Baromètre de l'inclusion financière : le bilan contrasté de l'année 2025

Les derniers indicateurs de la Banque de France révèlent une tension accrue sur la santé financière des ménages français au terme de l'année 2025. Si le recours au droit au compte recule, les dépôts de dossiers de surendettement affichent une progression inquiétante qui mobilise massivement les services d'accompagnement.
Une recrudescence marquée des situations de précarité financière
L'année 2025 s'achève sur un constat de fragilité pour de nombreux foyers. Selon les données publiées par la Banque de France, les commissions de surendettement ont réceptionné un total de 148 013 dossiers sur l'ensemble de l'exercice. Ce volume représente une accélération de 9,8 % par rapport aux statistiques de l'année précédente, confirmant une difficulté croissante pour une partie de la population à honorer ses engagements financiers.
Parallèlement, le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) témoigne d'une stabilité relative mais orientée à la hausse. Les nouvelles inscriptions y ont progressé de 0,7 % en un an. Cette légère augmentation suggère que, si les défauts de paiement sur les crédits ne s'envolent pas de manière exponentielle, la pression sur le budget des ménages reste constante et préoccupante.
| Indicateurs de fragilité (Source : Banque de France) | Volume / Évolution 2025 vs 2024 |
|---|---|
| Dépôts de dossiers de surendettement | 148 013 (+ 9,8 %) |
| Nouvelles inscriptions au FICP | + 0,7 % |
| Nouvelles inscriptions au FCC (Chèques) | - 11,5 % |
| Désignations de droit au compte | - 20,5 % |
Évolution des usages bancaires et sollicitation des services d'aide
À l'opposé de la dynamique du surendettement, certains indicateurs traditionnels de difficulté bancaire affichent un repli significatif. Les inscriptions au Fichier central des chèques (FCC) chutent de 11,5 %, une baisse qui s'explique en partie par le déclin structurel de l'usage du chèque au profit des paiements numériques. De même, les demandes de droit au compte - procédure permettant d'obtenir l'ouverture forcée d'un compte bancaire - ont dégringolé de 20,5 % sur un an, illustrant une meilleure insertion bancaire initiale ou un recours à des alternatives de paiement dématérialisées.
Toutefois, ce besoin de stabilité financière se traduit par une sollicitation record des dispositifs d'information. La Banque de France a enregistré près de 2 120 000 demandes d'assistance ou de renseignements via ses différents canaux (accueil physique, plateforme téléphonique 3414 et portail web). Cette hausse de 7 % des sollicitations par rapport à 2024 démontre que les particuliers cherchent activement à anticiper leurs difficultés ou à mieux comprendre les mécanismes d'inclusion financière mis à leur disposition.
Une nécessaire vigilance face à la dégradation des bilans familiaux
La forte progression des dossiers de surendettement, proche de la barre des 10 %, souligne l'importance des dispositifs de médiation et d'éducation budgétaire. Malgré la baisse des incidents liés aux chèques, la mutation des dettes vers des charges fixes ou des crédits à la consommation semble se confirmer. Cette situation impose une vigilance accrue des acteurs bancaires et sociaux pour identifier plus précocement les signaux de détresse financière avant que le dépôt d'un dossier en commission ne devienne l'unique issue.
L'augmentation de l'activité multicanale de la Banque de France est, à cet égard, un signal positif : elle prouve que le réflexe de l'accompagnement progresse. En 2026, l'enjeu majeur résidera dans la capacité des institutions à transformer ce besoin d'information en solutions concrètes pour freiner la dynamique des inscriptions au surendettement et stabiliser le reste à vivre des ménages les plus exposés aux aléas économiques.