Épargne réglementée : ce qui change pour votre portefeuille en février 2026

Les épargnants français doivent s'adapter à une nouvelle érosion du rendement de leur placement fétiche. Suite au ralentissement marqué de la hausse des prix à la consommation, les autorités monétaires viennent d'acter un ajustement à la baisse des rémunérations de l'épargne réglementée pour le mois prochain.
Un réajustement mécanique dicté par le reflux de l'inflation
Le verdict est tombé ce jeudi 15 janvier : le rendement du Livret A subira une nouvelle dépréciation le mois prochain. Sur recommandation du gouverneur de la Banque de France, le taux d'intérêt sera ramené à 1,5 %, s'éloignant davantage des 3 % qui étaient encore en vigueur en début d'année dernière. Cette décision, rapidement validée par le ministre de l'Économie Roland Lescure, s'appuie sur les dernières données de l'Insee montrant une inflation annuelle stabilisée à 0,8 % en décembre.
Malgré cette diminution, l'exécutif souligne que la rémunération réelle demeure attractive puisque le rendement net reste supérieur à la progression des prix. Pour les 57 millions de titulaires d'un Livret A ou d'un LDDS, les fondamentaux du support ne changent pas : une garantie totale du capital par l'État et une exonération fiscale intégrale sur les intérêts perçus. Ce mouvement de baisse offre par ailleurs une bouffée d'oxygène au secteur du logement social, dont les emprunts sont directement indexés sur ces taux.
| Support d'épargne | Taux actuel | Nouveau taux (01/02/26) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Livret A / LDDS | 1,7 % | 1,5 % | - 0,2 pt |
| LEP (Épargne Populaire) | 2,7 % | 2,5 % | - 0,2 pt |
Le Livret d'Épargne Populaire bénéficie d'une mesure de protection
Dans un contexte où le Livret A perd de sa superbe face à une assurance-vie redevenue compétitive, le Gouvernement a choisi de limiter la casse pour les ménages les plus modestes. Alors que la formule de calcul mathématique aurait dû faire chuter le taux du LEP à 1,9 %, le ministre de l'Économie a consenti à un geste politique en le fixant à 2,5 %. Ce maintien artificiel vise à encourager les Français éligibles à ouvrir ce compte, encore largement délaissé.
En effet, les statistiques révèlent un paradoxe majeur : si 30 millions de citoyens remplissent les critères de revenus pour bénéficier du LEP, seuls 11 millions de livrets sont effectivement actifs. Cette prime à l'épargne populaire reste le meilleur rempart contre l'érosion monétaire actuelle, offrant un rendement très nettement supérieur à l'inflation sous-jacente. Les autorités espèrent que ce maintien à un niveau élevé favorisera une réallocation de l'épargne dormante vers ce support protégé.
Arbitrages financiers : une concurrence accrue entre les supports
Le passage à un taux de 1,5 % pourrait accélérer une tendance observée tout au long de l'année 2025 : la fuite des capitaux vers des produits de placement plus rémunérateurs. Après avoir été délaissés pendant la période de taux bas, les fonds en euros de l'assurance-vie profitent de la remontée des taux obligataires pour afficher des performances à nouveau séduisantes en ce début 2026. Cette dynamique fragilise la collecte du Livret A, qui n'est plus le refuge incontesté qu'il était auparavant.
Toutefois, la liquidité immédiate reste l'atout maître des livrets réglementés. Dans une période économique incertaine, conserver une épargne de précaution disponible sans frais demeure une priorité pour de nombreux ménages. La Banque de France rappelle que ces ajustements semestriels sont essentiels pour équilibrer les intérêts des épargnants, des banques et des organismes de financement de l'intérêt général, tout en tenant compte de la politique monétaire de la Banque centrale européenne.