L'assurance vie au zénith : les raisons d'un succès historique pour l'épargne française

L'assurance vie confirme son statut de placement favori des Français en signant une performance historique en cette fin d'année. Portée par la baisse d'attractivité des livrets réglementés et l'insolente santé des marchés financiers, elle s'apprête désormais à recueillir une manne financière massive issue des anciens plans d'épargne logement.
Le désamour du Livret A profite massivement aux supports financiers
Le paysage de l'épargne en France subit une mutation profonde. En novembre 2025, l'assurance vie a enregistré des versements à hauteur de 15,7 milliards d'euros, une progression de 4 % sur un an qui hisse ce mois au rang de record absolu. Ce dynamisme s'explique par un effet de vases communicants : alors que le rendement du Livret A a chuté de 2,4 % à 1,7 % l'été dernier, et qu'une nouvelle baisse à 1,5 % est anticipée pour février 2026, les investisseurs se tournent vers des solutions plus rémunératrices.
Les chiffres de la collecte nette, qui s'élèvent à 4,8 milliards d'euros après déduction des retraits (10,9 milliards), frôlent le sommet historique établi il y a vingt ans. Dans le même temps, les placements réglementés affichent une décollecte préoccupante de 3,6 milliards d'euros sur l'année. La vitalité boursière, illustrée par un CAC 40 en hausse de plus de 10 %, a particulièrement favorisé les unités de compte dont la croissance a atteint 8 %, surpassant nettement les fonds en euros traditionnels plafonnés à 2 %.
| Indicateur d'épargne (Novembre 2025) | Valeur / Variation |
|---|---|
| Collecte brute Assurance vie | 15,7 milliards € |
| Collecte nette (après prestations) | + 4,8 milliards € |
| Décollecte cumulée du Livret A (11 mois) | - 3,6 milliards € |
| Performance annuelle du CAC 40 | + 10 % |
L'échéance des PEL : un gisement de 93 milliards d'euros pour 2026
L'horizon 2026 s'annonce encore plus radieux pour les assureurs. En vertu d'une disposition législative de 2010, les Plans d'Épargne Logement (PEL) souscrits depuis mars 2011 seront automatiquement clôturés dès leur quinzième anniversaire. Ce mécanisme va libérer une réserve de capitaux colossale. Selon les projections de la Banque de France, ce sont environ 3,2 millions de contrats qui arriveront à leur terme d'ici 2030.
Cette transition forcée représente une enveloppe globale de 93 milliards d'euros que les ménages devront réallouer. L'assurance vie, qui capte déjà 40 % de l'épargne financière des Français, apparaît comme la destination naturelle pour ces fonds. La capacité des gestionnaires à proposer des supports diversifiés sera déterminante pour transformer cette sortie massive d'épargne logement en une croissance durable pour les contrats d'assurance vie.
Une domination renforcée par les perspectives de rendement
La tendance actuelle montre que les épargnants privilégient désormais la performance à la liquidité immédiate. L'attrait pour les unités de compte, malgré une prise de risque plus élevée, témoigne d'une maturité croissante des investisseurs face à l'érosion des taux des placements sans risque. Cette orientation stratégique, combinée à l'afflux des capitaux libérés par les PEL, pourrait asseoir définitivement la suprématie de l'assurance vie dans le patrimoine national.
Le secteur doit cependant rester vigilant face à la volatilité des marchés. Si la hausse actuelle des indices boursiers soutient la collecte, la stabilité des fonds en euros reste un argument de poids pour les profils les plus prudents. L'équilibre entre sécurité et recherche de rendement sera la clé pour maintenir ce niveau de collecte exceptionnel tout au long de l'année 2026.