Mal-logement : la Fondation l'Abbé Pierre veut sensibiliser davantage les politiques

Jacques-Olivier Busi • 31 Janvier 2017 • 11:37

Dans son rapport annuel rendu public mardi, la Fondation l'Abbé Pierre tient à continuer son combat contre le mal-logement, situation touchant 4 millions de personnes en France. Elle compte donc jouer un rôle important pour accentuer le débat dans la sphère politique en vue de l'élection présidentielle.

Mal-logement : la Fondation l'Abbé Pierre veut sensibiliser davantage les politiquesAu total, 15 mesures pour lutter contre le mal-logement sont retranscrites dans ce rapport.

"4 millions de personnes sont sans abri, mal logées ou sans logement personnel". C'est avec ce constat que la Fondation l'Abbé Pierre a ouvert sa 22ème édition du rapport annuel sur l'état du mal-logement en France. 15 millions de personnes seraient même touchées à différents degrés par cette crise du logement. Des chiffres en hausse, expliqués par "la hausse des prix de l'immobilier des années 2000 et le déclenchement de la crise économique en 2008".

De plus, le rapport met en lumière le fait que les locataires continuent à payer leurs loyers. Néanmoins, les prix ont augmenté et les locataires ont préféré faire des concessions. Près de la moitié d'entre eux ont donc préféré se priver de chauffage. Ils sont donc beaucoup plus nombreux à avoir froid dans leur logement. Sans compter que le nombre d'expulsions locatives avec le concours de la force publique a atteint "son record en 2015, avec 14.363 expulsions, un chiffre en hausse de 33% par rapport à 2006".

Un bilan du quinquennat en demi-teinte

La Fondation reconnaît des efforts fournis lors du quinquennat de François Hollande pour lutter contre le mal-logement. Elle parle de "graines indéniablement semées" mais jugées insuffisantes pour endiguer ce phénomène, "faute de priorité budgétaire accordée à ce sujet". D'autant plus que le président de la République avait signé le "Contrat social pour une nouvelle politique du logement", proposée par la Fondation, avant les élections présidentielles en 2012. Ce Contrat parlait de la production de 500.000 logements par an dont 150.000 sociaux. Ces objectifs sont loin d'être atteints aujourd'hui, alors que le gouvernement s'est satisfait de son bilan.

"La majorité des mesures esquissées ou mises en oeuvre ces dernières années mériteraient d'être poursuivies et amplifiées avec un volontarisme adapté à l'urgence de la situation", précise le rapport. La Fondation espère donc que les partis politiques et donc les candidats mettront le logement au coeur des débats au lieu de "temporiser plutôt que tout faire pour faire respecter le droit au logement".

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Peser sur les programmes des candidats à l'élection présidentielle

Cette initiative vient compléter sa campagne lancée en septembre dernier, intitulée "On attend quoi", permettant de chercher des solutions efficaces via une plateforme en ligne. Mais avec ce rapport de 400 pages, la Fondation l'Abbé Pierre veut "changer de stratégie" selon Christophe Robert, délégué général de la Fondation. Elle recommande notamment la mobilisation du parc privé, la transparence dans l'attribution des logements sociaux ou encore un renforcement de l'encadrement des loyers.

Au total, 15 mesures pour lutter contre le mal-logement sont retranscrites dans ce rapport. Ce dernier va être présenté, ce mardi, à l'espace Grande Arche de la Défense à Puteaux (92). Seront conviés l'actuelle ministre du Logement Emmanuelle Cosse et les candidats à l'élection présidentielle : François Fillon (LR), Jean-Luc Mélenchon ("La France insoumise"), Benoît Hamon (PS), Emmanuel Macron ("En Marche !") et Yannick Jadot (Europe Ecologie-les Verts).

Seule Marine Le Pen (FN) n'a pas été invitée, "nous avons de trop profonds désaccords avec ce parti", précise Christophe Robert. Chaque personnalité devra ensuite se prononcer sur le sujet pendant trente minutes. Le but de cette réunion est d'engager les candidats à prendre de réelles décisions sur le sujet, contrairement au "Contrat social" signé par les candidats en 2012. C'est bien ici que le bât blesse puisque pour le moment, les programmes logement des différents candidats sont plus qu'obscures et indécis.

Crédits: Fondation Abbé Pierre

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