Réforme de la location saisonnière : l'immatriculation SIRET sous haute surveillance en 2026

L'année 2026 marque un tournant fiscal majeur pour les propriétaires de meublés de tourisme. Sous l'impulsion de la loi Le Meur, le durcissement du régime micro-BIC force désormais une grande partie des bailleurs à adopter le régime réel, rendant l'obtention d'un numéro SIRET absolument critique pour éviter un blocage administratif.
Un basculement massif vers le régime réel imposé par la loi Le Meur
La législation encadrant les meublés touristiques a radicalement changé la donne pour la campagne fiscale de 2026. En abaissant drastiquement les seuils d'éligibilité au micro-BIC pour les revenus de 2025, la loi Le Meur entraîne une transition automatique de nombreux contribuables vers le régime réel. Si le micro-BIC offrait jusqu'ici une certaine souplesse quant à l'absence d'immatriculation, le régime réel est, lui, intransigeant : sans numéro SIRET, le dépôt de la liasse fiscale est techniquement impossible.
Selon des experts juridiques comme Baptiste Bochard, environ un tiers des loueurs en meublé exerceraient actuellement sans être immatriculés au répertoire SIRENE. Jusqu'à présent, ces profils utilisaient principalement le formulaire 2042 C Pro. Or, l'administration fiscale a déjà commencé à alerter les propriétaires, avec l'envoi de courriels d'information à plus de 770 000 bailleurs dès la fin de l'année 2025 pour rappeler ces nouvelles obligations.
| Type de meublé | Nouvel abattement (2026) | Nouveau plafond de revenus |
|---|---|---|
| Meublés non classés | 30 % | 15 000 € |
| Meublés de tourisme classés | 50 % | 77 700 € |
L'immatriculation INPI : une formalité à ne pas négliger
L'obtention d'un numéro SIRET est une démarche gratuite qui s'effectue sur le guichet unique de l'INPI. Bien que la procédure soit relativement rapide, l'anticipation est de mise. En effet, l'immatriculation doit normalement intervenir dans les 15 jours suivant le lancement de l'activité. Si le fisc fait preuve de tolérance pour les régularisations tardives, le risque principal réside dans l'embouteillage administratif à l'approche de la date limite de déclaration.
Un dépôt de déclaration hors délai à cause d'un numéro SIRET manquant peut exposer le contribuable à des intérêts de retard ou des majorations d'impôt. Pour les bailleurs habitués à la simplicité du forfait, ce passage au statut "professionnel" (au sens administratif) constitue un saut vers une gestion plus rigoureuse de leur patrimoine immobilier locatif.
La complexité comptable du régime réel et ses pièges
Au-delà de l'immatriculation, le passage au régime réel soulève la question de la technicité déclarative. Contrairement au micro-BIC où l'abattement est forfaitaire, le réel permet de déduire l'ensemble des charges ainsi que l'amortissement du bien et du mobilier. Cependant, Laurent Lamielle de l'organisation PAP souligne que « les liasses fiscales sont absolument illisibles » pour un néophyte. Une erreur dans le tableau d'amortissement peut s'avérer coûteuse sur le long terme.
Le recours à un expert-comptable spécialisé devient donc souvent indispensable pour optimiser sa fiscalité et sécuriser sa déclaration. En 2026, la gestion d'un meublé touristique ne s'improvise plus : elle nécessite une approche structurée, commençant par un numéro SIRET valide et se poursuivant par une comptabilité analytique précise. Cette professionnalisation forcée du secteur vise avant tout à réguler le marché de la location courte durée face à la crise du logement permanent.