Épargne : le combat contre l'escroquerie en ligne s'intensifie en 2020

Malu Benjamin • 03 Janvier 2020 • 11:38

Protéger les investisseurs et les épargnants sur Internet est tâche ardue. Les pièges se multiplient, se diversifient et se raffinent. Quels moyens utilisent aujourd'hui les arnaqueurs ? Quels dispositifs existent pour s'en protéger ?

Épargne : le combat contre l'escroquerie en ligne s'intensifie en 2020Face à l'augmentation des escroqueries en ligne, l'AMF se mobilise.

Les taux actuels de rémunération de l'épargne traditionnelle - historiquement bas - poussent les particuliers à vouloir accroître le rendement de leurs fonds ailleurs. Avec un Livret A à seulement 0,75 %, ils cherchent des solutions alternatives. Et les escrocs profitent de cette demande pour tromper et manipuler les moins informés. Les épargnants plus âgés sont les plus touchés : on estime que 80 % des sommes perdues l'année dernière appartenait aux plus de 50 ans.

Une affaire épineuse ?

Les techniques utilisées par les fraudeurs sont nombreuses. On a constaté une recrudescence des sites usurpateurs de nom, qui profitent de la confiance des clients en des acteurs effectivement légitimes. Les marchés touchés se diversifient eux aussi. Celui des crypto-actifs en particulier est fortement atteint, ce qui a mené à un durcissement de sa réglementation dans l'élan de la Loi Pacte du 22 mai 2019.

Cette Loi Pacte, visant entre autres à augmenter le champ d'action des organismes de fiscalisationvient faciliter l'investigation à l'étranger aux côtés la Loi Sapin II (2016). Elles suppriment ainsi plusieurs conditions de poursuite. Ces mesures se sont montrées nécessaires, alors qu'une des méthodes préférées des usurpateurs est de déplacer les sommes soutirées de compte en compte et de pays en pays, hors de portée de la justice française. Mais ces politiques n'ont pas encore porté leurs fruits : les résultats restent faibles.

En revanche, les mesures prises par les Marchés d'Instruments Financiers européens connaissent, elles, un franc succès. Suite à l'interdiction de vente des options binaires - outil permettant de parier sur les fluctuations d'un indice - aux investisseurs à détail, les réclamations ont déjà diminué d'environ 50% depuis 2017. Succès similaire pour les restrictions ajoutées à aux CFD, qui interdisent la publicité et obligent les courtiers à avertir leurs clients des risques de ce mécanisme.

Vers l'éducation financière

La prévention reste la meilleure arme contre les sites frauduleux. L'AMF (Autorité des marchés financiers) et l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) s'unissent actuellement pour étendre les systèmes d'agrément et d'inscription des entreprises proposant des services financiers sur les listes officielles.

Consultables par le public, ces listes permettent d'identifier les sites légitimes et pratiquant leur activité dans un cadre légal. C'est le cas par exemple du Registre Regafi ou du décret PSAN (sur les prestataires de services numériques), paru le 25 novembre dernier. Ces autorités mettent également en place des listes noires, recensant les sites frauduleux afin d'avertir les particuliers. Enfin, ces institutions misent sur des campagnes de mise en garde, toujours plus importantes.  

 

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