Budget 2026 : décryptage des mesures clés pour l'épargne et les contrats d'assurance

Après des débats parlementaires intenses conclus par un recours à l'article 49.3, la loi de Finances pour 2026 redessine les contours de l'épargne et de la protection des Français. Entre stabilité fiscale pour certains placements et nouveaux mécanismes de solidarité, ce budget impose une révision des stratégies patrimoniales, notamment pour les seniors.
Stabilité confirmée pour la fiscalité de l'assurance-vie et de l'auto
Malgré les incertitudes économiques, le gouvernement a choisi la carte de la continuité pour les placements préférés des Français. L'assurance-vie, qui culmine désormais à un encours historique de plus de 2 000 milliards d'euros, échappe à toute taxation supplémentaire sur ses fonds en euros. Ce maintien du cadre fiscal actuel est un signal fort envoyé aux épargnants qui cherchent à sécuriser leur transmission de patrimoine.
De la même manière, la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) pour les véhicules reste bloquée à 18 %. Cette décision vise à limiter l'envolée des dépenses contraintes, alors que les primes d'assurance automobile subissent déjà une pression inflationniste, avec des hausses de cotisations estimées entre 4 % et 6 % pour l'année 2026.
Épargne retraite : de nouvelles règles pour le PER dès 70 ans
Le Plan d'Épargne Retraite (PER), qui séduit aujourd'hui plus de 12 millions de Français pour un encours de 130 milliards d'euros, voit ses avantages fiscaux évoluer. Le Budget 2026 durcit les conditions pour les épargnants les plus âgés : les versements effectués après l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette mesure incite donc les actifs à consolider leur effort d'épargne plus tôt dans leur carrière.
En revanche, une flexibilité accrue est accordée via l'allongement du délai de report des plafonds de déduction non utilisés, qui passe de 3 à 5 ans. Par ailleurs, la fiscalité sur les gains (flat tax) connaît un léger ajustement à la hausse, atteignant 31,4 % contre 30 % auparavant.
| Dispositif | Ancienne règle | Nouvelle règle 2026 |
|---|---|---|
| Déduction PER après 70 ans | Autorisée | Supprimée |
| Rattrapage plafond épargne | 3 ans | 5 ans |
| Taxe terrorisme (FGTI) | 6,50 € | Jusqu'à 15 € |
Financement de la solidarité : émeutes et terrorisme
Le volet assurantiel de la loi de Finances 2026 introduit des mécanismes de financement pour faire face aux risques sociaux. Pour couvrir les dommages liés aux violences urbaines, une contribution de solidarité de 1,5 % est désormais imposée aux assureurs sur les primes collectées. Si cette taxe n'est pas directement prélevée sur le contrat du particulier, elle pourrait peser indirectement sur les futurs tarifs de l'assurance habitation et des pertes d'exploitation.
Concernant le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme (FGTI), la contribution forfaitaire subit une hausse drastique. Le prélèvement obligatoire sur chaque contrat auto et habitation peut désormais atteindre 15 euros par an, contre 6,50 euros précédemment. Cet élargissement de l'effort collectif est jugé indispensable par les autorités pour pérenniser l'indemnisation des victimes, alors que les réserves du fonds sont sollicitées par une hausse des dépenses de prise en charge.
En somme, si le Budget 2026 protège les piliers de l'épargne traditionnelle, il marque un tournant vers une fiscalité plus ciblée sur la fin de vie du PER et une participation accrue aux fonds de solidarité nationale. Il appartient désormais aux épargnants de réarbitrer leurs placements pour optimiser leur fiscalité avant les seuils d'âge critiques.