Crédit auto : en 2015, la LOA dicte sa loi

Hugo Eugene • 18 Avril 2016 • 16:03

En 2015, pour acheter un véhicule neuf, les Français ont eu massivement recours à la location avec option d'achat (LOA), autant qu'au crédit consommation classique. Une formule qui plait aux clients autant qu'aux constructeurs automobiles.

Crédit auto : en 2015, la LOA dicte sa loiDepuis près de deux ans, la LOA est devenue l'obsession des concessionnaires

C'est une pratique qui ne date pas d'hier. Imaginé il y a une vingtaine d'années et originaire d'Amérique du nord, le "leasing" a pourtant connu sa plus grande popularité en 2015, où son évolution du nom de LOA (Location avec option d'achat) a été massivement utilisée par les Français. Cette possibilité qu'a l'automobiliste de louer son véhicule pendant une période comprise entre 3 et 6 ans, plutôt que de l'acheter, lui laisse le choix de restituer l'auto en fin de contrat, ou bien de régler une somme convenue et en devenir le propriétaire.

Une croissance de 54% pour la LOA

Cette formule locative a connu un énorme succès ces derniers mois. Selon les chiffres de l'Association française des sociétés financières (ASF), en janvier 2016, elle a représenté près des deux tiers des nouveaux financements de voitures neuves. Sur un an, le volume des opérations de LOA a progressé de 54% alors que celui du crédit classique est resté quasi-stable.

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Pierre-Mathieu Lanfranchi, directeur des ventes Citroën Financement

Une tendance que confirme le concessionnaire Citroën. "Nous notons un bel engouement pour ce procédé depuis près de deux ans. Le dernier modèle de C4 Cactus, proposé en LOA avec une offre assez clivante de 159 euros par mois, connaît actuellement un taux de pénétration de 50%. Un client sur deux se le procure donc via ce dispositif, c'est un record pour la marque", observe Pierre-Mathieu Lanfranchi, directeur des ventes de Citroën Financement.

Option sécurisante pour les acheteurs

Comment expliquer l'attractivité soudaine des clients pour cette formule ? Pierre-Mathieu explique : "Avant, les clients étaient attachés à avoir leur nom inscrit sur la carte grise. Cette notion de propriété a tendance à se restreindre, pour laisser davantage de place à la location. Aujourd'hui, ils recherchent un coût d'usage uniquement et c'est dans ce sens que la LOA les sécurise".

Atout certain pour les acheteurs, l'intégration des coûts d'entretien du véhicule et l'extension de garantie dans les offres de financement permet de "budgetter" un total et d'éviter toutes les mauvaises surprises. A l'inverse des prestations de services, facturées en supplément dans le crédit classique. Autre aspect séduisant de la LOA pour les acheteurs, elle permet d'être toujours aux dernières normes en ce qui concerne la sécurité ou la pollution de l'environnement.

Un vecteur fort de fidélisation

Une sérénité qui a pourtant un coût. Généralement, la LOA est plus chère qu'un crédit classique, y compris en prenant en compte les frais d'entretien. Aussi, elle ne permet pas de récupérer un éventuel apport au moment de la restitution du véhicule. Enfin, ses contrats prévoient un kilométrage maximum, au-delà duquel les kilomètres supplémentaires seront facturés.

Mais la LOA ne présente pas des avantages uniquement pour les clients. Elle est un fort vecteur de fidélisation pour les constructeurs. "Au bout d'un contrat de location qui s'étale sur trois ou quatre ans environ, contre sept en crédit classique, nous avons 60% de notre clientèle qui se réengage chez nous, dans un nouveau contrat. La levée d'option d'achat est plus rare, mais elle existe, notamment quand il s'agit de parents souhaitant offrir le véhicule à leurs enfants", note Pierre-Mathieu Lanfranchi, avant de conclure : "Finalement, que ce soit pour les acheteurs ou les concessionnaires, chacun y trouve un intérêt".

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