Fiscalité : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Emmanuel Macron

La Rédaction • 26 Avril 2019 • 14:35

Hier soir, à l'Elysée, Emmanuel Macron s'est exprimé en réponse à la gronde des Français. Devant la presse, il a donc apporté ses conclusions au Grand débat National et annoncé plusieurs mesures.

Fiscalité : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Emmanuel Macron

Son allocution était particulièrement attendue. À l'origine prévue la semaine dernière, la conférence de presse avait finalement été décalée suite à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Après plusieurs mois d'agitations incarnés par le mouvement des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron a donc pris la parole pour expliquer les mesures envisagées pour répondre aux attentes des Français. Cette longue intervention télévisée se voulait le point d'orgue du Grand Débat National lancé le 15 janvier dernier.

C'est d'ailleurs vis-à-vis du débat que le président de la République s'est d'abord exprimé. Il a ainsi estimé avoir tiré de nombreux enseignements de cette consultation citoyenne :

 « J'ai beaucoup appris du grand débat, a affirmé Emmanuel Macron. J'éprouve une grande fierté d'avoir vu pendant des mois nos concitoyens prendre part à ces débats, proposer, réfléchir. J'ai moi-même beaucoup appris de notre pays, aux côtés des maires, et sur la fonction qui est la mienne ».

Il a ensuite détaillé les mesures qui seront mises en oeuvre pour répondre aux espérances des citoyens, notamment de ceux qui peuvent ressentir « un sentiment d'abandon ».

Une baisse des impôts sur le revenu confirmée

Au niveau fiscal, Emmanuel Macron a annoncé vouloir baisser l'impôt sur le revenu. "Je ne veux pas de hausse d'impôts et je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impôt sur le revenu", a-t-il ainsi assuré.

Se déclarant conscient du profond sentiment d'injustice fiscal des Français, il a estimé que ce serait "au gouvernement de définir le quantum" mais que "si on réussit à baisse, en plus de ce qui a été fait et prévu, de 5 milliards ce sera un geste significatif pour l'ensemble de ceux qui contribuent".

Une baisse de 5 milliards d'euros donc, qui devrait surtout concerner les classes moyennes. Le financement de cette mesure devrait être possible grâce à la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises et la « nécessité de travailler davantage ».

La suppression d'un jour férié et la réduction de certaines dépenses publiques ne sont pas à exclure également.

L'ISF ne sera pas rétablit

Toujours au niveau fiscal, la suppression de l'ISF a fait grand bruit. Pour rappel, il fut remplacé en 2018 par l'Impôt sur la Fortune immobilière. Son rétablissement est l'une des réclamations principales des Gilets Jaunes.

Pourtant, le président reste inflexible. En effet, Emmanuel Macron a expliqué qu'il ne souhaitait pas revenir sur l'ISF. Il a même tenu à défendre sa mesure en expliquant que l'IFI n'était pas une suppression de l'Impôt sur la Fortune mais une modification avec une contribution basée sur le patrimoine immobilier.

Ainsi Emmanuel Macron a expliqué que ce nouvel impôt avait pour but d' « encourager l'investissement, l'activité des usines, la production». Cela étant, le chef de l'état a annoncé une évaluation des effets de la réforme.

Elle aura pour but de vérifier si les contribuables exonérées investissent vraiment dans l'économie Française. Dans le cas contraire une modification pourra être évaluée.

Une prime exceptionnelle défiscalisée

Par ailleurs, le président a annoncé la reconduction de la prime exceptionnelle défiscalisée déjà versée à deux millions de salariés en 2018 avec un montant moyen de 450€.

Ce dispositif avait été mis en place en fin d'année dernière pour répondre à la crise des Gilets Jaunes. Selon le président, cette prime « sans charges, ni impôts » a contribué «corriger les injustices ».

Exonérée d'impôt sur le revenu, de cotisations sociales patronales et salariales et de prélèvements sociaux, elle s'adressait à ceux dont la rémunération en 2018 était inférieure à trois Smic, soit environ 3.600 euros net.

Prélèvement automatique des pensions alimentaires non versées

Sur un sujet un peu plus social, le président a annoncé une mesure visant le non-paiement des pensions alimentaires. La CAF pourra ainsi prélever directement les pensions non payées par les anciens conjoints.

Une agence chargée du recouvrement existe déjà (l'Aripa), malheureusement, elle ne rencontre pas le succès escompté. On estime que seulement 12% des victimes se tournent vers cet organisme.

Les chiffres du non-versement des pensions alimentaires atteignent 40%. Dans 93 % des cas, cela concerne les mères célibataires. Le chef de l'État a ainsi déclaré qu' « on ne pouvait pas faire reposer sur les mères seules l'incivisme de leurs anciens conjoints ».

Ré-indexation des retraites de moins de 2000 euros sur l'inflation

Cette mesure était annoncée depuis plusieurs mois, elle a bien été confirmée par Emmanuel Macron. Les retraites de moins de 2000€ seront réindexées sur l'inflation dès le 1 janvier 2020.

« Au 1er janvier prochain, je souhaite que nous réindexions (sur l'inflation, ndlr) les retraites de moins de 2.000 euros », a indiqué le chef de l'État.

Cette annonce vient compléter l'annulation de la hausse de la CSG déjà annoncé en décembre dernier. Il a d'ailleurs annoncé que l'âge de la retraite serait maintenu à 62 ans.

Une retraite minimale à 1000 euros

Toujours sur les retraites, Emmanuel Macron souhaite que la retraite minimale pour une carrière complète soit portée à 1000€.

"Je veux que le minimum contributif, la retraite minimale qu'on touche quand on a travaillé durant sa vie, ça soit 1.000 euros" a ainsi déclaré le président.

Ce montant sera un montant qui sera également supérieur au minimum vieillesse qu'il a promis de relever à 900 euros l'an prochain.

Pas de suppression des jours fériés 

Enfin, l'idée était dans l'air mais il n'en sera rien. L'idée d'un deuxième jour férié travaillé pour financer la dépendance n'a finalement pas été retenue par le président de la République.Emmanuel Macron a en effet déclaré qu'il n'y était pas favorable.

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