L'épargne des Français en 2026 : entre prudence persistante et ajustement des rendements

Malgré un contexte économique en mutation, les ménages français confirment leur statut de champions de l'épargne en Europe avec un taux de mise de côté bien supérieur aux niveaux d'avant-crise. Entre baisse des taux de l'épargne réglementée et succès historique du LEP, le paysage financier des particuliers se redessine en ce début d'année 2026.
Un taux d'épargne qui s'installe durablement au-dessus des 18 %
Après avoir connu un sommet historique à 26,1 % durant les confinements de 2020, le comportement financier des Français ne semble pas totalement revenir à la "normale" pré-pandémique. Alors que le taux d'épargne avoisinait les 15,2 % fin 2019, il s'est stabilisé à un niveau élevé, atteignant 18,0 % au troisième trimestre 2025 selon les derniers chiffres de la Fédération bancaire française (FBF). Cette tendance place l'Hexagone parmi les leaders de la zone euro, derrière l'Allemagne (19,6 %) mais loin devant l'Italie (14,1 %) et l'Espagne (12,0 %).
Le dynamisme des flux financiers reste notable avec 88,5 milliards d'euros injectés dans l'épargne au T3 2025, un montant qui surpasse largement la moyenne historique de 60 milliards d'euros observée sur la période 2013-2025. Parallèlement, l'investissement immobilier (FBCF) demeure solide à 41 milliards d'euros, prouvant que la pierre reste un pilier de la stratégie patrimoniale des ménages malgré la hausse des taux de crédit.
Épargne réglementée : une année 2025 de transition pour le Livret A et le LDDS
L'année 2025 a marqué un tournant pour les livrets préférés des Français. Après avoir culminé à 3 %, le taux du Livret A a subi deux baisses consécutives pour s'établir à 1,7 % en fin d'année, puis à 1,5 % au 1er février 2026. Ce mouvement a entraîné une décollecte nette de 0,47 milliard d'euros sur l'ensemble de l'année 2025 pour le couple Livret A/LDDS, malgré un sursaut traditionnel de fin d'année en décembre (+1,83 milliard d'euros).
Pourtant, d'un point de vue strictement financier, l'épargne réglementée n'a jamais été aussi protectrice. Avec une inflation annuelle contenue à 0,9 % en 2025, le rendement réel du Livret A (taux nominal moins inflation) s'est élevé à 2,16 % en moyenne. Il s'agit de sa meilleure performance réelle depuis 2009, offrant aux épargnants un gain de pouvoir d'achat net de 1,26 point, une situation inédite depuis plus de 15 ans.
| Produit d'épargne | Taux au 01/02/2026 | Encours (Mds€) |
|---|---|---|
| Livret A + LDDS | 1,5 % | 615,2 |
| LEP (Populaire) | 2,5 % | 83,7 |
Le succès massif du Livret d'Épargne Populaire (LEP)
Le véritable fait marquant de ces derniers mois est l'explosion du nombre de détenteurs de LEP. Sous l'impulsion de campagnes de sensibilisation et d'une accessibilité renforcée, 12 millions de Français détiennent désormais ce livret fin 2025, contre seulement 6,9 millions fin 2021. Bien que sa rémunération soit passée de 4 % à 2,7 % en 2025, puis à 2,5 % en février 2026, il reste l'instrument le plus performant pour protéger les revenus modestes.
En dépit d'une collecte nette légèrement négative sur l'année (-0,84 milliard d'euros), l'encours total du LEP a progressé pour atteindre 83,7 milliards d'euros grâce à la capitalisation des intérêts. Cette dynamique montre un arbitrage de plus en plus fin des ménages éligibles, qui privilégient ce support bonifié face au Livret A classique. La Banque de France confirme ainsi une démocratisation réussie de ce produit, indispensable pour amortir les fluctuations du coût de la vie pour les foyers les plus fragiles.