Prêt immobilier : une nouvelle baisse des taux d'intérêt s'amorce dans les banques

Après une période de légère crispation, le marché du financement immobilier laisse entrevoir une éclaircie printanière avec des révisions de barèmes à la baisse. Portée par une accalmie sur les marchés obligataires, cette détente redonne de l'oxygène aux futurs acquéreurs.
Un assouplissement des conditions de financement dès le début d'année
Le secteur bancaire envoie des signaux positifs aux emprunteurs en ce début d'année 2026. Plusieurs établissements de premier plan ont déjà pris l'initiative de réduire leurs taux directeurs. C'est notamment le cas de la Société Générale et de La Banque Postale, qui ont respectivement abaissé leurs grilles de 0,10 et 0,25 point. Ces ajustements, bien que ciblés, marquent souvent le début d'un mouvement de fond pour l'ensemble du marché.
| Durée de l'emprunt | Taux moyen constaté | Profils excellents |
|---|---|---|
| 15 ans | 3,19 % | 3,00 % |
| 20 ans | 3,30 % | 3,00 % |
| 25 ans | 3,40 % | 3,00 % |
Des indicateurs macroéconomiques favorables à la détente monétaire
Plusieurs leviers financiers expliquent ce reflux des taux immobiliers. Le rendement des obligations d'État (OAT 10 ans), qui sert de base de calcul aux banques, a reculé pour s'établir autour de 3,4 %, contre 3,6 % précédemment. Cette baisse réduit le coût de la ressource pour les banques, leur offrant une marge de manoeuvre plus importante pour séduire de nouveaux clients sans rogner sur leurs bénéfices.
L'attitude de la Banque Centrale Européenne (BCE) est également déterminante. Si son taux directeur stagne pour le moment à 2 %, le ralentissement de l'inflation vers l'objectif symbolique des 2 % change la donne. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, a précisé dans Le Figaro que « La diminution de l'inflation en Europe, qui se rapproche de la cible des 2 %, pourrait donner un peu de mou à la BCE ». Une éventuelle baisse des taux centraux dans les mois à venir renforcerait mécaniquement la baisse des crédits à l'habitat.
Une production de crédits portée par le retour des premiers acheteurs
L'année 2025 s'est achevée sur un bilan très dynamique. Le volume total des nouveaux crédits immobiliers, en excluant les rachats de prêts, s'est élevé à 146,5 milliards d'euros. Cette performance représente une croissance spectaculaire de 33 % en un an, prouvant que le marché immobilier a retrouvé des couleurs après une période de stagnation. Ce renouveau du secteur est particulièrement visible chez les ménages achetant leur résidence principale pour la première fois.
Le retour massif des primo-accédants est un signe de confiance dans la pierre. Pour 2026, l'enjeu sera de maintenir cette fluidité alors que les banques cherchent activement à remplir leurs objectifs commerciaux annuels par des offres compétitives et des gestes commerciaux sur les frais de dossier.