Baromètre du pouvoir d'achat : les Français entre résilience et restrictions budgétaires

Bien que la pression financière semble s'alléger par rapport aux années noires de l'inflation, le quotidien des foyers français reste marqué par une vigilance de chaque instant. Une récente enquête révèle une amélioration relative du moral économique, tout en soulignant des renoncements concrets qui redessinent les habitudes de consommation.
Une amélioration progressive du ressenti économique des foyers
Le dernier baromètre réalisé par l'institut Elabe pour BFM TV en ce début d'année 2026 montre une tendance à la stabilisation. Si 56 % des citoyens estiment toujours que leurs capacités financières se sont dégradées récemment (dont un peu plus d'un cinquième de manière marquée), ce chiffre est en net retrait. À titre de comparaison, ils étaient 65 % à partager ce constat l'an passé et 73 % au plus fort de la crise en 2022.
Cette détente se reflète également dans la gestion des comptes bancaires. Le nombre de personnes se déclarant à découvert aux alentours du 17 du mois est tombé à 26 %, soit une amélioration de 4 points sur un an. Par ailleurs, 77 % des sondés déclarent encore se « serrer la ceinture », un chiffre élevé mais qui recule de 3 points depuis l'été 2025. Pour ceux dont le budget reste asphyxié par des mensualités trop lourdes, le regroupement de prêts apparaît souvent comme une bouffée d'oxygène, permettant de lisser les remboursements sur une période plus longue malgré un coût total mécaniquement plus élevé.
| Indicateur de perception | Janvier 2026 | Évolution / Historique |
|---|---|---|
| Sentiment de baisse du pouvoir d'achat | 56 % | -9 pts vs 2025 |
| Français déclarant se "serrer la ceinture" | 77 % | -3 pts vs juin 2025 |
| Population à découvert vers le 17 du mois | 26 % | Plus bas niveau depuis 2025 |
Des arbitrages de consommation qui impactent l'alimentation
Malgré ces indicateurs en légère amélioration, les privations demeurent une réalité pour 72 % des Français. Les sorties et les loisirs arrivent en tête des coupes budgétaires : 41 % ont réduit leurs achats de vêtements, 39 % leurs visites au cinéma et 38 % leurs départs en vacances. Plus préoccupant, la précarité énergétique touche encore 28 % de la population qui restreint son chauffage, tandis que 30 % limitent leurs achats alimentaires essentiels.
Face aux rayons des supermarchés, 81 % des consommateurs ont adopté des stratégies d'optimisation. La chasse aux promotions est devenue la norme pour plus de la moitié d'entre eux (51 %), tandis que les marques de distributeurs séduisent 39 % des acheteurs. Le contenu des assiettes change radicalement : la viande et le poisson sont les premiers produits sacrifiés, respectivement par 32 % et 23 % des ménages, illustrant un glissement vers des régimes alimentaires dictés par le portefeuille plutôt que par les préférences personnelles.
Une transformation structurelle des modes de vie
Au-delà des simples chiffres, ces données révèlent une transformation profonde et sans doute durable du rapport à la consommation. Le reflux de l'inflation ne signifie pas un retour à l'insouciance. Les Français ont intégré des réflexes de gestion plus stricts, privilégiant l'essentiel et optimisant chaque dépense. Cette résilience forcée montre que, si le pire de la crise semble passé, les séquelles sur le niveau de vie global demandent encore du temps pour s'estomper totalement.