Les droits et obligations du propriétaire bailleur

✍ Les points à retenir : Droits et Devoirs
- L'obligation de délivrer un logement décent : Le bien ne doit pas présenter de risques pour la sécurité ou la santé. En 2026, la décence inclut impérativement un DPE minimal (interdiction de louer les passoires thermiques classées G et progressivement F).
- Le droit de percevoir le loyer et les charges : C'est le droit principal. Le loyer doit être payé à la date convenue. En cas d'impayé, le bailleur peut activer les garanties (caution, GLI, Visale) et engager une procédure de résiliation de bail.
- L'obligation d'entretien et de réparation : Le propriétaire doit prendre à sa charge les "grosses réparations" (toiture, chaudière, fenêtres, vétusté) tandis que le locataire gère l'entretien courant.
- Le droit d'accès (sous conditions) : Le bailleur ne peut pas entrer chez le locataire sans son accord, même pour des réparations urgentes, sauf clause spécifique ou autorisation judiciaire. La violation de domicile est un délit pénal.
- L'obligation de fournir les quittances : Si le locataire en fait la demande, le bailleur est tenu de lui remettre gratuitement une quittance de loyer détaillant le loyer et les charges acquittées.
Le respect des normes de décence et de sécurité en 2026
La notion de décence s'est considérablement élargie au cours des dernières années. Le propriétaire bailleur est désormais responsable de la sécurité physique, mais aussi de la santé des occupants. En 2026, cela inclut l'absence de nuisibles (punaises de lit, rongeurs) au moment de l'entrée dans les lieux, ainsi qu'une étanchéité parfaite à l'air et à l'eau. Les installations électriques et de gaz doivent être vérifiées et conformes aux normes de sécurité les plus récentes. Le bailleur ne peut se soustraire à ces obligations en insérant une clause de "logement en l'état" dans le bail ; une telle mention est réputée non écrite et expose le propriétaire à des sanctions lourdes en cas de litige.
Les prérogatives du bailleur durant la vie du bail
Bien que le locataire jouisse d'un droit de jouissance paisible, le propriétaire bailleur conserve des droits essentiels pour la sauvegarde de son patrimoine. En 2026, le droit de révision annuelle du loyer, basé sur l'Indice de Référence des Loyers (IRL), est un mécanisme crucial pour compenser l'inflation et les coûts d'entretien. De plus, le bailleur dispose d'un droit d'accès au logement pour réaliser des travaux urgents ou des travaux d'amélioration, à condition d'en informer le locataire par écrit en respectant un préavis raisonnable. Ce droit de visite s'exerce également lors de la remise en location ou de la vente du bien, encadré par des plages horaires définies pour ne pas porter atteinte à l'intimité du locataire.
Le bail de location : cadre juridique et clauses obligatoires entre les parties
Le bail est le document de référence qui cristallise l'accord entre le locataire et le propriétaire bailleur. En 2026, la standardisation des contrats est la norme, mais la personnalisation de certaines clauses reste possible pour s'adapter à la typologie du logement (meublé, vide, colocation). Un bail solide est la première protection contre les contentieux futurs. Il doit définir avec précision la consigne des lieux, la répartition des charges et les modalités de paiement, tout en intégrant les annexes obligatoires comme la notice d'information et les extraits du règlement de copropriété le cas échéant.
Les clauses indispensables pour sécuriser le contrat
Chaque propriétaire bailleur doit s'assurer que le bail contient les mentions obligatoires prévues par la loi. Outre l'identité des parties et la durée du bail, la désignation précise des locaux et des équipements privatifs est fondamentale. En 2026, il est également impératif de mentionner le loyer de référence et le loyer de référence majoré si le logement se situe dans une zone soumise à l'encadrement des loyers. Une clause résolutoire, permettant la résiliation de plein droit du bail en cas d'impayés de loyers ou de charges, doit être systématiquement insérée pour permettre au bailleur d'engager rapidement des procédures de recouvrement ou d'expulsion si la situation l'exige.
La gestion du dépôt de garantie et de la caution
Le propriétaire bailleur a le droit de demander un dépôt de garantie pour couvrir d'éventuels manquements du locataire (dégradations, impayés). En 2026, son montant est strictement encadré : un mois de loyer hors charges pour une location vide et jusqu'à deux mois pour un meublé. Ce montant ne peut être révisé en cours de bail. Parallèlement, le bailleur peut exiger un acte de cautionnement. Qu'il s'agisse d'une caution solidaire physique ou d'une garantie visale, cet engagement tiers est un pilier de la sécurisation locative. Le bailleur doit toutefois veiller à la forme de l'acte de cautionnement, qui doit comporter des mentions manuscrites ou électroniques certifiées pour être opposable devant les tribunaux.
Les annexes techniques et environnementales du bail
Un bail ne se limite plus aux seules conditions financières. Le propriétaire bailleur doit y annexer le Dossier de Diagnostic Technique (DDT). En 2026, ce dossier comprend le DPE, l'état de l'installation électrique et gaz, le diagnostic amiante pour les immeubles anciens, et l'état des risques et pollutions. L'absence de l'un de ces documents au moment de la signature peut entraîner une demande de diminution de loyer ou la nullité du bail. De plus, la notice d'information relative aux droits et obligations des parties doit être remise systématiquement, garantissant ainsi que le locataire a pris connaissance de l'étendue de ses responsabilités dès son entrée dans les lieux.
Les obligations du propriétaire : fournir un logement décent et sécurisé
L'obligation de délivrance d'un logement décent est le socle de la responsabilité du propriétaire bailleur. En 2026, la décence ne s'apprécie plus seulement sur l'aspect visuel du bien, mais sur sa capacité à offrir un environnement sain et sécurisant sur le long terme. Cette obligation est continue : elle doit être respectée à la signature du bail, mais aussi tout au long de l'occupation. Le bailleur qui faillit à cette mission s'expose à des injonctions de travaux, à la suspension des aides au logement et à des dommages et intérêts significatifs.
Les critères de surface et de volume habitables
Pour qu'un logement puisse être loué par un propriétaire bailleur, il doit respecter des critères de dimension minimaux. Le logement doit disposer d'au moins une pièce principale ayant soit une surface habitable de 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond de 2,20 mètres, soit un volume habitable de 20 mètres cubes. Ces mesures doivent être calculées avec précision, en excluant les surfaces dont la hauteur est inférieure à 1,80 mètre. En 2026, le respect de ces seuils est scrupuleusement vérifié, notamment dans le cadre de la lutte contre l'habitat indigne et les "marchands de sommeil".
La sécurité des installations et la santé des occupants
Le propriétaire bailleur doit garantir que le logement ne présente pas de risques manifestes pour la sécurité physique des occupants. Cela implique des garde-corps solides aux fenêtres et balcons, des escaliers sécurisés et des installations de chauffage conformes. En 2026, la lutte contre l'humidité et le saturnisme reste une priorité. Les murs ne doivent pas présenter d'infiltrations ni de moisissures persistantes, et les peintures au plomb doivent être recouvertes ou supprimées si elles sont dégradées. La présence d'un détecteur de fumée fonctionnel, installé et entretenu selon les normes, est également une condition sine qua non de la décence locative.
Les équipements de confort et d'usage
Un logement décent doit permettre au locataire d'y vivre normalement. Le propriétaire bailleur a l'obligation de fournir un accès à l'eau potable, un système d'évacuation des eaux usées performant, ainsi qu'une cuisine ou un coin cuisine permettant l'installation d'un appareil de cuisson. En 2026, le chauffage doit être capable de maintenir une température minimale de 19°C dans les pièces principales. L'éclairage naturel et une aération suffisante sont également des critères de décence obligatoires. Si l'un de ces éléments fait défaut, le locataire est en droit d'exiger une mise en conformité aux frais exclusifs du bailleur, sans que cela puisse justifier une augmentation de loyer immédiate.
Performance énergétique et DPE : les nouvelles obligations de rénovation du bailleur
La transition énergétique a transformé le métier de propriétaire bailleur. En 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) n'est plus un simple document informatif, mais un véritable régulateur du marché locatif. La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier strict d'interdiction de location pour les logements les plus énergivores. Pour le bailleur, la rénovation énergétique est devenue une nécessité non seulement légale, mais aussi patrimoniale, pour éviter l'obsolescence de ses actifs immobiliers.
L'interdiction de louer les "passoires thermiques"
En 2026, les logements classés G sont déjà exclus du marché locatif, et les logements classés F s'apprêtent à subir le même sort. Le propriétaire bailleur ne peut plus proposer de nouveaux baux pour ces biens sans réaliser des travaux d'isolation ou de changement de système de chauffage. De plus, le gel des loyers s'applique désormais à tous les logements classés F et G, interdisant toute révision annuelle ou augmentation lors d'un changement de locataire. Cette mesure vise à inciter les bailleurs à investir dans la performance thermique pour offrir aux locataires des logements moins coûteux en énergie et plus confortables.
Les travaux d'amélioration énergétique à la charge du bailleur
Pour atteindre les seuils de décence énergétique, le propriétaire bailleur doit entreprendre des travaux souvent lourds : isolation par l'extérieur ou par l'intérieur, remplacement des menuiseries par du double ou triple vitrage, installation de pompes à chaleur ou raccordement aux réseaux de chaleur urbains. En 2026, ces travaux sont à la charge exclusive du bailleur. Toutefois, si les travaux permettent un gain énergétique significatif prouvé par un DPE après travaux, le bailleur peut, sous certaines conditions et avec l'accord du locataire en place, appliquer une majoration de loyer pour compenser une partie de l'investissement réalisé.
Les dispositifs d'accompagnement et d'aide financière
Conscient de la charge financière que représentent ces obligations, l'État a maintenu et renforcé en 2026 les dispositifs d'aide pour le propriétaire bailleur. MaPrimeRénov' Copropriété et les aides individuelles sont accessibles sous conditions de ressources et de gain énergétique. Le bailleur peut également bénéficier de l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer ses travaux sans intérêts, ainsi que de déductions fiscales importantes via le mécanisme du déficit foncier. Ces leviers financiers sont essentiels pour permettre aux bailleurs de transformer leurs passoires thermiques en logements économes et attractifs, tout en valorisant leur capital immobilier à long terme.
Les spécificités des obligations en location meublée : mobilier et équipements
La location meublée répond à des règles spécifiques qui s'ajoutent aux obligations classiques du propriétaire bailleur. En 2026, la définition d'un logement meublé est strictement encadrée par un inventaire minimum d'équipements que le bailleur doit fournir. Ce mode de location, souvent plus rentable, exige une gestion plus active et un entretien régulier du mobilier pour justifier le statut de meublé et les avantages fiscaux qui y sont associés.
La liste obligatoire des meubles et équipements
Pour qu'une location soit légalement qualifiée de meublée, le propriétaire bailleur doit fournir au minimum : une literie complète, des volets ou rideaux dans les chambres, des plaques de cuisson, un four ou micro-ondes, un réfrigérateur, de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, une table et des sièges, des étagères de rangement, des luminaires et du matériel d'entretien ménager. En 2026, l'absence de l'un de ces éléments peut entraîner la requalification du bail meublé en bail de location nue, avec des conséquences lourdes sur la durée du préavis et la fiscalité. L'inventaire détaillé, annexé au bail, est le document qui prouve le respect de cette obligation.
L'entretien et le remplacement du mobilier
Contrairement à la location nue où le locataire apporte ses meubles, le propriétaire bailleur en meublé reste responsable de l'état des équipements fournis. Si un appareil électroménager tombe en panne par vétusté, le bailleur doit le réparer ou le remplacer à ses frais dans un délai raisonnable. En 2026, cette obligation de maintien en l'état s'applique également au mobilier : un canapé déchiré ou une literie affaissée doivent être renouvelés pour garantir la décence de la location meublée. Le bailleur doit donc prévoir une provision budgétaire pour le renouvellement cyclique des équipements, afin de maintenir l'attractivité et la conformité de son bien.
La durée du bail et les conditions de préavis
Le propriétaire bailleur en meublé bénéficie de conditions de durée plus souples. Le bail classique est d'un an reconductible, mais il peut être réduit à 9 mois pour un étudiant (sans reconduction automatique) ou de 1 à 10 mois pour un bail mobilité. Le préavis pour le locataire est d'un mois seulement, ce qui offre une grande flexibilité. En revanche, le bailleur qui souhaite donner congé doit respecter un préavis de 3 mois et motiver sa décision par la vente du bien, la reprise pour y habiter ou un motif légitime et sérieux. En 2026, ces délais sont strictement surveillés pour éviter les congés frauduleux visant à augmenter artificiellement le loyer entre deux locataires.
Les droits du propriétaire : perception du loyer, révision et droit de visite
Le propriétaire bailleur dispose de droits fondamentaux qui constituent la contrepartie de ses obligations. Le droit le plus manifeste est celui de percevoir le loyer à la date convenue, mais ses prérogatives s'étendent également à la gestion de la valeur locative du bien et à la surveillance de son état général. En 2026, ces droits sont encadrés pour éviter les abus, tout en garantissant que le bailleur puisse exercer son activité de manière rentable et sécurisée.
La perception du loyer et des charges
La perception du loyer est la raison d'être de l'investissement locatif. Le propriétaire bailleur a le droit d'exiger le paiement intégral et ponctuel du loyer et des charges provisionnelles. En 2026, l'utilisation de moyens de paiement automatisés (virements) est généralisée pour faciliter le suivi. Le bailleur a l'obligation de délivrer gratuitement une quittance de loyer si le locataire en fait la demande, une fois le paiement reçu. Les charges récupérables, quant à elles, doivent faire l'objet d'une régularisation annuelle transparente, basée sur les factures réelles et les justificatifs que le bailleur doit tenir à disposition du locataire.
Le mécanisme de révision annuelle du loyer
Pour préserver la rentabilité de son investissement, le propriétaire bailleur a le droit de réviser le loyer une fois par an, à condition qu'une clause de révision soit prévue dans le bail. En 2026, cette révision est indexée sur l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié par l'INSEE. Le bailleur dispose d'un délai d'un an à compter de la date anniversaire du bail pour manifester sa volonté de réviser le loyer. Passé ce délai, la révision pour l'année écoulée est perdue. Il est important de noter qu'en 2026, les logements ayant un mauvais DPE (F ou G) sont privés de ce droit de révision, soulignant encore une fois l'importance de la performance énergétique.
L'exercice du droit de visite et d'accès au logement
Bien que le logement soit le domicile privé du locataire, le propriétaire bailleur dispose d'un droit de visite encadré. Ce droit s'applique dans trois cas précis : pour vérifier l'état d'entretien du logement (généralement une fois par an si clause insérée), pour faire visiter le bien en vue d'une vente ou d'une relocation, ou pour réaliser des travaux. Le bailleur ne peut jamais entrer dans le logement sans l'accord préalable du locataire, sous peine de poursuites pour violation de domicile. En 2026, la courtoisie et le respect des délais de préavis sont essentiels pour maintenir une relation locative apaisée tout en veillant à la conservation du patrimoine.
Les garanties et assurances pour protéger son patrimoine immobilier
Protéger son investissement est une priorité pour tout propriétaire bailleur. En 2026, les risques locatifs (impayés, dégradations, responsabilité civile) sont réels et peuvent fragiliser la rentabilité d'une opération. Le bailleur a donc le droit, et souvent l'obligation, de s'assurer contre ces aléas. Le choix des garanties doit être stratégique et adapté au profil du locataire ainsi qu'à la valeur du bien immobilier.
L'assurance Propriétaire Non-Occupant (PNO)
L'assurance PNO est devenue indispensable pour le propriétaire bailleur, et elle est obligatoire si le logement est situé en copropriété. Elle couvre la responsabilité civile du propriétaire envers le locataire et les tiers (par exemple, en cas de dégât des eaux trouvant son origine dans un défaut d'entretien des canalisations privatives). En 2026, cette assurance prend également le relais lorsque le logement est vacant entre deux locataires, offrant une protection continue du patrimoine. Les primes d'assurance PNO sont, de plus, intégralement déductibles des revenus fonciers pour les bailleurs imposés au régime réel.
La Garantie des Loyers Impayés (GLI)
Pour sécuriser ses revenus fonciers, le propriétaire bailleur peut souscrire une GLI. Cette assurance privée prend en charge les loyers, les charges et les taxes impayés, ainsi que les frais de procédure judiciaire et les éventuelles dégradations immobilières constatées au départ du locataire. En 2026, les contrats de GLI sont de plus en plus complets mais imposent des critères de sélection des locataires très précis (CDI, revenus trois fois supérieurs au loyer, etc.). Le bailleur doit être vigilant lors de la souscription pour s'assurer que le dossier du locataire est bien éligible, sous peine de voir l'indemnisation refusée en cas de sinistre.
La Garantie Visale et les aides publiques
Pour les bailleurs qui souhaitent louer à des profils plus jeunes ou précaires sans pour autant sacrifier leur sécurité, la garantie Visale est un outil précieux en 2026. Gratuite pour le propriétaire bailleur et le locataire, elle est gérée par Action Logement. Elle couvre les impayés de loyer et les dégradations pendant toute la durée du bail, dans une certaine limite de montant. Ce dispositif public permet de fluidifier l'accès au logement tout en offrant au bailleur une garantie solide et une gestion simplifiée des dossiers. C'est une excellente alternative à la caution solidaire classique, souvent source de complexité administrative et juridique.
La gestion des impayés et des dégradations : procédures et recours légaux
Malgré toutes les précautions prises, le propriétaire bailleur peut être confronté à un défaut de paiement ou à un logement rendu en mauvais état. En 2026, la réactivité est le maître-mot. Le droit français prévoit des procédures précises pour résoudre ces conflits, mais elles exigent une rigueur absolue dans le respect des délais et des formes. Le bailleur ne doit jamais tenter de se faire justice lui-même (expulsion forcée, coupure d'énergie), au risque de se retrouver lui-même devant les tribunaux correctionnels.
La procédure de recouvrement des loyers impayés
Dès le premier jour de retard, le propriétaire bailleur doit agir. Cela commence par une relance amiable, suivie d'une mise en demeure par lettre recommandée. Si la situation perdure, le bailleur doit faire appel à un commissaire de justice (anciennement huissier) pour signifier un commandement de payer. En 2026, ce commandement déclenche un délai de deux mois pendant lequel le locataire peut régler sa dette ou solliciter des aides. Passé ce délai, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et demander l'expulsion, une procédure qui reste longue mais qui est la seule issue légale pour récupérer son bien.
L'état des lieux et la retenue sur dépôt de garantie
La gestion des dégradations repose entièrement sur l'état des lieux de sortie comparé à celui d'entrée. En 2026, le propriétaire bailleur a le droit d'imputer sur le dépôt de garantie les sommes nécessaires aux réparations locatives, à condition qu'elles soient justifiées par des devis ou des factures. Attention : le bailleur ne peut rien retenir pour la "vétusté" (usure normale du temps), dont une grille de vétusté annexée au bail permet souvent de définir les limites. Le délai de restitution du dépôt de garantie est d'un mois si l'état des lieux est conforme, et de deux mois dans le cas contraire, déduction faite des sommes dues.
Le recours à la médiation et à la protection juridique
Avant d'engager des poursuites lourdes, le propriétaire bailleur a tout intérêt à tenter une médiation. En 2026, les Commissions Départementales de Conciliation (CDC) sont des interlocuteurs gratuits et efficaces pour résoudre les litiges relatifs aux loyers, aux charges ou aux travaux. Parallèlement, si le bailleur dispose d'une protection juridique (souvent incluse dans ses contrats d'assurance), il peut bénéficier d'une assistance conseil et d'une prise en charge des honoraires d'avocat. La résolution amiable est souvent préférable car elle permet de limiter les frais et de trouver une solution plus rapide que le passage devant les tribunaux, souvent encombrés.
Les obligations fiscales et déclaratives du bailleur selon le type de location
La fiscalité est un volet majeur des responsabilités du propriétaire bailleur. En 2026, le système fiscal français offre plusieurs régimes selon que la location est vide ou meublée, et selon le montant des revenus perçus. Le bailleur a l'obligation de déclarer ses revenus fonciers chaque année et de s'acquitter des impôts et prélèvements sociaux correspondants. Une gestion optimisée permet de réduire légalement la pression fiscale tout en respectant scrupuleusement les obligations déclaratives.
Le régime des revenus fonciers (location nue)
Pour la location vide, le propriétaire bailleur dépend du régime des revenus fonciers. Si les revenus sont inférieurs à 15 000 €, il peut opter pour le micro-foncier avec un abattement forfaitaire de 30 %. Au-delà, ou sur option, le régime réel s'applique. Ce dernier est souvent avantageux car il permet de déduire l'intégralité des charges réelles : travaux, intérêts d'emprunt, assurances, taxes foncières. En 2026, le mécanisme du déficit foncier permet même, en cas de travaux importants, d'imputer le déficit sur le revenu global dans une certaine limite, réduisant ainsi l'impôt total du foyer fiscal.
La fiscalité du LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel)
La location meublée relève des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Le propriétaire bailleur en meublé peut choisir le micro-BIC (abattement de 50 %) ou le régime réel simplifié. Ce dernier est particulièrement puissant car il permet l'amortissement comptable du bien et du mobilier. En 2026, l'amortissement permet souvent d'aboutir à un bénéfice imposable nul ou très faible pendant de nombreuses années, tout en percevant des loyers réels. C'est un levier d'optimisation majeur pour le bailleur, mais qui exige une comptabilité rigoureuse, souvent confiée à un expert-comptable pour éviter tout redressement.
La déclaration de l'état d'occupation des logements
Une nouvelle obligation administrative s'est imposée à tout propriétaire bailleur depuis quelques années : la déclaration de l'état d'occupation des biens sur le portail "Gérer mes biens immobiliers". En 2026, le bailleur doit déclarer l'identité des occupants de ses logements au 1er janvier de chaque année. Cette démarche permet à l'administration fiscale d'établir correctement la taxe foncière et, le cas échéant, la taxe sur les logements vacants ou la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. L'omission de cette déclaration est passible d'une amende forfaitaire par local non déclaré, rendant cette formalité administrative incontournable pour le bailleur vigilant.
FAQ - Les droits et obligations du propriétaire bailleur
Quelles sont les réparations à la charge exclusive du locataire ?
Le locataire est responsable de l'entretien courant et des menues réparations : changement d'ampoules, entretien des joints, graissage des gonds, entretien de la chaudière (si contrat annuel obligatoire), ou encore remplacement des vitres brisées par sa faute. Le propriétaire bailleur n'intervient que pour les réparations liées à la vétusté ou aux vices de construction.
Puis-je refuser un locataire qui a un animal de compagnie ?
Non, un propriétaire bailleur ne peut pas interdire la détention d'un animal de compagnie dans un contrat de location d'habitation (sauf pour les chiens de première catégorie dits "dangereux"). Toute clause interdisant les animaux domestiques est réputée non écrite. Cependant, le locataire reste responsable des éventuels dégâts ou nuisances sonores causés par son animal.
Est-il possible d'augmenter le loyer en cours de bail sans travaux ?
L'augmentation de loyer en cours de bail n'est possible que via la révision annuelle indexée sur l'IRL, à condition qu'une clause de révision figure dans le contrat. Hors cette indexation et hors cas spécifique de travaux d'amélioration importants, le propriétaire bailleur ne peut pas augmenter unilatéralement le loyer durant toute la durée du bail.
Que faire si le locataire refuse d'ouvrir la porte pour des travaux urgents ?
Si les travaux sont urgents et nécessaires au maintien en l'état ou à la décence du logement, le locataire ne peut pas s'y opposer. Le propriétaire bailleur doit lui signifier la nature et la date des travaux par lettre recommandée. En cas de refus persistant, le bailleur peut saisir le juge en référé pour obtenir l'autorisation d'accès forcée avec l'assistance d'un commissaire de justice.
Le bailleur peut-il garder tout le dépôt de garantie pour des murs sales ?
Non. Le propriétaire bailleur doit faire la distinction entre l'usure normale (murs jaunis par le temps) et les dégradations (trous non rebouchés, taches). Seules les dégradations manifestes peuvent donner lieu à une retenue, justifiée par un devis ou une facture. Si le logement est rendu propre mais simplement "usé", le dépôt de garantie doit être restitué intégralement.
Peut-on louer un logement sans chauffage en 2026 ?
Absolument pas. Un logement sans installation permettant un chauffage normal est considéré comme non décent. Le propriétaire bailleur a l'obligation de fournir un équipement de chauffage permanent et sécurisé. Si l'installation tombe en panne en hiver, le bailleur doit la faire réparer en urgence, sous peine de devoir indemniser le locataire pour le préjudice subi.
Comment résilier le bail pour vendre mon bien immobilier ?
Le propriétaire bailleur doit donner congé au locataire au moins 6 mois avant la fin du bail (en location nue) ou 3 mois (en meublé). La lettre de congé doit mentionner le prix et les conditions de vente car, en location nue, le locataire bénéficie d'un droit de préemption prioritaire pour acheter le logement. En 2026, la forme de cette notification est strictement encadrée par la loi pour protéger les droits du locataire.
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