Réforme budgétaire 2026 : les nouveaux arbitrages fiscaux du Plan d'Épargne Retraite

Philippe GUICHARD

Écrit par Philippe GUICHARD

Réforme budgétaire 2026 : les nouveaux arbitrages fiscaux du Plan d'Épargne Retraite

Le gouvernement vient de préciser les contours fiscaux du Plan d'Épargne Retraite (PER) pour l'année 2026, intégrant de nouveaux arbitrages budgétaires. Si le coeur du dispositif reste intact, plusieurs ajustements sur les prélèvements et les conditions d'âge modifient la stratégie à adopter pour les futurs retraités.

Un équilibre entre incitations à l'investissement et rentrées fiscales

Le projet de loi de finances pour 2026 cherche à stabiliser les comptes publics sans paralyser l'investissement productif. Pour les épargnants, cela se traduit par une dualité marquée. Les actifs immobiliers et les transmissions d'entreprises conservent des dispositifs protecteurs pour favoriser le long terme. Cependant, les revenus du capital, notamment via les placements de retraite, subissent une pression accrue.

L'alourdissement de la fiscalité se manifeste principalement par un renforcement des prélèvements sociaux au moment de la sortie en capital ou en rente. Désormais, la ponction globale peut atteindre près d'un tiers des montants récupérés, combinant une assiette fiscale stable et des contributions sociales revues à la hausse. Ce "coup de rabot" touche aussi bien les supports assurantiels que les plans bancaires investis en titres vifs ou en fonds.

Mesure phare 2026Impact pour l'épargnant
Contributions sociales Hausse globale des prélèvements à la sortie.
Seuil d'âge de versement Fin de la déductibilité fiscale après 70 ans.
Délai de report fiscal Extension à 5 ans pour utiliser ses plafonds non consommés.

Recentrage sur la retraite et flexibilité pour les actifs

Pour éviter que le PER ne soit utilisé comme un simple outil de transmission successorale, le budget 2026 introduit une limite d'âge fixée à 70 ans. Passé ce cap, les versements volontaires ne permettent plus de bénéficier de la déduction fiscale sur le revenu. Cette mesure vise à recentrer le produit sur son utilité primaire : le complément de revenus pour la fin de vie active. Néanmoins, les experts estiment que l'impact sera mineur, car la majorité des flux financiers intervient bien avant cet âge.

En contrepartie de ces contraintes, l'État propose un assouplissement bienvenu pour les travailleurs aux parcours hachés ou aux revenus irréguliers. Le délai pour reporter ses plafonds de déduction non utilisés est porté à cinq ans. Cette modification permet de lisser son effort d'épargne sur une période plus longue et de maximiser l'avantage fiscal lors des années de forte activité. Malgré une taxation plus lourde au terme, le PER conserve son intérêt majeur : le levier fiscal immédiat qui permet de capitaliser sur des sommes qui auraient autrement été versées au Trésor Public.

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