Le Plan d'Épargne Retraite affiche une santé de fer avec 20 milliards d'euros de cotisations

Le Plan d'Épargne Retraite confirme son hégémonie dans le paysage financier français avec des résultats exceptionnels enregistrés l'an dernier. Porté par une fiscalité incitative et une prise de conscience collective sur la fin de carrière, le dispositif franchit des seuils symboliques tant en termes de capital collecté que de nouveaux adhérents.
Une dynamique de versements sans précédent portée par la fin d'année
Le bilan annuel présenté par France Assureurs le 27 janvier 2026 témoigne de l'engouement massif pour les PER de type assurantiel. Les flux de capitaux ont bondi de 16 % en un an, totalisant 20,2 milliards d'euros d'investissements. Cette accélération s'est cristallisée durant le seul mois de décembre, qui a concentré à lui seul 3,1 milliards d'euros de collecte brute.
Cette effervescence de fin de calendrier s'explique par l'avantage immédiat procuré par le dispositif : chaque somme injectée dans le plan avant le 31 décembre permet de réduire l'assiette de l'impôt sur le revenu pour l'exercice en cours. Ce mécanisme de déduction fiscale reste le principal moteur d'achat pour les contribuables souhaitant optimiser leur pression fiscale tout en capitalisant pour leurs vieux jours.
| Indicateur PER Assurantiel | Données fin 2024 | Données fin 2025 |
|---|---|---|
| Encours global (en milliards €) | 92,8 | 111,9 |
| Nombre de titulaires (en millions) | 6,9 | 7,9 |
| Collecte annuelle (en milliards €) | - | 20,2 |
Des plafonds de déduction différenciés selon le profil de l'épargnant
La puissance du PER réside dans sa capacité à s'adapter aux différents statuts professionnels, offrant des enveloppes de déduction particulièrement larges. Pour les salariés et les agents de la fonction publique, la limite est fixée à 10 % des émoluments professionnels, dans le respect d'un plafond lié au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), permettant ainsi de retrancher plus de 30 000 euros de ses revenus imposables chaque année.
Les indépendants, incluant les professions libérales et les artisans, bénéficient d'un cadre encore plus favorable. En cumulant les tranches de 10 % et 15 % sur leurs bénéfices imposables, ces travailleurs non-salariés (TNS) ont la possibilité de déduire jusqu'à 80 000 euros par an. Ce levier est essentiel pour ces profils dont les pensions de retraite obligatoires sont souvent moins protectrices que celles du régime général.
Les ajustements législatifs de 2026 et l'envolée du nombre de détenteurs
Le paysage réglementaire a toutefois connu une retouche majeure avec l'adoption définitive du budget 2026 le 2 février dernier. Désormais, l'avantage fiscal attaché aux versements volontaires s'éteint dès que l'épargnant atteint l'âge de 70 ans. Cette mesure vise à limiter l'usage du PER comme simple outil de transmission successorale au profit de sa vocation première de complément de revenus. Pour les retraités ou les personnes sans activité, la capacité de déduction demeure limitée à environ 4 000 euros annuels (soit 10 % du PASS précédent).
Malgré ces ajustements, le succès populaire du PER ne se dément pas. Avec un gain d'un million de nouveaux souscripteurs en douze mois, la version assurantielle du plan séduit désormais près de 8 millions de Français. Au sens large, en incluant les modèles bancaires, on dénombre plus de 12 millions de contrats ouverts sur le territoire. Cette domination du modèle assurantiel, qui représente 75 % des provisions totales, confirme que les épargnants privilégient la souplesse et les garanties proches de celles de l'assurance vie pour préparer leur avenir.