Les étudiants victimes d'une tension locative sans précédent à Paris
À Paris, la demande de logements locatifs continue d'exploser, tandis que l'offre reste insuffisante, créant ainsi une tension locative sans précédent. Les studios sont pris d'assaut, les loyers sont sous pression, et les investisseurs deviennent de plus en plus prudents. La situation en 2025 confirme la crise structurelle qui touche la capitale et s'étend désormais à d'autres grandes villes françaises.

Un engorgement du marché locatif à Paris
Chaque année, les étudiants parisiens doivent faire face à une concurrence féroce pour décrocher un logement. En 2025, un studio reçoit en moyenne 743 candidatures, un chiffre qui témoigne de l'engorgement inédit du marché locatif parisien. Certains logements attirent même plus de 1 000 demandes. Cette saturation est aggravée par l'afflux d'étudiants, dont le nombre augmente chaque année de 5 000. En parallèle, la durée des baux meublés à Paris est désormais supérieure à 7 mois, un record qui réduit la rotation des biens disponibles. Même si l'offre a augmenté de 14 % par rapport à l'année précédente, elle reste insuffisante pour répondre à la demande croissante.
Les normes environnementales accentuent la pénurie
La réglementation sur les logements énergivores, notamment l'interdiction de louer des logements classés G depuis janvier, aggrave la pénurie. De nombreux propriétaires préfèrent retirer leurs biens du marché plutôt que de financer des rénovations coûteuses. Par ailleurs, la construction de nouveaux logements peine à suivre la demande, ralentissant encore les projets d'investissement locatif.
Des hausses de loyers en région
Si les loyers parisiens restent relativement stables grâce à l'encadrement des loyers instauré par la loi Elan, d'autres grandes villes connaissent des hausses significatives. À Lyon, les loyers augmentent de 11,2 % en un an, soutenus par une forte demande, une pénurie de biens et une hausse de la demande étrangère. Bordeaux et Toulouse suivent avec des hausses respectives de 8,15 % et 5,7 %. Cette tendance montre que la crise locative touche désormais les principales métropoles du pays.
Le profil des locataires et l'évolution des bailleurs
Les étudiants préfèrent désormais des baux longue durée, jugés plus flexibles que les baux mobilités. Parallèlement, l'accès au logement social reste limité : seulement 6 % des étudiants bénéficient d'une chambre en résidence universitaire du Crous. Les aides publiques à l'habitat, telles que les APL, peinent à compenser la hausse des loyers, dont le prix médian a augmenté pour les jeunes universitaires, atteignant 453 euros en 2025 contre 383 euros en 2016. Cette progression est exacerbée par la baisse des APL depuis 2017, ce qui met encore plus de pression sur les loyers dans le secteur privé.
Une crise locative persistante
Malgré les efforts pour limiter les hausses de loyers à Paris, la situation locative pour les étudiants reste très tendue. Les offres de logements restent insuffisantes face à une demande croissante, exacerbée par des règles de plus en plus strictes en matière d'efficacité énergétique et une construction de logements qui peine à suivre le rythme. À l'heure actuelle, aucune solution structurelle ne semble en mesure de résoudre cette crise, qui touche également les autres grandes métropoles françaises.