Réforme budgétaire 2026 : le Plan Épargne Retraite rattrapé par l'augmentation de la CSG

Alors que le budget de la Sécurité sociale pour 2026 actait une révision à la hausse de la pression fiscale, une incertitude planait sur le sort du Plan Épargne Retraite. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) vient de lever le voile : les détenteurs de PER devront composer avec une fiscalité alourdie dès cette année.
Une application généralisée à tous les contrats d'épargne retraite
La confusion est désormais dissipée. Bien que l'amendement gouvernemental n°1104 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 ait instauré un bouclier pour l'assurance vie, le Plan Épargne Retraite (PER) ne bénéficie pas de la même clémence. La Direction générale des finances publiques a officiellement confirmé que l'ensemble des PER, sans aucune distinction entre les modèles bancaires et les formats assurantiels, subiraient de plein fouet l'augmentation des prélèvements sociaux.
Cette décision administrative signifie que les gains générés au sein de ces contrats voient leur taxation passer de 17,2 % à 18,6 %. Ce saut de 1,4 point s'explique par le renforcement de la CSG sur les revenus du patrimoine, tel que prévu par le nouveau texte budgétaire entré en vigueur au 1er janvier. Pour l'épargnant, cette mutation fiscale entraîne mécaniquement un ajustement du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).
| Indicateur Fiscal | Ancien Taux (2025) | Nouveau Taux (2026) |
|---|---|---|
| Prélèvements sociaux (global) | 17,2 % | 18,6 % |
| Flat Tax (PFU) sur les plus-values | 30 % | 31,4 % |
Répercussions financières lors de la liquidation du capital
Le durcissement de la fiscalité modifie l'équilibre financier au moment du départ à la retraite. Pour les contribuables ayant profité de la déductibilité fiscale lors de leurs versements volontaires, le capital récupéré sera désormais soumis à une Flat Tax de 31,4 % sur la part des profits réalisés. Si le souscripteur n'a pas déduit ses versements de son revenu imposable, seul le gain net sera ponctionné à ce nouveau taux, tandis que le principal reste imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Il est crucial de noter que cette hausse de 1,4 point de la CSG ne s'applique pas uniformément à tous les supports. Le législateur a sanctuarisé certains produits jugés essentiels à l'épargne populaire ou à l'accession à la propriété. Ainsi, les détenteurs de livrets d'épargne classiques ou de contrats d'assurance vie bénéficient d'une stabilité bienvenue dans ce paysage fiscal mouvant.
| Supports épargnés par la hausse | Type d'exonération |
|---|---|
| Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune | Totale (Impôts et Prélèvements) |
| Assurance Vie (Gains) | Exclusion spécifique (Amendement 1104) |
| PEL (Plus-values) et CEL (Primes/Intérêts) | Maintien des taux précédents |
Une stratégie de protection de l'épargne longue durée
En confirmant que « tous les PER sont concernés par la hausse de la CSG », l'administration fiscale souligne sa volonté d'harmoniser la taxation des revenus financiers de long terme, hors exceptions légales. Pour les épargnants, cette annonce incite à une relecture attentive de leur stratégie de préparation à la retraite. Bien que le PER conserve son avantage de déductibilité à l'entrée, le renchérissement de la sortie en capital réduit mécaniquement le rendement net final.
La sanctuarisation de l'assurance vie et des livrets réglementés crée une hiérarchie fiscale plus marquée. Les experts soulignent que le choix entre un PER assurantiel et un PER bancaire ne repose désormais plus sur un espoir de différenciation fiscale, mais uniquement sur la qualité des supports d'investissement et des frais de gestion. Dans ce contexte de pression fiscale accrue, l'optimisation des versements en fonction de sa tranche marginale d'imposition (TMI) devient plus que jamais indispensable pour compenser la hausse du PFU.