Immobilier : emprunter après 60 ans est difficile, mais pas impossible

Mickaël Touré • 11 Avril 2019 • 16:18

Les plus de 60 ans seraient de plus en plus exclus des crédits immobiliers. Pourtant, des solutions existent pour aider les séniors à réaliser un achat dans la pierre. Explications.

Immobilier : emprunter après 60 ans est difficile, mais pas impossible

Hausse de la CSG, précarisation, pessimisme ambiant. Il ne fait pas bon être un sénior en 2019. D'ailleurs, une étude récente montre que malgré des taux d'intérêts bas, il est très difficile pour un sénior de souscrire à un crédit immobilier. Est-ce une fatalité pour autant ?

Seulement quatre dossiers sur dix sont finançables

Pour des raisons diverses, séniors et crédit immobilier ne font pas bon ménage. Pourtant, les banques prêtent au plus de 60 ans, elles le font même de plus en plus. Pas de risques de chômage, des capacités de remboursement non-négligeables et bien souvent des économies.

Mais apparemment, il serait difficile pour eux d'emprunter. Une étude récente de l'assureur Empruntis estime même que seulement quatre dossiers sur dix sont finançables pour les plus de 60 ans. Cela grimpe à six dossiers sur dix lorsque l'on parle d'un trentenaire.

Comment expliquer alors que les séniors aient davantage de mal à emprunter ?

L'obstacle de l'assurance emprunteur

Plusieurs explications viennent éclaircir ces difficultés. Obtenir un crédit pour financer l'achat d'un bien immobilier est une chose. Trouver un assureur en est une autre... Chez les séniors, l'assurance emprunteur peut très vite devenir un obstacle insurmontable.

À l'instar des autres emprunteurs, les plus de 60 ans doivent, être en mesure de justifier d'un apport personnel représentant au minimum les frais de notaire, de dossier et de garantie, soit environ 10 % du montant du prêt. Même si elle n'est pas obligatoire, elle est bien souvent réclamée par les organismes de crédits.

Et c'est là que le bât blesse, les coûts de l'assurance seraient particulièrement élevés en raison des éventuels problèmes de santé qui sont bien naturellement plus élevés après 60 ans.

Par ailleurs, les banques souhaiteraient généralement que les prêts immobiliers soient remboursés avant l'âge de 75 ans. Difficile donc d'envisager un prêt longue durée lorsque l'on est un sénior.

Enfin, les taux d'intérêts particulièrement bas seraient également une mauvaise nouvelle pour les séniors. On parle ici des taux d'usures. Censés protéger les emprunteurs, ils peuvent se retourner contre certains d'entres eux.

Le coût de l'assurance emprunteur ajoutés aux frais de dossier et aux honoraires du courtier font parfois passer le coût du crédit juste au-dessus du taux de l'usure au-delà duquel les banques n'ont plus le droit de prêter.

Des solutions existent pour surpasser ces difficultés

Néanmoins, prendre de l'âge n'est pas forcément une fatalité. Les banquiers aiment le profil des séniors. Notamment les seconds accédants, c'est-à-dire les personnes qui bénéficient déjà d'un bien immobilier.

Les conditions d'octroi sont alors souvent excellentes, notamment pour les résidences principales. De plus, la vente du précédent domicile représente le plus souvent une bonne partie du prix d'achat, le montant du prêt est faible, sa durée, plus courte, et les taux d'intérêt sont attractifs.

Concernant l'assurance emprunteur, plusieurs solutions sont également possibles.

Tout d'abord, il est possible de faire jouer la concurrence. Surtout si l'assurance emprunteur est onéreuse. L'appel à un courtier peut être une solution intelligente pour vous permettre de négocier les meilleurs taux.

Ensuite, comme évoqué précédemment, il est possible de se passer de cette assurance. Une solution certes plus risquée, mais envisageable lorsque le patrimoine le permet.

Plusieurs solutions existent d'ailleurs pour se passer de l'assurance emprunteur. La première est le nantissement, il consiste à gager un placement financier (assurance-vie, PEA, comptes-titres etc..) en faveur de la banque.

Le prêt viager hypothécaire est également possible. Dans ce cas de figure, l'emprunteur choisit de placer une hypothèque sur un bien immobilier afin d'emprunter une somme d'argent.

Enfin, dernier moyen, le prêt hypothécaire cautionné, il s'agira ici de verser une caution en guise de garantie en cas de décès ou d'invalidité. L'emprunt est alors remboursé par mensualité.

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