Des marchés du crédit immobilier très hétérogènes en Europe

Johan Garcia • 17 Juin 2014 • 13:05

Les encours des crédits immobiliers ont bien connu une croissance en Europe en 2013 selon la dernière étude du Crédit Foncier, présentée mardi 17 juin. Une étude qui met en lumière des différences flagrantes entre pays européens sur l'endettement des ménages ou encore les volumes des dettes immobilières. Une Europe du crédit, morcelée en autant de marchés que de pays.

Des marchés du crédit immobilier très hétérogènes en EuropeLes neufs premiers pays concentrent ainsi 91% des encours européens

+2,6%. C'est l'évolution du montant global des encours des crédits immobiliers dans l'Union Européenne, c'est-à-dire des sommes encore dues (capital et intérêts) par les ménages emprunteurs, d'après une étude dévoilée à Paris, ce mardi 17 juin, par le Crédit Foncier.

Au total, le montant des encours atteint 5832 milliards d'euros selon ces résultats, qui font apparaitre des disparités très importantes entre les différents pays européens.

Pas d'équilibre géographique

C'est le premier constat de cette étude. Si l'encours progresse, ce n'est pas du tout de la même manière selon les pays. Alors que l'Allemagne et le Royaume-Uni représentent 29% de la population européenne, ces deux pays concentrent, à eux seuls, 40% des encours des prêts immobiliers.

Si l'on y ajoute la France et l'Espagne, soit la moitié de la population de l'UE, les deux tiers des encours sont atteints. Comme l'explique Nicolas Pécourt, Directeur de la communication du Crédit Foncier, « le marché du crédit immobilier en Europe est extrêmement concentré ».

En se focalisant cette fois sur les volumes des dettes, la France se situe en 3e position, sur 28 pays européens, avec 882 milliards d'encours de crédit immobilier. Les neufs premiers pays concentrent ainsi 91% des encours. Alors que la dette immobilière des ménages britanniques affiche 1282 milliards, elle ne dépasse pas 100 milliards pour chacun des 18 derniers pays (sur 28), majoritairement originaires de l'ancien bloc de l'Est.

L'étude dessine ainsi une Europe en trois ensembles. Une Europe du Nord, où les ménages y sont très endettés et qui concentre 61% des dettes immobilières. L'Europe de l'Est, à l'opposé, qui atteint tout juste 3% des encours, alors qu'elle regroupe 21% de la population européenne. Enfin, l'Europe du Sud, beaucoup plus hétérogène, dont font partie la France, l'Espagne ou l'Italie.

La dette des ménages propriétaires a explosé en 10 ans

Autre disparité notable, le montant de la dette immobilière totale, restant à rembourser par les ménages propriétaires. La moyenne européenne est ainsi de 40.000 euros, alors qu'elle s'élève à près de 185.000 euros au Danemark et à peine 5400 euros, en moyenne, pour les onze derniers pays du classement, tous issus de l'ancien bloc de l'Est. La France, elle, est légèrement au-dessus de cette moyenne européenne, avec 49.000 euros de dette immobilière par ménage propriétaire.

Une dette immobilière qui reste, qui plus est, en hausse et ceux depuis de nombreuses années. Entre 2004 et 2014, celle-ci a augmenté de 108% en Europe, contre seulement 26% pour les crédits à la consommation, selon l'étude du Crédit Foncier.

En 2004, les crédits immobiliers représentaient 79% de l'endettement privé des ménages français, contre 86% aujourd'hui, un chiffre identique à la moyenne des pays européens.

Des différences culturelles sur le crédit

« Il existe une propension des pays du nord à s'endetter plus facilement, sur des durées plus longues », constate Nicolas Pécourt. Dans 5 pays, les encours des crédits immobiliers sont même supérieurs à 100% du revenu disponible brut annuel. C'est le cas du Danemark (225%), des Pays-Bas (134%), du Luxembourg (131%) ou encore de la Suède (119%).

A l'inverse, dans les pays du Sud, dont la France, les « emprunteurs épargnent sur des durées plus longues avant de s'endetter ». Ceci explique que la part du crédit et donc des intérêts à rembourser est plus faible. Dans ces pays, l'Italie en tête, la transmission patrimoniale est aussi plus importante, analyse le Directeur de la communication du Crédit Foncier.

Un résultat à nuancer, dans un marché où les primo-accédants sont peu nombreux à cause des prix élevés de l'immobilier et des difficultés rencontrées dans l'obtention de leur crédit.
 

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