Bilan du PIB 2025 : la France maintient le cap dans un contexte instable

L'économie tricolore fait preuve de résilience en affichant une progression de son activité conforme aux prévisions pour l'année 2025. Si l'investissement public et le secteur du logement soutiennent l'édifice, la frilosité persistante des consommateurs et un commerce extérieur déficitaire appellent à la prudence.
Les moteurs de l'activité économique et le rôle des dépenses publiques
Au terme de l'année 2025, la France affiche une hausse de sa richesse nationale de 0,9 %. Selon les premières estimations communiquées par l'Insee, la fin d'année a été marquée par un léger ralentissement, avec une hausse du PIB de 0,2 % au dernier trimestre, succédant au bond de 0,5 % enregistré durant l'été. Ce résultat global doit beaucoup à la demande interne, qui a généré 0,7 point de croissance sur l'année.
Cette performance repose en grande partie sur le dynamisme des administrations publiques, dont les dépenses ont progressé de 1,7 %. Parallèlement, le secteur immobilier montre des signes de stabilisation encourageants : après une longue période de crise, l'investissement des foyers dans l'habitat neuf cesse enfin de reculer. En revanche, le monde de l'entreprise reste sur la réserve avec un investissement quasi stationnaire à +0,1 %, tandis que la balance commerciale pénalise l'ensemble avec un impact de -0,5 point, conséquence d'importations bien plus vigoureuses que les exportations.
| Indicateur Économique (Insee) | Variation / Valeur |
|---|---|
| Croissance annuelle du PIB 2025 | + 0,9 % |
| Dépenses publiques | + 1,7 % |
| Contribution du commerce extérieur | - 0,5 pt |
| Taux d'épargne (T3 2025) | 18,4 % |
Arbitrages budgétaires et prudence accrue des foyers français
Malgré ces chiffres globalement positifs, le moteur de la consommation domestique s'essouffle. Les ménages, confrontés à un environnement international et politique flou, privilégient massivement l'épargne de précaution. Le taux de mise en réserve a d'ailleurs atteint 18,4 % du revenu disponible à la fin du troisième trimestre 2025. Cette méfiance se traduit par un repli des achats de biens durables et d'équipements pour la maison, ces derniers ayant chuté de 0,7 % en fin d'année.
Le mois de décembre a été particulièrement révélateur de cette fragilité avec une baisse des volumes de consommation de 0,6 %. Cette tendance s'explique par un désintérêt marqué pour les produits manufacturés et les véhicules neufs. Si le quatrième trimestre reste techniquement dans le vert (+0,4 %), la dynamique de fin d'année suggère que la gestion du budget familial est devenue une priorité défensive pour de nombreuses familles, freinant de fait une reprise plus vigoureuse de l'économie nationale.