Pourquoi le taux du livret A va encore baisser

Johan Garcia • 13 Juin 2014 • 10:46

Le Livret A pourrait être abaissé dès juillet à 1%, selon les déclarations du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, et du ministre des Finances, Michel Sapin. La faute à l'inflation, trop faible. Une mauvaise nouvelle pour les épargnants.

Pourquoi le taux du livret A va encore baisserLe taux du Livret pourrait encore baisser

Et si le taux du Livret A baissait... encore ? C'est en tout cas le sens des déclarations faîtes, mercredi 11 juin, à Paris, par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. En mai dernier, Manuel Valls avait déjà annoncé qu'il n'écartait pas une éventuelle baisse du taux de rémunération du Livret A. Un taux qui passerait de 1,25 à 1%.

Des propos appuyés par les déclarations de Christian Noyer, selon lequel ce taux devrait descendre dès juillet. « Le taux du livret A devrait baisser un peu et ce sera une bonne chose pour la relance de l'économie et pour la création d'emplois », a-t-il assuré sur BFMTV.

0,75%, 1% ?

Deux fois par an, au cours des mois de janvier et de juillet, le taux du produit d'épargne préféré des Français est revu, à la hausse ou à la baisse, après une proposition de la Banque de France.

Le calcul du Livret A dépend d'une formule mathématique, qui le fixe en général à 0,25 point supérieur au taux d'inflation actuel, arrondi au quart de point le plus proche. Problème, l'inflation est historiquement basse aujourd'hui, à 0,6% selon l'Insee, faisant même craindre des risques de déflation.

Le taux du Livret A devrait donc théoriquement être fixé, à 0,75%, contre 1,25% actuellement, son plus bas historique, et ce depuis le 1er août 2013.

Une baisse limitée par le gouvernement ?

Le gouvernement peut toutefois déroger à cette baisse, comme en janvier dernier où il avait maintenu le taux identique, alors que la Banque de France souhaitait le baisser à 1%.

C'est dans ce sens que Michel Sapin a annoncé, jeudi 12 juin sur RMC-BFMTV, vouloir « protéger le pouvoir d'achat des Français », ajoutant que « le Livret A, c'est l'épargne des plus modestes des Français ».

Le ministre des Finances a toutefois reconnu que « l'inflation est très faible en France » et que la situation justifiait une éventuelle baisse en juillet du taux du Livret A.

Une baisse inutile ?

Baisser le taux de rémunération du Livret A permet, selon la théorie, de relancer la consommation, en évitant que les Français n'épargnent trop. Pourtant, alors que le taux est déjà à son plus bas, la consommation ne décolle pas.

En avril, l'Insee avait dévoilé les derniers chiffres de la consommation des ménages. Toujours en berne, elle est restée identique entre mars et avril, après un recul de 0,5% en février et une hausse de 0,7% en mars. Les dépenses de consommation en biens ont, elles, diminué de 0,3% en avril.

Même avec 1% de rémunération, le Livret A restera, pourtant, toujours intéressant. En effet, pour les épargnants, le choix est limité. Les alternatives classiques proposées par les banques sont, soit moins pratiques, soit moins rémunératrices.

Les supers livrets offrent des rendements forts pendant les premiers mois, mais ensuite plus proches du Livret A, avec des plus-values soumises à l'impöt sur le revenu. Autre solution, les comptes bloqués qui offrent des taux plus attractifs. Problème, il faut accepter de laisser cette épargne immobilisée pendant plusieurs années.
 

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