la pression fiscale

Changement de cap pour la fiscalité des ménages en 2026. Alors qu'un gel du barème de l'impôt sur le revenu était initialement envisagé, le gouvernement opte finalement pour une indexation partielle afin de préserver le pouvoir d'achat des contribuables face à l'inflation.

Un ajustement budgétaire pour éviter l'entrée de nouveaux foyers imposables

La stratégie fiscale de l'exécutif pour l'année 2026 (portant sur les revenus perçus en 2025) vient de connaître un tournant majeur. Selon les informations rapportées par Les Echos, le cabinet de la ministre des Comptes publics a confirmé l'intégration d'une hausse de 0,9 % des cinq tranches du barème de l'impôt sur le revenu dans le projet de loi de finances. Cette mesure, dont le coût pour l'État est estimé à environ 2 milliards d'euros, vise à neutraliser l'effet de l'inflation sur le niveau d'imposition.

Le choix de l'indexation est loin d'être anodin. En effet, un gel des tranches - qui aurait maintenu les seuils de l'année précédente - aurait mécaniquement alourdi la note pour les Français dont les salaires ont progressé. D'après les projections, une telle décision aurait fait basculer 200 000 foyers supplémentaires dans la catégorie des ménages imposables. Avec ce relèvement de 0,9 %, le seuil d'entrée dans l'impôt pour un célibataire devrait désormais se situer au-delà de 11 600 euros, contre 11 497 euros actuellement.

Indicateur fiscalValeur actuelleProjection 2026 (+0,9 %)
Entrée dans la tranche à 11 % 11 497 € ~ 11 600 €
Coût total pour le budget de l'État - Près de 2 milliards €
Nombre de foyers protégés du basculement - 200 000 ménages

Un arbitrage politique entre équité fiscale et rigueur budgétaire

Bien que cette revalorisation soit accueillie comme une bouffée d'oxygène pour le contribuable, elle reste inférieure aux attentes de certains parlementaires. L'Assemblée nationale avait en effet voté en deuxième lecture une hausse plus généreuse de 1,1 %, calquée sur une inflation plus marquée. Ce décalage illustre les tensions au sein de la classe politique, où s'affrontent la volonté de protéger "la France qui travaille" et l'impérieuse nécessité de redresser les comptes publics.

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a exprimé des réserves sur l'ampleur de ce geste, rappelant que la situation financière du pays aurait pu justifier une "contribution" plus importante de la part des ménages au nom de l'équité. À l'inverse, les partisans d'une indexation stricte sur les prix craignent qu'une revalorisation trop faible ne se transforme en une hausse d'impôt déguisée, pesant sur la consommation des foyers les plus fragiles.

Vers une adoption par l'article 49.3 du projet de loi de finances

Le calendrier s'accélère désormais pour le Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette proposition de barème doit être officiellement entérinée lors du conseil des ministres ce lundi avant d'être débattue au Parlement. Compte tenu de la fragilité des équilibres à l'Assemblée, l'exécutif n'exclut pas d'utiliser l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer cette nouvelle mouture du budget sans vote.

Pour les contribuables, la vigilance reste de mise. Si l'indexation de 0,9 % se confirme, elle limitera la progression de l'impôt pour ceux dont les revenus stagnent ou augmentent peu. Cependant, cette mesure ne règle pas toutes les incertitudes liées à la loi de finances 2026, qui pourrait contenir d'autres ajustements fiscaux locaux ou nationaux. La validation finale de ces seuils donnera le coup d'envoi des simulations pour les déclarations de revenus prévues au printemps prochain.

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