Comment créer une SCI pour gérer un bien immobilier ?

Arsalain EL KESSIR
Comment créer une SCI pour gérer un bien immobilier ?

✍ Les points à retenir : Créer une SCI en 2026

  • Le nombre d'associés : Une SCI doit comporter au minimum deux associés (personnes physiques ou morales). La SCI unipersonnelle n'existe pas à la création.
  • La rédaction des statuts : C'est l'étape la plus cruciale. Les statuts définissent les règles de gestion (pouvoirs du gérant, modalités de vote, cession de parts). L'acte notarié est obligatoire si vous apportez un bien immobilier déjà existant à la société.
  • Le capital social : Le montant est libre (minimum 1 €). Le capital peut être fixe ou variable. Il doit être déposé sur un compte bancaire bloqué au nom de la société en formation.
  • La publicité légale : Vous devez impérativement publier un avis de constitution dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) pour informer les tiers de la création de la société.
  • L'immatriculation (Guichet Unique) : En 2026, toute la procédure se fait en ligne sur le site du Guichet Unique (INPI). C'est cette étape qui permet d'obtenir votre extrait Kbis et d'exister officiellement.
  • Le choix fiscal : Dès la création, vous devez choisir entre l'Impôt sur le Revenu (IR) - transparence fiscale - ou l'Impôt sur les Sociétés (IS). Ce choix est souvent irréversible et impacte lourdement votre rentabilité.
  • La déclaration des bénéficiaires effectifs : Vous devez déclarer toute personne détenant plus de 25 % du capital ou des droits de vote, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment.

Les avantages de la SCI pour la gestion et la transmission de patrimoine

La création d'une SCI (Société Civile Immobilière) s'impose comme une stratégie patrimoniale de premier plan pour quiconque souhaite optimiser la détention d'un bien immobilier. Cette structure juridique permet de dissocier la propriété du patrimoine immobilier de la personne physique, offrant ainsi une souplesse de gestion inégalée par rapport au régime de l'indivision. En 2026, la SCI reste l'outil privilégié des investisseurs et des familles pour structurer leurs actifs, protéger leurs proches et anticiper les problématiques de succession. Elle transforme la gestion d'un bien immobilier en une gestion de parts sociales, simplifiant ainsi les prises de décision et la répartition des revenus locatifs ou des charges entre les différents associés.

Éviter les blocages liés à l'indivision

L'un des principaux intérêts de constituer une SCI réside dans sa capacité à contourner les contraintes de l'indivision. Dans une indivision classique, l'unanimité ou une majorité renforcée est souvent requise pour les actes importants concernant un bien immobilier, ce qui peut mener à des situations de blocage total en cas de désaccord entre les co-indivisaires. À l'inverse, au sein d'une SCI, les statuts déterminent librement les pouvoirs du gérant. Ce dernier peut ainsi assurer la gestion courante, effectuer des travaux ou signer des baux sans solliciter systématiquement l'avis de tous les associés. Cette fluidité décisionnelle sécurise la conservation de la valeur du bien immobilier sur le long terme et prévient les conflits familiaux ou amicaux qui surviennent fréquemment lors de la gestion partagée d'actifs fonciers.

Une transmission optimisée et progressive du patrimoine

La SCI est un levier puissant pour préparer sa succession. Plutôt que de transmettre un bien immobilier en un seul bloc, ce qui peut générer des droits de mutation élevés et des difficultés de partage, les propriétaires peuvent procéder à une donation progressive de parts sociales. Cette méthode permet de bénéficier des abattements fiscaux renouvelables tous les 15 ans. De plus, il est possible de mettre en place un démembrement de propriété : les parents conservent l'usufruit des parts (et donc les revenus ou la jouissance du bien immobilier) tandis qu'ils transmettent la nue-propriété aux enfants. Au décès des usufruitiers, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits de succession supplémentaires. Cette stratégie garantit la pérennité du patrimoine au sein de la lignée familiale tout en allégeant considérablement la charge fiscale globale.

La protection de l'actif immobilier contre les créanciers

Utiliser une SCI offre également une couche de protection juridique non négligeable pour votre bien immobilier. Puisque le bien appartient à la société et non directement aux associés, il devient plus complexe pour les créanciers personnels d'un associé de saisir l'immeuble. Ils ne peuvent, en principe, saisir que les parts sociales détenues par leur débiteur. Cette distinction entre patrimoine personnel et patrimoine social permet de mettre à l'abri un bien immobilier familial ou un investissement locatif des aléas de la vie professionnelle ou des dettes privées. En structurant vos actifs via une SCI, vous créez un véritable écran de protection qui renforce la sécurité financière des membres de la société et assure la stabilité de la stratégie d'investissement immobilière choisie.

La rédaction des statuts : une étape cruciale pour définir les règles du jeu

La rédaction des statuts constitue le socle juridique de la SCI. Il ne s'agit pas d'une simple formalité administrative, mais de l'acte fondateur qui régit les relations entre les associés et définit les modalités de gestion de chaque bien immobilier détenu par la structure. Des statuts mal rédigés ou trop vagues peuvent s'avérer dangereux en cas de conflit ou de décès d'un associé. Il est donc impératif de personnaliser ces clauses pour coller aux objectifs spécifiques des fondateurs, qu'il s'agisse de l'acquisition d'une résidence secondaire, de la gestion de bureaux ou du développement d'un parc locatif résidentiel. En 2026, la précision des clauses statutaires est la garantie d'une SCI robuste et durable.

La définition de l'objet social et de la durée

L'objet social doit être rédigé avec soin pour permettre à la SCI de réaliser toutes les opérations nécessaires à la gestion de son bien immobilier. Il doit mentionner l'acquisition, l'administration, la location et éventuellement la revente des actifs. Attention cependant : une SCI ne doit pas avoir un objet commercial habituel (comme l'achat-revente systématique), sous peine d'être requalifiée fiscalement. La durée de la société est généralement fixée à 99 ans, mais elle peut être adaptée. Un objet social clair et précis évite toute contestation sur la légitimité des actes passés par la société et assure aux tiers, notamment les banques, que la SCI agit dans le cadre légal de ses compétences pour valoriser son bien immobilier.

L'étendue des pouvoirs du gérant

C'est dans les statuts que l'on définit la marge de manoeuvre du gérant de la SCI. On peut choisir de lui donner des pouvoirs très étendus pour faciliter la gestion quotidienne du bien immobilier, ou au contraire limiter sa capacité d'action pour certaines décisions stratégiques (vente du bien, souscription d'un emprunt important, travaux de rénovation majeurs). Il est fréquent d'insérer des clauses imposant l'accord préalable de l'assemblée générale pour les actes dépassant un certain montant. Cette répartition des pouvoirs est essentielle pour instaurer un climat de confiance entre les associés et garantir que la gestion du bien immobilier reste conforme à l'intérêt social et aux attentes de chaque actionnaire de la structure.

Les clauses d'agrément et de retrait

Pour préserver l'intuitu personae (le choix des membres) au sein de la SCI, les statuts intègrent souvent des clauses d'agrément. Celles-ci prévoient que toute cession de parts à un tiers, voire entre associés ou au profit d'héritiers, doit être soumise à l'approbation des autres membres. Cela évite qu'une personne étrangère à la famille ou au projet initial n'entre dans la société contre la volonté des autres. Parallèlement, définir les conditions de retrait d'un associé et les modalités de rachat de ses parts permet d'anticiper les séparations ou les besoins de liquidités. Ces clauses sécurisent la détention du bien immobilier en empêchant des tiers indésirables d'interférer dans les décisions sociales ou de forcer la vente de l'immeuble pour obtenir leur part.

Le choix du capital social et la détermination du siège social

Le capital social représente la valeur des apports effectués par les associés lors de la création de la SCI. Bien qu'aucun montant minimum ne soit imposé par la loi, ce choix a des conséquences directes sur la crédibilité de la société auprès des banques et sur la future répartition des bénéfices. Parallèlement, la fixation du siège social détermine la domiciliation fiscale et juridique de la structure. Ces deux éléments sont indissociables du projet de gestion du bien immobilier et doivent être réfléchis dès la phase de conception pour optimiser le fonctionnement de la société civile.

Capital fixe ou capital variable ?

Lors de la création de la SCI, les associés peuvent opter pour un capital fixe ou un capital variable. Le capital fixe est la forme la plus classique : toute modification du montant nécessite une modification des statuts et des formalités de publicité. Le capital variable, quant à lui, offre une plus grande souplesse en permettant d'augmenter ou de réduire le capital entre un seuil minimal et un seuil maximal (clause de variabilité) sans formalités pesantes. Pour une SCI destinée à acquérir régulièrement de nouveaux bien immobilier ou à accueillir de nouveaux associés, la variabilité peut être un atout stratégique pour limiter les frais administratifs et adapter la structure aux évolutions du patrimoine.

La portée des apports : numéraire et nature

Le capital d'une SCI se compose d'apports en numéraire (argent) ou d'apports en nature (un bien immobilier déjà possédé par l'un des associés). L'apport d'un immeuble nécessite l'intervention d'un notaire pour la publication au service de la publicité foncière. Le montant du capital social affiche la solidité de la société. Un capital trop faible (1 euro symbolique) peut être un frein pour obtenir un prêt immobilier, car les banques analysent le ratio entre la dette et les fonds propres. Il est donc souvent conseillé de fixer un capital cohérent avec l'envergure de l'actif géré afin de démontrer le sérieux du projet et de faciliter le financement du bien immobilier par les partenaires financiers.

L'importance stratégique du siège social

Le siège social de la SCI peut être établi au domicile du gérant, dans l'un des bien immobilier détenus par la société ou dans un local dédié. Cette adresse détermine la compétence des tribunaux en cas de litige et le centre des impôts dont dépend la société. Si le gérant est locataire de son logement, il doit vérifier que son bail ne s'oppose pas à la domiciliation de la société (souvent limitée à 5 ans dans ce cas). Choisir un siège social stable est primordial pour la réception des actes juridiques et comptables. Une domiciliation réfléchie participe à la bonne organisation de la SCI et assure une communication fluide avec les administrations tout au long de la vie de l'investissement immobilier.

Les formalités d'immatriculation : du dépôt des fonds à l'obtention du Kbis

L'immatriculation est l'étape qui donne naissance à la personnalité morale de la SCI. Tant que cette procédure n'est pas achevée, la société n'existe pas juridiquement et ne peut pas signer d'acte d'achat pour un bien immobilier en son nom propre. Le processus est rigoureux et nécessite la constitution d'un dossier complet à destination du Guichet Unique. En 2026, la dématérialisation des procédures a simplifié les échanges, mais la rigueur reste de mise pour éviter tout rejet du dossier, ce qui retarderait l'acquisition ou la mise en gestion de votre bien immobilier.

Le dépôt du capital et la publicité légale

La première démarche consiste à déposer les apports en numéraire sur un compte bancaire bloqué au nom de la SCI en formation. La banque délivre alors une attestation de dépôt des fonds, pièce indispensable pour la suite. Ensuite, les associés doivent publier un avis de constitution dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) habilité dans le département du siège social. Cette annonce informe les tiers de la création de la SCI et doit contenir des mentions obligatoires (dénomination, objet, siège, identité du gérant). Cette publicité est la garantie de la transparence de la structure qui va détenir et gérer le bien immobilier, permettant ainsi d'officialiser la démarche auprès de l'administration.

La déclaration des bénéficiaires effectifs

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent, toute SCI doit identifier et déclarer ses bénéficiaires effectifs (RBE). Il s'agit des personnes physiques qui détiennent, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exercent un pouvoir de contrôle sur la société. Cette formalité est obligatoire lors de l'immatriculation et doit être mise à jour à chaque changement significatif. Pour une SCI familiale gérant un bien immobilier, cela concerne généralement les parents et les enfants. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions pénales et bloquer les relations bancaires, rendant impossible le financement ou la gestion courante de l'actif immobilier.

Le dépôt du dossier au greffe et la réception du Kbis

Une fois les statuts signés, l'annonce légale publiée et le capital déposé, le dossier complet est transmis par voie électronique. Il comprend le formulaire de déclaration de création, les statuts, l'attestation de parution, le justificatif d'occupation du siège social et les pièces d'identité des dirigeants. Après vérification par le greffier du Tribunal de Commerce, la SCI est immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Elle reçoit alors son extrait Kbis et son numéro SIREN. Ce document est la "carte d'identité" de la société ; il est indispensable pour débloquer les fonds bancaires, souscrire aux assurances du bien immobilier et finaliser l'acte authentique d'achat chez le notaire.

Choisir entre l'impôt sur le revenu (IR) et l'impôt sur les sociétés (IS)

Le régime fiscal est l'un des arbitrages les plus complexes lors de la création d'une SCI. Ce choix impacte non seulement l'imposition des revenus locatifs générés par le bien immobilier, mais aussi la fiscalité en cas de revente (plus-values). Par défaut, une SCI est "transparente" et soumise à l'impôt sur le revenu, mais elle peut opter de manière irrévocable pour l'impôt sur les sociétés. Ce choix dépend de votre tranche marginale d'imposition, de la durée de détention envisagée pour le bien immobilier et de votre volonté de réinvestir ou de distribuer les bénéfices.

CritèresSCI à l'Impôt sur le Revenu (IR)SCI à l'Impôt sur les Sociétés (IS)
Imposition des bénéfices Directement chez les associés (TMI + prélèvements sociaux) Au niveau de la société (taux réduit ou normal)
Amortissement du bien Non autorisé Autorisé (réduit le bénéfice imposable)
Déductibilité des frais Limitée aux frais réels fonciers Largement étendue (frais de notaire, travaux...)
Calcul de la plus-value Régime des particuliers (abattement pour durée) Régime des professionnels (sur valeur comptable nette)

Le mécanisme de la transparence fiscale (IR)

Dans une SCI à l'IR, la société ne paie pas d'impôt elle-même. Les bénéfices (ou déficits fonciers) sont répartis entre les associés au prorata de leurs parts et imposés directement dans leur déclaration de revenus. Ce régime est avantageux si vous possédez un bien immobilier dont vous souhaitez profiter personnellement (résidence secondaire) ou si vous visez une détention longue. En effet, en cas de revente, vous bénéficiez du régime des plus-values immobilières des particuliers, avec une exonération totale d'impôt après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. C'est le choix de la simplicité et de la transmission patrimoniale familiale pour un bien immobilier de jouissance.

L'option pour l'impôt sur les sociétés (IS)

L'option pour l'IS transforme la SCI en une véritable structure commerciale d'un point de vue fiscal. L'atout majeur est la possibilité d'amortir le bien immobilier : chaque année, une fraction de la valeur de l'immeuble est déduite du bénéfice, ce qui permet souvent d'afficher un résultat fiscal nul ou très faible et donc de ne pas payer d'impôt pendant la phase de remboursement de l'emprunt. Cependant, à la revente, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable (prix d'achat moins amortissements), ce qui peut générer une taxation lourde. L'IS est donc préférable pour un bien immobilier de rendement destiné à être conservé très longtemps ou pour constituer un capital sans pression fiscale immédiate.

Les impacts sur les charges déductibles

Le régime choisi modifie la liste des dépenses que la SCI peut déduire de ses revenus locatifs. À l'IR, seules certaines charges énumérées par la loi (intérêts d'emprunt, taxe foncière, certains travaux) sont déductibles. À l'IS, la déductibilité est beaucoup plus large : on peut y intégrer les frais de notaire lors de l'acquisition du bien immobilier, les frais de création de la société et toutes les dépenses engagées dans l'intérêt de la structure. Cette différence de traitement comptable peut faire pencher la balance vers l'IS pour les projets nécessitant de gros travaux de rénovation ou des frais d'entrée importants. L'analyse du cash-flow net de la SCI est indispensable pour valider la rentabilité réelle du bien immobilier selon le régime fiscal retenu.

Les obligations de gestion annuelle : comptabilité et assemblée générale

Même si elle est civile, la SCI impose une rigueur de gestion pour conserver sa réalité juridique et fiscale. Négliger ces obligations peut entraîner la qualification de "société fictive", ce qui annulerait tous les avantages de la structure, notamment en cas de contrôle fiscal ou de litige successoral. Gérer un bien immobilier à travers une société nécessite donc d'accorder du temps au suivi administratif, à la traçabilité des flux financiers et à la vie sociale de l'entité. En 2026, des outils numériques facilitent ce suivi, mais la responsabilité du gérant reste entière.

La tenue d'une comptabilité rigoureuse

Bien que la loi soit souple pour les petites SCI à l'IR, la tenue d'une comptabilité est indispensable pour justifier de la répartition des bénéfices et des charges entre associés. Pour une SCI à l'IS, une comptabilité commerciale en partie double est obligatoire, nécessitant souvent l'intervention d'un expert-comptable. Dans tous les cas, il est fortement recommandé d'ouvrir un compte bancaire dédié pour séparer strictement les loyers et les charges du bien immobilier des comptes personnels des associés. Cette transparence comptable est le meilleur rempart pour prouver l'existence réelle de la SCI et sécuriser la gestion du patrimoine immobilier commun face aux administrations.

L'assemblée générale ordinaire annuelle (AGOA)

Chaque année, le gérant doit réunir les associés pour une assemblée générale destinée à approuver les comptes de l'exercice écoulé et décider de l'affectation du résultat (mise en réserve ou distribution). Cette réunion est l'occasion de faire le point sur l'état du bien immobilier, les travaux à venir ou la stratégie de location. Un procès-verbal (PV) doit être rédigé et consigné dans un registre spécial. Cette formalité, trop souvent négligée dans les SCI familiales, est pourtant capitale. Elle prouve que les décisions ne sont pas prises de manière arbitraire et que la société fonctionne conformément à ses statuts, garantissant ainsi la validité juridique de la structure détentrice du bien immobilier.

Le suivi des formalités fiscales et sociales

La SCI doit souscrire chaque année des déclarations spécifiques selon son régime fiscal (formulaire 2072 pour l'IR ou 2065 pour l'IS). Le gérant doit également s'assurer du paiement de la taxe foncière et, si le bien est loué, de la déclaration des revenus au niveau des associés. Par ailleurs, si la société possède un bien immobilier dont la valeur nette taxable globale dépasse le seuil légal, elle doit être intégrée dans la déclaration de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) des associés. Une veille constante sur les évolutions législatives est nécessaire pour que la SCI reste un outil de gestion performant et conforme aux attentes du fisc en 2026.

Apport d'un bien ou achat direct : les modalités de financement en SCI

Il existe deux façons principales de loger un bien immobilier dans une SCI : l'apport d'un immeuble déjà détenu par un associé ou l'achat direct par la société. Chaque méthode implique des mécanismes de financement et des coûts de transaction différents. Le choix dépend souvent de l'antériorité du patrimoine et de la capacité d'endettement de la structure. Pour réussir le financement de son bien immobilier en société, il faut comprendre comment les banques évaluent le risque d'une personne morale par rapport à celui d'un particulier.

L'apport d'un bien immobilier existant

Lorsqu'un associé décide d'apporter un bien immobilier qu'il possède déjà à la SCI, il reçoit en échange des parts sociales. Cette opération est considérée fiscalement comme une vente. Elle peut donc générer une imposition sur la plus-value pour l'apporteur. L'intervention d'un notaire est obligatoire pour transférer la propriété et mettre à jour le fichier immobilier. L'apport permet de structurer un patrimoine déjà constitué sans décaisser de trésorerie immédiate, tout en ouvrant le capital de la SCI à d'autres membres de la famille pour préparer une transmission future. C'est une méthode efficace pour transformer une propriété individuelle en un actif géré collectivement sous forme de SCI.

Le financement par emprunt bancaire

La SCI peut souscrire elle-même un prêt immobilier pour acquérir un nouveau bien immobilier. La banque analyse alors la capacité de remboursement de la société (les loyers prévus) mais aussi la solvabilité des associés. En effet, dans une SCI, les associés sont indéfiniment responsables des dettes sociales au prorata de leur participation. Les banques exigent quasi systématiquement une caution personnelle et solidaire des associés. Il est important de noter que les taux de crédit aux sociétés peuvent parfois différer de ceux des particuliers et que certains dispositifs d'aide (comme le prêt à taux zéro) ne sont pas accessibles à la SCI. Une étude comparative rigoureuse est nécessaire pour optimiser le coût du financement du bien immobilier.

Le compte courant d'associé : un outil de flexibilité

Pour financer l'apport initial, les travaux ou les échéances du prêt d'un bien immobilier, les associés peuvent prêter de l'argent à la SCI via un compte courant d'associé. Contrairement au capital social, ces fonds peuvent être remboursés à l'associé dès que la trésorerie de la société le permet (sauf clause de blocage bancaire). C'est un moyen très souple d'injecter des liquidités sans modifier les statuts. En 2026, l'utilisation du compte courant d'associé est une pratique courante pour soutenir la croissance de la SCI et assurer le bon entretien du bien immobilier en attendant que les revenus locatifs deviennent suffisants pour autofinancer la structure.

Questions fréquentes sur la création d'une SCI (FAQ)

Peut-on créer une SCI seul ?

Non, une SCI est par définition un contrat entre au moins deux personnes. Cependant, les associés peuvent être des personnes physiques ou morales. Dans certains cas spécifiques, une SCI peut devenir unipersonnelle suite au rachat de toutes les parts par un seul associé, mais elle doit régulariser sa situation dans un délai d'un an sous peine de dissolution. Pour gérer un bien immobilier seul, d'autres structures comme l'EIRL ou la SASU immobilière (soumise à d'autres règles) peuvent être envisagées, mais la SCI classique nécessite une pluralité d'associés dès sa fondation.

Quel est le coût moyen de création d'une SCI en 2026 ?

Le coût varie selon que vous rédigez les statuts vous-même ou que vous faites appel à un professionnel. Les frais incompressibles incluent l'annonce légale (environ 150-200 €) et les frais d'immatriculation au greffe (environ 70 €). Si un bien immobilier est apporté à la création, les frais de notaire et la taxe de publicité foncière s'ajoutent. Faire appel à un avocat ou un notaire pour la rédaction des statuts peut coûter entre 500 € et 2 500 €. C'est un investissement nécessaire pour garantir que la structure qui gérera votre bien immobilier sera juridiquement sécurisée dès le départ.

Une SCI peut-elle louer un bien en meublé ?

Une SCI peut louer un bien immobilier en meublé, mais cette activité est considérée comme commerciale par l'administration fiscale. Si les revenus issus de la location meublée dépassent 10 % des recettes totales de la société, la SCI bascule automatiquement et irrévocablement à l'impôt sur les sociétés (IS), même si elle était initialement à l'IR. Pour conserver le bénéfice de l'IR tout en faisant du meublé, il faut souvent se tourner vers d'autres montages comme la SARL de famille, car la SCI est avant tout destinée à la location nue (civile).

Est-il obligatoire de nommer un commissaire aux comptes ?

Pour la grande majorité des SCI gérant un bien immobilier familial ou de petite taille, le commissaire aux comptes n'est pas obligatoire. L'obligation ne survient que si la société dépasse certains seuils significatifs (total du bilan, chiffre d'affaires, nombre de salariés). Néanmoins, pour des structures détenant un patrimoine immobilier très important ou ayant des montages financiers complexes, la désignation volontaire d'un commissaire aux comptes peut rassurer les associés et les tiers sur la sincérité de la gestion du bien immobilier et des flux financiers associés.

Que devient la SCI en cas de décès d'un associé ?

Par principe, la SCI continue d'exister. Les parts sociales du défunt entrent dans sa succession et sont transmises à ses héritiers. C'est ici que les clauses d'agrément prévues dans les statuts jouent un rôle majeur : elles permettent aux associés survivants de choisir s'ils acceptent les héritiers au sein de la société ou s'ils préfèrent leur racheter leurs parts. Cette souplesse évite que le décès d'un membre ne provoque l'éclatement du patrimoine et garantit que le bien immobilier reste sous le contrôle des personnes initialement impliquées dans le projet.

Peut-on transformer sa résidence principale en SCI ?

Oui, il est possible de détenir sa résidence principale via une SCI. Cela permet d'anticiper la transmission du bien immobilier aux enfants. Toutefois, cela fait perdre certains avantages liés à la détention directe par un particulier, comme l'abattement de 30 % sur la valeur du bien pour le calcul de l'IFI (sauf cas particuliers) ou certaines aides au financement. De plus, la SCI doit rester à l'IR pour que les associés puissent continuer à occuper le logement gratuitement sans que cela soit considéré comme un avantage en nature imposable.

Une SCI peut-elle être créée entre époux ?

Absolument, la SCI entre époux est très fréquente, qu'ils soient mariés sous le régime de la séparation de biens ou de la communauté. Elle permet de protéger le conjoint survivant, notamment par l'insertion d'une clause de tontine ou par le démembrement de propriété. En cas de divorce, la gestion du bien immobilier est simplifiée par les statuts par rapport à une indivision post-communautaire souvent conflictuelle. La SCI offre un cadre stable pour la gestion des actifs immobiliers du couple et facilite la transmission ultérieure aux enfants communs.

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