Duel Hamon-Valls : leurs programmes en matière de logement

Jacques-Olivier Busi • 23 Janvier 2017 • 14:31

A la suite du premier tour des primaires citoyennes, on connaît désormais les deux finalistes : Benoit Hamon, arrivé en tête, et Manuel Valls. Alors qu'ils représentent les deux courants actuels de la gauche, voici quelques éclaircissements sur leurs programmes en matière de logement.

Duel Hamon-Valls : leurs programmes en matière de logementLeurs visions sur le logement s'accordent sur le besoin d'une certaine stabilité juridique et fiscale dans les règles.

Les résultats sont tombés : Benoit Hamon et Manuel Valls s'affronteront au second tour de la primaire citoyenne, organisée par le Parti socialiste (PS). Tous les deux issus de ce parti, ils représentent néanmoins deux courants s'affrontant aujourd'hui au sein même de la gauche. C'est la raison pour laquelle leurs avis s'opposent sur plusieurs sujets relatifs à la politique du logement.

Pourtant, leurs visions sur le logement s'accordent sur le besoin d'une certaine stabilité juridique et fiscale dans les règles. Ainsi, Benoit Hamon souhaite mettre en place une "grande conférence contre l'exclusion". Elle regrouperait les principaux acteurs du secteur avant la fin 2017. Pour sa part, Manuel Valls souhaite une prise en main du Parlement, également avant fin 2017, des orientations générales en matière de politiques fiscales dans l'intérêt des investisseurs.

Plus de construction de logements sociaux pour Hamon, mieux choisir les lieux où construire pour Valls

Sur la loi SRU, l'ancien Premier ministre lui reconnaît un certain succès sur le territoire pour la construction de logements sociaux. Une tendance qui se confirmera avec la loi Egalité-Citoyenneté pour soutenir la mixité sociale. Benoit Hamon soutient quant à lui évaluer cette loi afin de voir les améliorations possibles pour une loi SRU 2. 30% de part de logements sociaux dans les grandes aires urbaines, fortes amendes prélevées sur les aides aux collectivités en cas de non-respect et transfert de cette responsabilité aux préfets, sont les principales mesures annoncées.

L'ancien ministre de l'Education estime d'ailleurs que les 500.000 logements construits par an sont atteignables, mais il faut surtout s'attarder sur les 150.000 logements sociaux construits par an. Il explique ainsi que "le problème ce n'est donc pas la construction mais la mise en oeuvre d'une offre adaptée". Manuel Valls se félicite des chiffres de la construction en 2016 mais veut une continuité dans ces efforts, aux alentours des 400.000 logements construits par an. Il précise néanmoins que ces logements doivent renforcer "le logement social aux endroits où il manque".

L'ancien Premier ministre soutient son bilan et assure la pérennité des aides à la pierre. Il assure de ce fait que la création du Fonds national des aides à la pierre va permettre de soutenir la construction de logements sociaux. De même, Benoit Hamon assure la continuité des aides à la pierre à hauteur d'un milliard d'euros par an. Il veut néanmoins créer un Comité Régional de l'Habitat et de l'Hébergement pour assurer "l'adéquation entre produits financés et dynamiques des marchés immobiliers locaux" dans toutes les régions.

Dispositif Pinel limité chez Benoit Hamon, encadrement des loyers soumis aux choix des collectivités chez Valls

En ce qui concerne la loi Alur et l'encadrement des loyers, les deux finalistes soulignent l'importance de ce texte et des outils développés. Pourtant, Manuel Valls est pour une extension de l'encadrement des loyers mais pas dans toutes les agglomérations. Il précise que "c'est d'abord un sujet local", pris par les collectivités. Benoit Hamon, en revanche, soutient l'élargissement de l'encadrement des loyers à toutes les zones tendues (13 métropoles) mais aussi à toute la métropole parisienne.

Sur un autre texte de loi, le dispositif d'investissement locatif Pinel, le candidat arrivé en tête au premier tour des primaires estime qu'il coûte trop cher pour l'Etat. Il veut donc prolonger ce dispositif "uniquement dans les zones à forte demande de logements et sur les produits pour les familles". Pour Manuel Valls, ce dispositif a prouvé son efficacité et mérite donc son prolongement en l'état. Il a contribué, selon lui, "à constituer un parc locatif de qualité".

Une fiscalité définie et fixe pour Valls, contre une taxation doublée des logements vacants chez Hamon

La mesure phare de la fiscalité dans l'immobilier chez Benoit Hamon est le doublement de la taxe sur les logements et bureaux vacants tout en luttant farouchement contre les locations du type Airbnb. Il souhaite de ce fait utiliser la fiscalité comme "un outil au service de l'égalité entre les citoyens et entre les territoires". Pour cela, il veut utiliser les droits de succession pour financer le parc de logements sociaux. Par ailleurs, il veut proposer de nouvelles mesures fiscales pour assurer la transition écologique des logements.

Pour Manuel Valls, le logement bénéficie d'une fiscalité avantageuse du fait d'aides étatiques permettant un accès au logement plus aisé que dans d'autres pays. Il veut donc une certaine stabilité des règles fiscales pour rassurer une assurance financière aux investisseurs. C'est donc dans ce cadre que le Parlement aura un rôle-clé. Les députés et sénateurs devront prendre des mesures fiscales non modulables dès le début du quinquennat, pour être mise en oeuvre durant cette période. Une politique ayant pour objectif de mettre en confiance tous les acteurs du secteur.

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