Immobilier : l'assurance de prêt plus onéreuse que le crédit ?

Mickaël Touré • 24 Juillet 2019 • 15:15

En raison de la baisse historique du taux des crédits immobiliers, l'assurance-emprunteur peut dans certaines situations s'avérer plus chère que le crédit lui-même.

Immobilier : l'assurance de prêt plus onéreuse que le crédit ?Le prix de l'assurance-emprunteur supérieur au coût du crédit

Le temps passe, mais les taux ne semblent pas décidés à remonter. En juin, la baisse des taux immobiliers a une nouvelle fois atteint des records avec un taux moyen à 1,25 %, toute durée de prêt confondue.

Conséquence surprenante de cette baisse : le taux assurance-emprunteur commencerait peu à peu à devenir plus onéreux que le crédit lui-même. Dans les faits, les tarifs des assurances n'ont pas augmenté. Pourtant, le poids de l'assurance dans le coût total du crédit n'a jamais été aussi élevé.

L'assurance-emprunteur représente un tiers du budget de l'emprunteur

Bien qu'exceptionnelle, la situation actuelle n'est pas inédite. Seulement, la part de l'assurance de prêt dans un crédit immobilier n'a jamais atteint de tels sommets. Selon plusieurs experts, le coût de l'assurance pourrait grimper jusqu'à un tiers du budget de l'emprunteur.

Ainsi, actuellement, un couple ne présentant aucuns risques aggravés de santé, voulant emprunter une somme de 300.000 € sur 20 ans au taux fixe (hors assurance) de 0,80 % et qui souhaite être couvert à hauteur de 50 % par tête sur toutes les garanties (décès, invalidité, incapacité, arrêt de travail, option dos et psy) paiera une assurance emprunteur représentant 11 % du coût total de l'emprunt dans le cadre d'un contrat délégué. Dans le cadre d'une assurance groupe (lorsqu'elle est souscrite dans la banque proposant le prêt), l'assurance emprunteur représentera 27 % du coût total de l'emprunt.

De plus, depuis le 1er janvier 2019, l'exonération de la taxe sur la garantie décès des contrats d'assurance-emprunteur a été supprimée pour tous les nouveaux contrats signés à partir de cette date.

Cela signifie que, désormais, la couverture décès de l'assurance-emprunteur est taxée aux alentours de 9 %, soit un surcoût de 36 € par an pour un crédit de 100.000 euros sur 15 ans.

Faire jouer la concurrence

Malgré ce constat, il est tout de même possible de faire baisser le coût de l'assurance. En effet, depuis la loi Sapin II et l'amendement Bourquin, il est désormais possible de changer d'assurance-emprunteur chaque année à la date anniversaire.

Cette loi permet donc de renégocier sereinement le coût de son assurance de prêt ou carrément de changer d'organisme. Concrètement, cela pourra se traduire, dans certains cas, par une division par trois du coût de l'assurance.

Malheureusement, à l'heure actuelle, les banques ne jouent pas forcément le jeu. Le marché de ce type d'assurances représente plusieurs milliards d'euros. Récemment le sénateur Martial Bourquin a indiqué sa volonté de renforcer la loi, afin de forcer les banques à se conformer aux règles en vigueur.

 

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