Définition - Privatisation
La privatisation est l'opération par laquelle l'État cède tout ou partie de sa participation dans une entreprise publique à des investisseurs privés, transférant le contrôle de l'entreprise du secteur public vers le secteur privé.
La privatisation peut s'effectuer par plusieurs voies : introduction en bourse de la totalité ou d'une fraction du capital (offre publique de vente – OPV), cession de gré à gré à un repreneur industriel ou financier, ou cession progressive par blocs d'actions sur le marché. En France, les grandes vagues de privatisation ont eu lieu en 1986-1988 (gouvernement Chirac : Saint-Gobain, Paribas, Société Générale), en 1993-1997 (BNP, Elf, Renault) et dans les années 2000 (autoroutes, aéroports). Chaque opération est autorisée par la loi et supervisée par une commission indépendante fixant le prix plancher de cession.
Les arguments en faveur de la privatisation incluent l'amélioration de l'efficience de gestion par la discipline du marché, l'apport de capitaux privés pour financer le développement, la réduction de la dette publique grâce au produit des cessions et le développement de l'actionnariat populaire. Les critiques pointent la perte de contrôle de l'État sur des secteurs stratégiques, le risque de recherche de rentabilité à court terme au détriment du service public et la sous-évaluation fréquente des actifs cédés. La notion de « noyau dur » d'actionnaires stables a été utilisée en France pour concilier privatisation et préservation des intérêts nationaux.
À retenir
- La privatisation transfère la propriété d'une entreprise publique vers des investisseurs privés.
- Elle s'effectue par introduction en bourse, cession de gré à gré ou ventes progressives.
- Elle vise l'efficience et la réduction de la dette, mais suscite des débats sur le contrôle stratégique.