VIDEO. Se déplacer au quotidien en téléphérique, bientôt une réalité

Marie Nahmias • 01 Mars 2016 • 10:49

Les projets de téléphériques urbains sont en effervescence dans l'Hexagone. Demain, les habitants de Brest, Créteil, Orléans, Toulouse et Grenoble pourront aller travailler ou chercher leur pain dans ces cabines d'habitude empruntées par les skieurs.

VIDEO. Se déplacer au quotidien en téléphérique, bientôt une réalitéImage de synthèse du futur téléphérique à Brest. Crédit Photo : hippocampe.com

Rio de Janeiro, Caracas, New-York ou encore Alger ont déjà intégré les télécabines dans leur réseau de transports en commun. En France, ce système de déplacement par câble aérien reste encore essentiellement dédié aux sports d'hiver et au tourisme en général.

Pourtant, le téléphérique en milieu urbain offre une alternative écologique aux transports plus polluants. "On ne sait pas vraiment faire mieux que le téléphérique en matière de gaz à effet de serre. Le système est moins polluant que le tramway ou encore le métro", rapporte Victor Antonio, responsable du projet de téléphérique urbain à Brest, qui sera le premier de ce type inauguré en France.

 

Et la liste de ses atouts ne s'arrête pas là. Le système est silencieux et ne grignote pas davantage l'espace consacré à la voirie en ville. En outre, le téléphérique est réputé très fiable et sécurisé. "Trois millions de passagers sont transportés chaque jour en télécabines et seulement un accident grave est constaté par an", assure le responsable du projet brestois.

"Le téléphérique, rapport prix/performance, est imbattable"

Autre argument de taille, son faible coût. En effet, le prix de son équipement est inférieur à celui du tramway et les travaux d'installation plus légers.

Il n'en aura pas fallu beaucoup plus pour convaincre les élus locaux. Aujourd'hui, selon le ministère des Transports, les villes de Grenoble, Toulouse, Brest, Orléans et Créteil en Ile-de-France auraient été séduites par l'idée d'associer le téléphérique à leur paysage urbain.

A Brest par exemple, la municipalité voulait davantage de connexions entre le quartier le plus pauvre de la ville sur la rive droite et l'hyper centre qui se situe sur la rive gauche. Jusqu'alors, seulement deux ponts reliaient les deux rives. Un troisième pont mobile, de 400 mètres de long aurait coûté entre 50 et 100 millions d'euros.

"Nous ne pouvions pas payer le prix de cette installation, mais nous avions besoin d'une alternative. Le téléphérique, rapport prix/performance, est imbattable", soutient Victor Antonio. La ville n'aura en effet investi que 19,1 millions d'euros dans la mise en place de ces télécabines.

Un problème juridique en passe d'être résolu

Les riverains constituent souvent un obstacle au développement de ces transports par câbles aériens en ville. Si les usagers du téléphérique pourront bientôt jouir d'une vue agréable pendant leur trajet, les habitants des propriétés survolées sont quant à eux assez réticents à l'idée de voir un ballet quotidien de cabines passer au-dessus de leur tête.

De plus, un problème juridique est venu freiner jusqu'à maintenant un grand nombre d'initiatives. La législation n'autorisant pas les téléphériques en milieu urbain à survoler des biens immobiliers sans procéder à un rachat ou à une expropriation.

La loi du 17 aout 2015, relative à la transition énergétique, a mis le pied à l'étrier de beaucoup de communes qui souhaitaient se lancer dans l'aventure. Le texte ne prévoit plus d'expropriation mais établit un certain nombre de servitudes auxquelles devront se plier les villes.

Encore très étonné que Brest soit la première ville de France à expérimenter ce système de transports en commun, Victor Antonio sait à quoi tient la rapidité de mise en oeuvre du projet. "C'est en grande partie parce que nous avons eu la chance de ne survoler aucune propriété privée. Nous avons seulement eu besoin de l'autorisation de la base navale, qui a été très facile à obtenir", explique le chargé du projet, convaincu que cette première ligne ne sera pas la dernière.

"Depuis que l'on travaille sur cette installation, nous nous apercevons que le câble peut être une solution à pleins d'endroits où il est nécessaire de créer de nouvelles liaisons urbaines", confie Victor Antonio.

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Cinq grands projets en France

BREST- La ville bretonne ouvrira le bal avec le premier téléphérique urbain de France qui sera inauguré à l'automne 2016. Sa réalisation a été confiée à Bouygues Construction et BMF-Batholet (constructeur de téléphériques). La ligne assurera la liaison entre le secteur du château et celui des Capucins et s'élèvera à 72 mètres au-dessus de la rivière la Penfeld. Les Brestois pourront avec un seul et unique titre de transport utiliser aussi bien le tramway, le bus que le téléphérique. La traversée ne durera pas plus de trois minutes, le système pourra accueillir un maximum de 1.200 passagers par heure.

Crédit Photo : hippocampe.com

CRETEIL- Le Téléval, c'est ainsi qu'est baptisé le projet de téléphérique dans le département du Val-de-Marne qui permettra de relier Créteil à Valenton, Limeil-Brévannes et Villeneuve-Saint-Georges. Le trajet pourrait faire économiser trente minutes de temps de transport par jour. De plus, une correspondance sera possible avec la ligne 8 du métro ainsi qu'avec des lignes de bus. La mise en service de ces télécabines est envisagée pour l'année 2018.

ORLEANS- Le coût du projet de télécabines à Orléans s'élève à 12,5 millions d'euros. Le parcours reliera dès 2018 le quartier Interives à la gare de Fleury-les-Aubrais. Environ 1.000 personnes par heure et par destination sont attendues.

TOULOUSE- Le projet de télécabines à Toulouse prévoit d'ici 2020, une ligne de 2,6 kilomètres. Les nacelles relieront des sites très fréquentés : l'université de sciences et de médecine Paul Sabatier, le CHU de Rangueil et le campus de l'Oncopôle. Le trajet ne prendra qu'une dizaine de minutes et le transport par câbles aériens devrait accueillir environ 20.000 passagers par jour, soit 2.000 personnes à l'heure.

Tracé du futur téléphérique de Toulouse. Crédit Photo : mairie de Toulouse

GRENOBLE- Le futur téléphérique de Grenoble s'étendra sur 3,7 kilomètres et comportera entre 4 et 6 stations. Le trajet passera au-dessus, de l'autoroute A480, de deux cours d'eau (le Drac et l'Isère) et de la voie de chemin de fer Lyon-Grenoble. Sa mise en service est prévue pour 2021. La ville table sur 5.000 voyageurs par jour à son démarrage et jusqu'à 8.500 à l'horizon 2030.

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