Charges de copropriété : ce qu'il faut savoir avant d'investir

Arsalain EL KESSIR
Charges de copropriété : ce qu'il faut savoir avant d'investir

✍ Les points à retenir : Charges et Copropriété

  • Charges récupérables vs non récupérables : Environ 70 % des charges (eau, entretien des parties communes, ascenseur) peuvent être refacturées au locataire. Les 30 % restants (honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, grosses réparations) restent à votre charge.
  • Le carnet d'entretien et le DTG : Le Diagnostic Technique Global (DTG) est obligatoire pour les immeubles de plus de 10 ans ou en cas de mise en copropriété. Il liste les travaux à prévoir sur 10 ans. C'est votre "boule de cristal" pour anticiper les appels de fonds.
  • Le fonds de travaux (Loi Alur) : Chaque copropriété doit constituer une épargne obligatoire pour financer les futurs travaux. Vérifiez le montant disponible : s'il est bas et que l'immeuble est vétuste, attendez-vous à des factures salées prochainement.
  • La quote-part (Tantièmes) : Vos charges sont calculées en fonction de vos millièmes. Plus vous possédez de millièmes (surface, étage, balcon), plus vous contribuez au budget de l'immeuble.
  • Les travaux énergétiques votés : Un ravalement avec isolation par l'extérieur ou un changement de chaudière collective peut coûter entre 10 000 € et 30 000 € par lot. Vérifiez les derniers procès-verbaux (PV) d'assemblée générale pour voir si de tels projets ont été votés ou discutés.

Les charges de copropriété : définition et distinction entre charges courantes et exceptionnelles

Le budget d'une copropriété se divise en deux grandes catégories comptables. Cette distinction est fondamentale car elle détermine non seulement le moment de l'appel de fonds, mais aussi la manière dont le propriétaire bailleur pourra traiter ces dépenses fiscalement. Les charges de copropriété courantes couvrent la vie quotidienne du bâtiment, tandis que les charges exceptionnelles concernent la conservation du patrimoine immobilier et son amélioration sur le long terme.

Type de chargesExemples de dépensesPériodicité et Financement
Charges Courantes Eau, électricité des communs, honoraires du syndic, entretien des espaces verts, petites réparations. Incluses dans le budget prévisionnel annuel. Payées par provisions trimestrielles.
Charges Exceptionnelles Ravalement de façade, remplacement de l'ascenseur, réfection de la toiture, audit énergétique obligatoire. Hors budget prévisionnel. Votées au cas par cas en assemblée générale.

Le budget prévisionnel : pilier des dépenses quotidiennes

Les charges de copropriété courantes sont votées chaque année lors de l'assemblée générale sous forme de budget prévisionnel. Ce montant permet au syndic de faire face aux factures régulières : assurance de l'immeuble, nettoyage des parties communes, éclairage et chauffage collectif s'il existe. Pour l'investisseur immobilier, ces charges sont prévisibles. En 2026, une attention particulière est portée aux contrats d'énergie, dont la volatilité peut impacter lourdement les provisions trimestrielles. Un budget bien géré est celui qui présente un équilibre entre le niveau de service (propreté, sécurité) et le coût global pour les copropriétaires.

Le fonds de travaux : une épargne forcée pour l'avenir

Depuis plusieurs années, et de manière renforcée en 2026, la loi impose la constitution d'un fonds de travaux. Il s'agit d'une catégorie spécifique de charges de copropriété qui ne correspond pas à une dépense immédiate, mais à une réserve d'argent. Ce fonds est rattaché au lot et non au propriétaire : lors de la revente du bien, les sommes versées ne sont pas remboursées au vendeur. Pour l'acheteur, acquérir un lot dans une copropriété dont le fonds de travaux est bien doté est un avantage majeur, car cela servira à payer les futurs travaux de rénovation énergétique sans avoir à décaisser des sommes trop importantes d'un coup.

Les dépenses de conservation et d'entretien lourd

Les charges exceptionnelles représentent souvent les montants les plus impressionnants. Elles sont déclenchées par des votes spécifiques en assemblée générale pour des travaux qui ne relèvent pas de l'entretien courant. En 2026, les travaux liés à la mise en conformité environnementale (isolation par l'extérieur, changement des menuiseries communes) sont au coeur de ces dépenses. Ces charges de copropriété ont une double nature : si elles sont lourdes à porter financièrement à l'instant T, elles permettent de valoriser le patrimoine et d'augmenter la valeur "verte" de l'appartement, facilitant ainsi une future revente ou une location plus rapide.

Comment sont réparties les charges d'une copropriété : les tantièmes et la nature des dépenses

La répartition des charges de copropriété ne se fait pas de manière égale entre tous les appartements, mais au prorata de l'importance de chaque lot dans l'immeuble. Cette quote-part est exprimée en "tantièmes" ou "millièmes". Cette méthode de calcul garantit une équité théorique : celui qui possède le plus grand appartement ou celui qui bénéficie le plus d'un service spécifique contribue davantage au financement de la copropriété.

La notion de tantièmes de copropriété

Les tantièmes sont définis dans le règlement de copropriété au moment de la création du syndicat. Ils dépendent de plusieurs critères : la surface du lot, sa situation géographique dans l'immeuble (étage, exposition) et sa consistance (présence d'un balcon, d'une terrasse ou d'une cave). Pour le calcul des charges de copropriété, on multiplie le budget total par la fraction de tantièmes détenus. Par exemple, si vous détenez 50/1000èmes de la copropriété, vous paierez 5 % de toutes les factures communes. Il est important de vérifier avant d'investir que la description du lot correspond bien aux tantièmes affectés, car toute erreur peut entraîner des années de surfacturation.

L'influence de l'usage du lot sur la répartition

La nature de l'usage (habitation, commerce, bureau) peut également influencer la répartition des charges de copropriété. Les lots commerciaux en rez-de-chaussée, par exemple, peuvent avoir des coefficients de pondération différents pour l'entretien des couloirs ou des escaliers s'ils disposent de leur propre entrée. En 2026, les tribunaux sont très attentifs à ce que les clés de répartition soient justes. Un investisseur qui achète un local commercial doit s'assurer qu'il ne paie pas pour des services dont il n'a pas l'usage, tout en acceptant de contribuer davantage aux charges générales liées à la solidité de l'immeuble.

Les critères d'utilité pour les équipements communs

Pour certains équipements, la répartition des charges de copropriété suit le critère de l'utilité objective. L'exemple le plus parlant est l'ascenseur : un copropriétaire au rez-de-chaussée n'aura généralement pas à payer pour son entretien car il n'en a aucune utilité pour accéder à son logement. À l'inverse, plus on monte dans les étages, plus les tantièmes affectés à l'ascenseur peuvent être élevés. Ce calcul spécifique évite les injustices flagrantes et permet de moduler les frais selon le bénéfice réel retiré par chaque occupant de l'immeuble.

Charges générales vs charges spéciales : comprendre la clé de répartition par service

Toutes les dépenses d'un immeuble ne sont pas traitées de la même manière dans le règlement de copropriété. On distingue les charges générales, qui incombent à tous, des charges spéciales, qui sont liées aux services collectifs et aux équipements communs. Cette distinction est cruciale pour comprendre son appel de fonds de charges de copropriété et vérifier la légalité des sommes réclamées par le syndic.

CatégorieCritère de répartitionDépenses types
Charges Générales Valeur relative de chaque lot (tantièmes généraux). Assurance, ravalement, gros oeuvre, honoraires du syndic, impôts.
Charges Spéciales Utilité potentielle du service pour le lot (tantièmes spéciaux). Ascenseur, chauffage collectif, eau chaude sanitaire, antennes TV.

Les charges générales : la solidarité de la propriété

Les charges générales concernent la conservation, l'entretien et l'administration des parties communes. Elles reposent sur un principe de solidarité entre tous les membres du syndicat. Peu importe que vous habitiez au premier ou au dernier étage, vous participez au ravalement de la façade ou à la réfection du hall d'entrée à hauteur de vos tantièmes. Ces charges de copropriété couvrent également les frais juridiques du syndic et les impôts liés à l'immeuble. C'est le socle commun de l'investissement : vous êtes propriétaire d'une partie de la structure, vous contribuez donc à son maintien en bon état, indépendamment de votre usage quotidien.

Les charges spéciales et le critère de l'utilité

Les charges spéciales sont régies par l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965. Elles sont réparties en fonction de l'utilité que ces services et équipements présentent à l'égard de chaque lot. Cela signifie que l'on ne regarde pas la consommation réelle, mais la capacité d'usage. Par exemple, pour le chauffage collectif, les charges de copropriété sont réparties selon la surface de chauffe (ou des répartiteurs individuels en 2026), mais même si vous fermez vos radiateurs tout l'hiver, vous devrez payer une part fixe liée à l'entretien de la chaudière et à la puissance disponible pour votre lot.

L'importance de vérifier son règlement de copropriété

Chaque copropriété peut avoir des subtilités dans ses clés de répartition. Avant d'acheter, il est impératif de lire le tableau des tantièmes annexé au règlement. On y découvre parfois des clés de charges de copropriété spécifiques pour un parking, pour un bâtiment A différent du bâtiment B, ou pour des services de conciergerie. Une mauvaise compréhension de ces clés peut amener un investisseur à sous-estimer ses frais fixes de 15 % à 20 %. En 2026, la numérisation des règlements de copropriété facilite cet audit préalable : n'hésitez pas à demander une copie PDF pour la faire analyser par votre notaire avant la signature.

Comment se déroule le paiement des charges : appels de fonds et régularisation annuelle

Le flux financier entre le copropriétaire et le syndic est strictement réglementé pour assurer la trésorerie de l'immeuble. Le paiement des charges de copropriété n'est pas une facture que l'on reçoit après consommation, mais un système d'avances qui permet à la copropriété de fonctionner sans rupture de service (eau, électricité, salaires du personnel).

Le mécanisme de l'appel de fonds trimestriel

En règle générale, le syndic envoie un appel de fonds au début de chaque trimestre (le 1er janvier, le 1er avril, etc.). Le montant correspond à un quart du budget prévisionnel voté en assemblée générale, multiplié par vos tantièmes. Ce paiement des charges de copropriété est obligatoire et ne peut pas être contesté unilatéralement par le propriétaire (par exemple en cas de conflit sur des travaux). En 2026, la plupart des syndics privilégient le prélèvement automatique pour limiter les retards de paiement qui pénalisent la collectivité. Tout retard peut d'ailleurs engendrer des frais de relance et des intérêts moratoires assez lourds.

La régularisation annuelle après clôture des comptes

Une fois l'exercice comptable terminé (souvent au 31 décembre), le syndic arrête les comptes réels. Il compare les dépenses effectives de l'immeuble avec les provisions appelées auprès des copropriétaires. Si l'immeuble a moins dépensé que prévu, les charges de copropriété font l'objet d'un "trop-perçu" qui est crédité sur votre compte. Dans le cas contraire (augmentation du prix de l'énergie, hiver rigoureux), un appel de régularisation est envoyé pour combler le déficit. Cette étape intervient généralement après l'approbation des comptes lors de l'assemblée générale annuelle. Pour un investisseur, c'est le moment de vérifier si le locataire doit un complément pour les charges récupérables.

Le fonds de roulement et les avances spéciales

Au-delà du budget courant, le syndic peut demander la constitution d'une "avance de trésorerie" ou "fonds de roulement". Contrairement aux provisions pour charges de copropriété, cette somme reste la propriété du copropriétaire et lui est remboursée en cas de vente du lot. Ce capital permet au syndic de payer les factures en attendant que les copropriétaires règlent leurs appels de fonds. En 2026, avec la hausse des coûts de maintenance, de nombreux conseils syndicaux votent le renforcement de cette réserve pour éviter les découverts bancaires du syndicat, qui coûtent cher en frais d'agios.

Le rôle du conseil syndical et du syndic dans le suivi du budget prévisionnel

La maîtrise des charges de copropriété repose sur un duo essentiel : le syndic, qui exécute les décisions, et le conseil syndical, qui contrôle et assiste. En tant qu'investisseur, s'intéresser à la qualité de cette relation est le meilleur moyen de s'assurer que votre patrimoine est bien géré et que les dépenses ne dérivent pas de manière injustifiée.

Le syndic : l'administrateur des finances communes

Le syndic de copropriété est le garant de l'exécution du budget. C'est lui qui collecte les charges de copropriété, négocie les contrats avec les fournisseurs (énergie, ascenseur, ménage) et paie les factures. Sa responsabilité est d'alerter les copropriétaires si une dérive budgétaire est constatée en cours d'année. En 2026, les meilleurs syndics utilisent des outils de pilotage en temps réel, permettant de suivre la consommation d'eau ou d'énergie bloc par bloc, afin d'identifier rapidement une fuite ou un dysfonctionnement coûteux avant que la facture finale ne soit envoyée aux propriétaires.

Le conseil syndical : l'organe de contrôle citoyen

Le conseil syndical est composé de copropriétaires élus. Son rôle est de surveiller la gestion du syndic et de donner son avis sur les contrats. Un conseil syndical actif est le meilleur rempart contre l'augmentation des charges de copropriété. Il vérifie que les travaux facturés ont bien été réalisés et que les mises en concurrence pour les gros contrats sont réelles. Avant d'investir, essayez de savoir si le conseil syndical est impliqué : une copropriété sans conseil syndical est souvent une copropriété où les charges s'envolent car personne ne contrôle les factures du syndic.

La mise en concurrence obligatoire des contrats

La loi impose au syndic de mettre en concurrence les contrats au-delà d'un certain seuil fixé en assemblée générale. C'est un levier majeur pour stabiliser les charges de copropriété. Tous les 3 ans environ, il est sain de demander des devis comparatifs pour l'assurance de l'immeuble ou le contrat de maintenance des ascenseurs. En 2026, le marché des services à l'immeuble est très concurrentiel. Un bon duo syndic/conseil syndical saura renégocier les tarifs régulièrement pour obtenir le meilleur rapport qualité-prix, ce qui préserve directement la rentabilité de votre investissement immobilier.

Comment réduire les charges de copropriété : leviers d'action et renégociation des contrats

Réduire les charges de copropriété ne signifie pas forcément baisser la qualité de service, mais plutôt optimiser chaque euro dépensé. Il existe plusieurs leviers concrets que les copropriétaires peuvent actionner en assemblée générale pour alléger leurs appels de fonds trimestriels, sans compromettre la valeur du bien.

Renégocier les contrats d'entretien et d'assurance

C'est le levier le plus rapide. Les contrats de nettoyage, d'espaces verts ou d'ascenseurs subissent souvent des hausses automatiques par indexation. Faire jouer la concurrence tous les trois ans permet souvent de gagner 10 % à 15 % sur ces postes de charges de copropriété. L'assurance de l'immeuble est également un point sensible : en 2026, avec l'augmentation des risques climatiques, les primes montent, mais un courtage efficace peut permettre de trouver des garanties similaires pour un tarif plus attractif. Il faut être vigilant sur les clauses d'exclusion pour ne pas se retrouver sous-assuré en cas de sinistre.

Optimiser la consommation d'eau et d'énergie

L'eau et l'énergie représentent souvent plus de 50 % des charges de copropriété dans les immeubles avec services collectifs. L'installation de compteurs d'eau individuels (ou télé-relève) responsabilise chaque occupant et réduit mécaniquement la consommation globale de 20 %. De même, passer l'éclairage des parties communes en LED avec détecteurs de présence est un investissement rentable en moins de deux ans. En 2026, le suivi "intelligent" des chaufferies permet d'ajuster la température au degré près selon les prévisions météo, évitant ainsi un gaspillage calorifique coûteux lors des redoux hivernaux.

Internaliser certains services ou changer de modèle de syndic

Pour les petites copropriétés, passer d'un syndic professionnel à un syndic bénévole ou coopératif supprime les honoraires de gestion, qui peuvent représenter plusieurs centaines d'euros par an et par lot. Pour les plus grandes structures, la question du gardiennage est centrale : remplacer un gardien logé (avec salaire et charges sociales) par une société de nettoyage externe peut réduire radicalement les charges de copropriété. Cependant, ce choix doit être pesé car il impacte la sécurité et la convivialité de l'immeuble, deux facteurs qui comptent pour la valeur locative et la revente.

L'audit énergétique et les travaux de rénovation : un investissement pour baisser les charges

En 2026, la rénovation énergétique n'est plus une option mais une nécessité réglementaire et économique. Si ces travaux génèrent des charges de copropriété exceptionnelles importantes lors de leur vote, ils sont le seul moyen efficace de réduire drastiquement les charges courantes de chauffage sur le long terme.

Le Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) et l'audit énergétique

L'audit énergétique (ou le DPE collectif) permet d'identifier les points faibles du bâtiment : ponts thermiques, fenêtres fuyantes, toiture mal isolée. À partir de là, le Plan Pluriannuel de Travaux définit les étapes de rénovation sur 10 ans. Pour l'investisseur, c'est une feuille de route qui permet d'anticiper les futurs appels de charges de copropriété. Un immeuble qui a déjà réalisé son PPT est bien plus sécurisant qu'un immeuble qui ignore son état réel, car les risques de travaux imprévus et massifs y sont limités.

L'isolation thermique par l'extérieur (ITE) : le gain maximal

L'ITE est souvent le poste de travaux le plus cher, mais c'est celui qui offre le meilleur retour sur investissement. En isolant les murs, on peut réduire la facture de chauffage de 30 % à 50 %. Cette baisse se répercute immédiatement sur les charges de copropriété courantes. De plus, de nombreuses aides publiques (MaPrimeRénov' Copropriété, certificats d'économie d'énergie) viennent alléger la facture pour les propriétaires. En 2026, un logement situé dans une copropriété isolée bénéficie d'un meilleur DPE, ce qui permet de louer plus cher ou de vendre plus vite.

La modernisation des systèmes de chauffage et de ventilation

Remplacer une vieille chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur collective ou un raccordement au réseau de chaleur urbain est un levier puissant. Associé à une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) performante, cela garantit un air sain et des économies pérennes. Ces charges de copropriété de rénovation transforment l'immeuble. Les investisseurs doivent voir ces dépenses comme une capitalisation : l'argent "perdu" dans les travaux est récupéré par la baisse des charges de fonctionnement et la valorisation du prix au mètre carré de l'appartement.

Quelles sont les charges récupérables sur le locataire en investissement locatif ?

Pour un propriétaire bailleur, la notion de "charges récupérables" est vitale. Ce sont les charges de copropriété qu'il paie initialement au syndic, mais qu'il se fait rembourser par son locataire. La liste de ces charges est fixée de manière limitative par le décret du 26 août 1987, et toute tentative d'en réclamer davantage est illégale.

La liste des dépenses imputables au locataire

Le locataire doit payer pour ce qu'il consomme et pour les services dont il bénéficie directement. Cela comprend : l'eau froide, l'eau chaude, le chauffage collectif, l'électricité des parties communes, ainsi que les frais liés au nettoyage de l'immeuble (produits ménagers, salaire du personnel d'entretien). Les taxes liées à l'usage, comme la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), font également partie des charges de copropriété récupérables. Il est essentiel pour le bailleur de bien provisionner ces sommes chaque mois en plus du loyer pour éviter une régularisation annuelle trop lourde qui pourrait mettre le locataire en difficulté de paiement.

Les frais restant à la charge exclusive du propriétaire

Certaines charges de copropriété ne sont jamais récupérables. Il s'agit principalement des frais liés à la propriété du bien et à la structure de l'immeuble : honoraires du syndic, frais de tenue des assemblées générales, travaux de ravalement, réparations importantes des canalisations ou de la toiture, et assurance de l'immeuble (PNO). Ces frais constituent la part "non récupérable" du budget. Un investisseur doit donc calculer sa rentabilité sur le loyer net de ces charges de gestion et de conservation, qui peuvent représenter 20 % à 30 % du total des appels de fonds.

La régularisation des charges locatives en fin d'année

Une fois par an, le propriétaire bailleur doit procéder à la régularisation des charges avec son locataire. Il lui envoie un décompte détaillé par nature de charges (eau, électricité, entretien) en se basant sur le relevé annuel envoyé par le syndic. Si les provisions versées par le locataire ont été supérieures aux charges de copropriété réelles récupérables, le propriétaire doit rembourser le trop-perçu. Dans le cas inverse, il demande un complément. En 2026, la transparence est de mise : le bailleur doit tenir les justificatifs à disposition du locataire pendant un mois après l'envoi du décompte. Une gestion rigoureuse de ce processus évite bien des litiges devant la commission de conciliation.

FAQ - Charges de copropriété : ce qu'il faut savoir avant d'investir

Qui paie les charges de copropriété lors d'une vente immobilière ?

Le principe légal est simple : celui qui est propriétaire au moment où l'appel de fonds est envoyé par le syndic est redevable de la totalité du trimestre. Cependant, lors de la signature devant notaire, il est d'usage de prévoir une répartition "prorata temporis". Le vendeur et l'acheteur se partagent alors les charges de copropriété du trimestre en cours selon le nombre de jours d'occupation de chacun. Pour les travaux votés avant la vente mais non encore appelés, la règle par défaut veut qu'ils incombent à celui qui est propriétaire au moment de l'appel, mais une clause contraire dans le compromis de vente peut en décider autrement.

Le locataire a-t-il le droit de consulter les justificatifs des charges ?

Oui, c'est un droit absolu. Après la régularisation annuelle, le propriétaire bailleur doit mettre à disposition du locataire toutes les pièces justificatives (factures d'énergie, contrats d'entretien, taxe d'ordures ménagères) pendant un délai d'un mois. En 2026, cette consultation peut souvent se faire de manière dématérialisée via l'accès locataire fourni par certains syndics. Si le propriétaire refuse cette consultation, le locataire est en droit de suspendre le paiement du complément de charges réclamé lors de la régularisation.

Un copropriétaire peut-il arrêter de payer ses charges en cas de litige ?

Absolument pas. L'obligation de payer les charges de copropriété est indépendante des éventuels conflits entre un propriétaire et son syndic ou ses voisins. Même si vous estimez que l'immeuble est mal entretenu ou que les travaux votés sont illégaux, vous devez payer vos appels de fonds. Si vous cessez de payer, le syndic pourra engager des procédures de recouvrement forcé (mise en demeure, hypothèque légale, saisie-vente) dont les frais vous seront intégralement facturés. La seule voie légale est de payer puis de contester la décision en justice.

Comment savoir si les charges de copropriété sont trop élevées ?

Pour évaluer si les charges de copropriété d'un bien sont dans la moyenne, on utilise généralement le coût annuel au mètre carré. En 2026, pour un immeuble standard sans services lourds, la moyenne se situe entre 25 € et 40 €/m²/an. Au-delà de 50 €/m²/an, il faut chercher une explication : présence d'un gardien, chauffage collectif très énergivore ou ascenseurs multiples. Comparer les charges de deux appartements similaires dans le même quartier est également une excellente méthode pour déceler une gestion défaillante ou des frais de structure injustifiés.

Les honoraires du syndic sont-ils récupérables sur le locataire ?

Non, les honoraires de gestion du syndic professionnel ou les frais de fonctionnement du syndic bénévole ne font pas partie des charges de copropriété récupérables. Ils sont considérés comme des frais liés à l'administration de la propriété, qui incombent exclusivement au propriétaire. Le locataire paie pour les services concrets (ménage, eau), mais pas pour le fonctionnement administratif de la structure juridique qu'est le syndicat des copropriétaires.

Est-il possible de modifier la répartition des charges ?

La modification des clés de répartition des charges de copropriété est très complexe. Elle nécessite en général un vote à l'unanimité des copropriétaires lors de l'assemblée générale, ce qui est quasi impossible à obtenir en pratique. Il existe deux exceptions : si la modification est rendue nécessaire par des travaux (ex: division d'un lot) ou par un changement d'usage, le vote peut se faire à une majorité moins stricte. Enfin, un copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire s'il prouve que sa part de charges est supérieure de plus d'un quart à ce qu'elle devrait être, ou si la part d'un autre lot est inférieure de plus d'un quart.

Qu'est-ce que l'état daté et combien coûte-t-il ?

L'état daté est un document que le syndic doit obligatoirement fournir au notaire avant la vente définitive. Il détaille la situation financière précise du lot : charges de copropriété impayées, travaux votés restant à payer, provisions pour fonds de travaux. Depuis 2020, le tarif de l'état daté est plafonné à 380 € TTC. C'est le vendeur qui supporte ce coût. Ce document est indispensable pour l'acheteur car il garantit qu'il ne récupère pas les dettes du précédent propriétaire vis-à-vis du syndicat.

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