Banque mobile : un modèle en pleine expansion, qui comporte aussi des risques

Mickaël Touré • 28 Octobre 2019 • 11:59

L'arrivée des banques mobiles a profondément modifié le paysage bancaire. Toujours plus conquérantes, elles ne parviennent pourtant pas toutes à survivre. Explications.

Banque mobile : un modèle en pleine expansion, qui comporte aussi des risques

Aujourd'hui, l'ère de la banque en ligne semble bel et bien lancée. Des firmes comme Boursorama ou ING revendiquent plus d'un million de clients et parviennent même à convaincre les plus grandes stars hollywoodiennes de promouvoir leur marque.

La donne est légèrement différente pour les banques mobiles, plus récentes sur le marché. Bien que certaines d'entre elles comme N26 ou Revolut connaissent un succès retentissant, pour d'autres la donne est autrement plus compliquée. Certaines connaissent même des échecs cuisants.

Alors que le paysage financier est toujours plus concurrentiel, ces fintech tentent de s'imposer en misant sur un investissement souvent conséquent, mais pas toujours payant.

Un simple effet de mode ?

En effet, nombreuses sont les fintech qui ont tenté de proposer un service à prix cassé dans l'optique de concurrencer les banques. Pour beaucoup, cela s'est traduit par un échec plus ou moins retentissant.

On peut par exemple citer l'exemple de la néo-banque Fidor, rachetée en 2016 par le groupe Banque Populaire Caisse d'Épargne (BPCE) avec des objectifs très élevés. Quatre ans plus tard, le bilan est beaucoup moins optimiste. La fintech a fermé en septembre et ne compte plus que 200 000 clients en Allemagne.

Au final, la BPCE aura dépensé près de 340 millions d'euros dans la néo-banque entre les 140 millions nécessaires à son acquisition et deux augmentations de capital de 90 et 110 millions d'euros. Alors que la BPCE a failli revendre Fidor l'été dernier, les tractations n'ont pas abouti. Durant ce même été, la néo-banque Ipagoo, lancée en France en 2017, a quant à elle été placée sous administration judiciaire et a dû suspendre ses activités. De même, C-zam, la néo-banque du groupe Carrefour peine à atteindre les 150 000 clients deux ans après son lancement.

Des mésaventures répétées qui pose une question : investir dans les néo-banques serait-il un simple effet de mode ?

Des investisseurs prêts à de lourdes dépenses

Même si la question peut paraître exagérée, elle mérite tout de même d'être posée. En effet, le modèle de la banque mobile à tout pour séduire. Les clients comme les investisseurs. Pourtant, dans les faits, le modèle économique de ce type de banques suppose avant tout que des actionnaires acceptent de perdre beaucoup d'argent avant d'entrevoir de grandes possibilités.

Car il existe bien des néo-banques qui fonctionne. La banque mobile N26 possède plus d'un million de clients en France (3,5 millions dans toute l'Europe), et réalise souvent des levées de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars.

Dans la même veine, Revolut compte quant à elle 8 millions de clients (dont 500 000 en France) et tentent désormais de conquérir le marché américain tout en réalisant une levée de fond de plus d'un milliard de dollars. Leur secret ? Pouvoir s'appuyer sur un large réseau où le bouche à oreille fonctionne parfaitement.

Néanmoins, malgré leur succès, leur modèle économique semble encore à définir. Malgré une gamme de produits restreintes, elles peuvent s'appuyer sur certains leviers comme la non-facturation des frais de paiement à l'étranger.

Problème, les banques en ligne comme Boursorama ou Fortuneo proposent désormais le même type d'offre. Elles ont également l'avantage de présenter les tarifs les plus compétitifs selon une étude de KPMG.

Alors que de plus en plus de consommateurs décident de faire de la banque en ligne, leur banque principale, le chemin semble encore long et sinueux pour les néo-banques...

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