Renaissance du fonds euros : l'embellie confirmée pour l'épargne sécurisée en 2026

Après plusieurs années de désintérêt, les épargnants français plébiscitent à nouveau le fonds euros au sein de leurs contrats d'assurance vie. Porté par une remontée des taux et une fiscalité stable, ce support sécurisé s'impose de nouveau comme le pilier d'une stratégie patrimoniale prudente.
Un basculement majeur de la collecte vers les supports garantis
Le paysage de l'épargne française connaît une mutation profonde. Alors qu'en 2024, les fonds euros subissaient une fuite de capitaux massive avec une décollecte nette frôlant les 4,3 milliards d'euros, l'année 2025 a marqué un tournant historique. Selon les indicateurs de France Assureurs, la tendance s'est inversée de manière spectaculaire, affichant une collecte positive d'environ 10 milliards d'euros sur les onze premiers mois de l'année.
Ce renouveau s'explique par une compétitivité retrouvée. Le cabinet Facts & Figures anticipe une rémunération moyenne de 2,65 % pour 2025. Si cette hausse paraît modérée par rapport aux 2,64 % des deux exercices précédents, elle offre une visibilité et une stabilité qui faisaient défaut durant la dernière décennie. Les investisseurs, en quête de protection du capital, retrouvent ainsi le chemin de l'assurance vie au détriment d'autres placements plus volatils.
| Indicateur | Données 2024 (N-1) | Données 2025/2026 |
|---|---|---|
| Collecte nette (Assurance Vie) | - 4,3 milliards € | + 10 milliards € |
| Rendement moyen fonds euros | 2,64 % | 2,65 % (est.) |
| Taux du Livret A | 3,00 % | 1,50 % (prévu fév. 2026) |
Le déclin du Livret A profite à l'assurance vie
L'attractivité du fonds euros est mécaniquement dopée par la chute de rendement de l'épargne réglementée. Dans un contexte de désinflation, le Livret A a vu sa rémunération fondre, passant de 3 % au début de l'année dernière à 1,7 % durant l'été 2025. Les prévisions pour février 2026 tablent sur un nouveau repli à 1,5 %, rendant le fonds euros nettement plus performant pour les capitaux dépassant les plafonds classiques.
De leur côté, les compagnies d'assurance profitent d'un cycle obligataire vertueux. En réinvestissant les nouveaux flux financiers dans des obligations dont le rendement excède 3 %, elles tirent vers le haut la performance globale de leurs portefeuilles. Cette dynamique permet de servir des taux plus généreux tout en reconstituant les provisions pour participation aux bénéfices, essentielles pour garantir la pérennité des gains futurs.
Des stratégies commerciales axées sur la fidélisation et les bonus
Pour amplifier ce retour en grâce, les acteurs majeurs du marché comme Crédit Agricole Assurances ou Société Générale Assurances déploient des offres incitatives en 2026. Ces dispositifs prennent souvent la forme de bonus de rendement, où le taux du fonds euros est majoré si l'épargnant accepte de diversifier une partie de son capital vers des unités de compte. Cette approche hybride permet de concilier sécurité et recherche de performance sur le long terme.
Aujourd'hui, le secteur dispose de réserves financières solides, limitant les risques de liquidité. Le fonds euros ne cherche plus à dominer l'intégralité du patrimoine comme par le passé, mais il réaffirme son rôle de socle indispensable. Pour les profils prudents, il constitue une alternative crédible offrant un couple rendement-risque optimisé dans un environnement monétaire qui s'équilibre enfin.