Réforme des retraites 2026 : les nouvelles règles de calcul et de versement expliquées

L'année 2026 s'annonce comme une période de transition majeure pour le système de protection sociale français, marquée par une suspension temporaire du recul de l'âge légal. Entre revalorisations ciblées et nouvelles modalités de calcul pour les mères de famille, voici les points clés pour anticiper votre fin de carrière.
Une revalorisation de 0,9 % pour les pensions du régime général
Dès le début de l'année 2026, les retraités du secteur privé et de la fonction publique bénéficieront d'un ajustement de leur pension de base à hauteur de 0,9 %. Selon l'Assurance retraite, ce coup de pouce financier sera effectif sur les comptes bancaires lors du versement de février. Cette augmentation mécanique impacte également les minima sociaux, tels que l'Aspa (ex-minimum vieillesse) et le minimum contributif, garantissant un plancher de revenus rehaussé pour les carrières complètes.
À l'inverse, les retraités ayant cotisé à la complémentaire Agirc-Arrco ne verront pas leur situation évoluer à court terme. Suite à l'absence de consensus entre les partenaires sociaux, la revalorisation de ce régime reste gelée. Ce statu quo s'explique notamment par les incertitudes entourant la pérennité de la réforme législative de 2023, mettant en attente les décisions de gestion pour les anciens salariés du privé.
| Dispositif concerné | Évolution en 2026 | Date d'application |
|---|---|---|
| Pension de base (Cnav, SRE) | Hausse de 0,9 % | Janvier (payé en février) |
| Âge légal de départ | Stabilisé à 62 ans et 9 mois | Jusqu'au 31 décembre 2027 |
| Complémentaire Agirc-Arrco | Maintien des taux actuels (Gel) | En vigueur |
Le calendrier des départs maintenu jusqu'à la fin de l'année 2027
La trajectoire de report de l'âge de départ connaît un coup d'arrêt provisoire. En effet, l'âge légal est désormais figé à 62 ans et 9 mois, offrant un répit aux assurés nés au début de l'année 1965. Cette pause, qui court jusqu'au 31 décembre 2027, signifie que le décalage de l'âge de départ ne reprendra qu'après cette date, sauf nouvelle orientation législative majeure.
Pour les travailleurs éligibles aux dispositifs de "carrière longue", cette suspension produit des effets immédiats. Toutefois, les départs prévus avant le mois de septembre 2026 ne subissent aucune modification. Pour les autres, la prise en compte de nouveaux droits familiaux devient une réalité : jusqu'à deux trimestres liés à la maternité ou à l'adoption pourront désormais être comptabilisés pour justifier d'un départ anticipé, assouplissant ainsi les conditions pour les parents ayant commencé à travailler tôt.
Aménagement des droits familiaux et nouvelles règles de cumul
Le calcul de la retraite de base intègre une nouveauté pour les mères de famille : la possibilité de se baser sur les 23 ou 24 meilleures années de salaire au lieu des 25 habituelles. Si certains experts, comme Alexandre Simon d'Origami&Co, soulignent qu'il s'agit d'une avancée symbolique dont l'impact financier sera neutre pour la majorité, elle peut s'avérer avantageuse pour les carrières hachées. Par ailleurs, le nouveau "congé de naissance" permettra désormais de valider des trimestres assimilés grâce aux indemnités journalières perçues.
Enfin, le futur du cumul emploi-retraite se dessine avec une simplification attendue pour 2027. Bien que les départs pris en 2026 puissent encore profiter d'un effet d'aubaine sous les règles actuelles, le système basculera prochainement vers des paliers d'âge. Toute activité reprise avant 67 ans entraînera un plafonnement des revenus, supprimant la distinction complexe entre le taux plein ou partiel. Ces ajustements visent à rendre le système plus lisible tout en encourageant la poursuite d'activité des seniors de manière encadrée.