Crise du logement et municipales 2026 : ce que les Français attendent de leurs futurs maires

À l'aube des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la question de l'habitat s'impose comme un enjeu électoral majeur. Le dernier baromètre Odoxa-Nexity révèle des citoyens déterminés à faire entendre leurs priorités, entre désir de construction locale et plébiscite pour les nouveaux outils de régulation et d'investissement.
Une exigence massive pour le développement de l'offre locale
Le constat est sans appel : la difficulté d'accès au logement pèse lourdement sur le moral des ménages. Selon les chiffres du troisième baromètre Logement Odoxa-Nexity publiés en février 2026, 72 % des citoyens appellent de leurs voeux une accélération de la production de logements au sein de leur commune. Ce besoin de bâtir ou de réhabiliter l'existant est particulièrement criant pour 7 Français sur 10 qui jugent ardu de se loger dans leur propre ville, un sentiment qui grimpe à 80 % chez les locataires.
Au-delà de la simple disponibilité, c'est l'accessibilité financière qui cristallise les tensions. Le logement demeure le premier poste budgétaire des foyers, grignotant une part substantielle du pouvoir d'achat. Dans ce contexte, les électeurs attendent des candidats des engagements concrets pour freiner l'envolée des coûts, faisant du "maire bâtisseur" un profil potentiellement plébiscité plutôt que sanctionné.
| Dispositifs immobiliers 2026 | Adhésion des Français |
|---|---|
| Encadrement des loyers | 71 % |
| Nouveau statut du bailleur privé (Jeanbrun) | 73 % |
| Bail Réel Solidaire (BRS) | 66 % |
Régulation et nouveaux leviers fiscaux : les solutions qui séduisent
L'opinion publique affiche un soutien massif aux mesures de contrôle du marché. L'encadrement des loyers, aujourd'hui déployé dans 69 communes et dont la pérennité sera réévaluée au cours de l'année 2026, bénéficie d'un consensus rare : 71 % des Français y sont favorables. Fait notable, même les propriétaires bailleurs approuvent majoritairement le dispositif (2 sur 3), signe d'une volonté partagée de stabiliser un marché locatif en surchauffe.
Parallèlement, l'investissement privé est perçu comme un moteur indispensable. Le nouveau dispositif fiscal Jeanbrun, intégré au budget 2026, suscite l'enthousiasme de 73 % de la population. Ce "statut du bailleur privé", reposant sur un mécanisme d'amortissement comptable, vise à inciter les particuliers à louer moins cher en échange d'un avantage fiscal puissant. L'intérêt est marqué chez les moins de 50 ans (45 %) et les locataires (53 %), qui voient dans la pierre un rempart essentiel contre la baisse des revenus à la retraite.
Le défi de l'accession sociale par la dissociation du foncier
Pour devenir propriétaire malgré des prix de marché élevés, les Français se tournent vers des modèles alternatifs comme le Bail Réel Solidaire (BRS). Ce système, validé par deux tiers des sondés, permet d'acheter uniquement les murs de son logement tout en restant locataire du terrain. Le bénéfice est immédiat : une réduction du prix d'acquisition comprise entre 30 % et 50 %. Ce levier s'adresse en priorité aux primo-accédants modestes, avec des plafonds de ressources fixés sous les 40 000 € annuels pour un célibataire.
Cependant, un fossé sépare encore l'intention de la réalité. Si 38 % des Français manifestent un intérêt pour le BRS, l'offre peine à suivre la cadence. En 2025, seulement 3 709 logements ont été livrés sous ce régime, bien loin de l'objectif initial de 20 000 unités. La capacité des futurs élus locaux à débloquer du foncier solidaire et à simplifier l'accès aux nouveaux dispositifs fiscaux sera sans doute l'un des juges de paix du scrutin de mars prochain.